ENTRE DEUX MONDES

 Quatrième de couverture :

calais 00Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

 

 

 

L'auteur : Olivier NOREK (Biographie)

Dans les coulisses de la Jungle de Calais avec Olivier Norek


L’ex-flic de PJ du 93, habitant de Pantin, a participé à une rencontre au Café Vert au Pré-Saint-Gervais.
Trois semaines d’immersion : la journée dans la jungle de Calais, le soir, en patrouille avec la police. Ce vendredi soir, Olivier Norek a livré les coulisses de son dernier roman, « Entre deux Mondes ». Déjà plus de 40 000 exemplaires en trois mois seulement, et bientôt un film sur grand écran puisque les droits ont été achetés. « Tout ce qui est dans le bouquin est vrai », répète Norek, ex-flic du 93 devenu un auteur à succès à force de polars réalistes. Conscients de la popularité de l’auteur de Pantin, les patrons du café Vert avaient prévu une sono à l’extérieur.

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Les retardataires sont restés debout, comme Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série et ami de Norek. D’autres sont venus en voisins, comme Pascale et François, par le bouche-à-oreille, ou parce qu’ils sont fans, comme Aurélie, venue de l’Oise. « J’ai rencontré Olivier Norek dans un salon il y a quatre ans, il m’a réconcilié avec le polar français et depuis je suis fan, fan, fan, fan ! », reconnaît la greffière de 29 ans;


Plus qu’un polar, « Entre deux Mondes » est un roman noir. D’une noirceur terrible. Norek raconte comment il s’est immergé dans la jungle, accueilli et protégé par les Soudanais. Vrai aussi, du côté des policiers calaisiens. « J’ai posté un message sur Facebook pour demander à entrer en contact avec des policiers de Calais, et en 1 h 30, j’avais quarante messages me disant « Viens ».
Avec ce double regard, policier et humanitaire, ce livre est celui qui reflète le mieux son auteur. Ancien volontaire humanitaire, bénévole aux restos du Cœur, flic pendant dix-sept ans en Seine-Saint-Denis, petit fils de migrant polonais qui a fui la guerre. Il trouve à travers ses livres une parole libre et engagée. « Je ne vais pas redevenir flic », annonce-t-il, en insistant sur le fait que « l’ADN des flics, c’est la protection de l’autre ».

Il continuera donc à écrire, « un polar simple ». Mais a choisi de continuer la promotion de ce livre pendant encore une année. « Je ne suis responsable de rien mais je peux faire quelque chose, même comme auteur », estime Olivier Norek, alors qu’une discussion politique sur le rôle de la France s’engage dans la salle. « Ça remet les pendules à l’heure ! », réagit une mère de famille, bien décidée à se lancer dans l’univers Norek.

 

Mon avis :

 

j’avais apprécié au plus haut point « Surtensions », c’est donc confiant que j’ai choisi de lire ce nouveau roman d’Olivier Norek.
Disons le tout de suite, on est loin d’un polar, les amateurs du genre seront certainement déçus de la maigre enquête policière, c’est plutôt un roman noir ou plus encore un témoignage de l’enfer que vivent les migrants et, particulièrement pour ce récit, dans la « jungle de Calais ».


En préambule, l’auteur prévient : « Face à la violence de la réalité, je n’ai pas osé inventer. Seule l’enquête de police, basée sur des faits réels, a été romancée. Je remercie les flics de Calais, ceux des renseignements, les Calaisiens, les journalistes, mes sources du CNRS et de Sciences Po, les bénévoles humanitaires mais, par dessus tout, ces hommes et ces femmes qui, fuyant l’horreur des guerres, ont accepté de se livrer. »


Le résultat, c’est un roman addictif, bouleversant, prenant où la cruauté et l’humanité se côtoient au quotidien. Les deux personnages principaux sont attachants, leur histoire étonnante et émouvante, ce qui nous donne une autre vision sur la problématique des migrants.
Si je peux émettre une critique, c’est concernant le style simpliste de l’auteur, style qui convient très bien pour un polar mais un peu moins pour ce genre de sujet qui aurait mérité un peu plus de profondeur.
Un très bon moment de lecture avec un goût de trop peu.

 

En marge du livre : 
Calais : 18 mois après la fin de la Jungle, des centaines de migrants à la rue


Depuis mars, la distribution de repas est assurée par l’Etat. Mais les associations dénoncent un matraquage policier permanent.
Voilà 18 mois, presque jour pour jour, que sa « Jungle » a été démantelée. À Calais (Pas-de-Calais), point de départ fantasmé pour la Grande-Bretagne, de 300 à 600 âmes en errance vivent toujours dans les rues de la ville, dans des conditions extrêmement difficiles.
Les différentes sources contactées, dont les estimations varient, s’accordent sur le fait que leur nombre serait « stable » depuis le début de l’année. Les réfugiés se répartissent dans cinq ou six sites en périphérie du centre-ville, qui se forment et se reforment au gré des démantèlements.


« Eviter les zones de non droit »
Ceux-ci sont fréquents. De plus en plus fréquents, même, selon plusieurs associations qui dénoncent un « harcèlement » policier et un durcissement général de la politique menée à l’égard des migrants. Ce que réfute la préfecture. « L’un des objectifs des pouvoirs publics est d’éviter la reconstitution de zones de non droit, qui placeraient les migrants dans des situations de vie indignes, justifie-t-elle. L’Etat conjugue donc la fermeté et une approche humanitaire. »


Cette « approche humanitaire », ce sont notamment les repas, distribués deux fois par jour par l’intermédiaire d’une association mandatée, La Vie Active. Contactée, celle-ci assure fournir « de 450 à 550 » repas quotidiennement. L’organisme gère aussi un système de minibus à destination de points douche et de sanitaire.


A cela s’ajoute le travail d’une demie-douzaine d’autres associations, accueillies par l’Auberge des Migrants au sein d’un même entrepôt. Le département dispose aussi de deux Centres d’accueil et d’examen des situations (CAES), soit au total 220 places, à Nédonchel et à Croisilles. Selon les autorités, ceux-ci ne seraient remplis qu’à un peu plus de 50 % de leur capacité.


Pour Gaël Manzi, bénévole de l’association Utopia 56, cette désaffection serait notamment due à la forte proportion de « dublinés » résidant à Calais. « Ces personnes ont laissé leurs empreintes digitales dans le premier pays européen qu’elles ont traversé, décrypte-t-il. Elles ont peur d’y être renvoyées par la police, comme l’impose le règlement de Dublin, qui régit le droit d’asile en Europe ».
Il est facile de comprendre à quel point retourner en arrière est impensable pour ces migrants, à la fois si près et si loin des rives britanniques. Régulièrement sur place, la sénatrice Esther Benbassa (ex-EELV) évoque une gestion « choquante » de la situation. « A voir comment ces gens sont traités, on ne se croirait pas dans un pays démocratique et civilisé comme le nôtre…, grince-t-elle. En Turquie, les réfugiés sont mieux traités que ça. »

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LA FIN DE LA SOLITUDE

 Quatrième de couverture :

solitude 00« Je suis entré dans le jardin et j’ai fait un signe de tête à mon frère. J’ai pensé : une enfance difficile est comme un ennemi invisible. On ne sait jamais quand il se retournera contre vous. »


Liz, Marty et Jules sont inséparables. Jusqu’au jour où ils perdent leurs parents dans un tragique accident de voiture dans le sud de la France. Placés dans le même pensionnat, ils deviennent vite des étrangers les uns pour les autres, s’enfermant chacun dans une forme de solitude. Jules est le plus solitaire des trois lorsqu’il rencontre Alva, qui devient sa seule amie. Son obsession. Vingt ans plus tard, Jules se réveille d’un coma de quelques jours. À la lisière de l’inconscient, il se souvient.

 

 

 

 

L'auteur : Benedict WELLS

solitude 01Nationalité : Allemagne, né à Munich en 1984.

A l’âge de 6 ans il commença son parcours dans trois internats bavarois. Après son diplôme en 2003, il emménagea à Berlin. C’est là qu’il décida de se consacrer à l’écriture plutôt qu’à des études universitaires.

A 24 ans, Benedict Wells publie le premier roman qu’il a commencé d’écrire à 16 ans, « Becks, l’été dernier ». La presse est unanime, il reçoit le prestigieux Prix des Arts et de la Culture. Son troisième roman Fast genial a acquis une grande notoriété et s’est retrouvé au classement des meilleures ventes pendant plusieurs mois.
Son quatrième roman, La Fin de la solitude, a été couronné par le « Prix de Littérature de l’Union Européenne » et par le « Prix littéraire des lycéens de l’Euregio », il est resté en tête du palmarès des ventes du Spiegel pendant de nombreuses semaines.

 

Mon avis :

 

Un roman qui se lit facilement et qui se dépose difficilement. Ce jeune auteur fait preuve d’une grande maturité, il nous donne un récit d’une grande sensibilité, un récit qui tient bien la route, où tout est parfaitement contrôlé.

Une histoire touchante écrite dans un style simple mais efficace, des personnages bien développés, et des thèmes sérieux tels que la mort, la maladie, le souvenir, la solitude, la recherche de soi, l’importance des liens familiaux, la double personnalité et l’amour. Sans jamais tomber dans le mélo, l’auteur livre un récit touchant, émouvant et mélancolique qui arrachera quelques larmes aux plus sensibles.
Un bon moment de lecture.

En marge du livre : Liens fraternels : une alchimie mystérieuse

 


Comment se nouent ou se dénouent des liens au sein d’une fratrie ?

Comment trouver sa place au sein d’une fratrie ?

Comment se développer en tant qu’individu au sein du « groupe » familial ?

Comment affirmer sa singularité dans cet ensemble ?
Pas toujours simple comme en témoignent de nombreux contes, mythes, romans, témoignages, films… Je pense par exemple au film Les garçons et Guillaume, à table !
Les essais sur l’importance de la place au sein de la fratrie sont nombreux : être l’aîné, être le petit dernier, être celui du milieu…Etre la seule fille au milieu d’une fratrie de garçons, ou l’inverse. Avoir un frère ou une soeur jumelle. Les avantages et les inconvénients de chacune de ces situations ont été souvent analysées, discutées, débattues.


Ou encore, est-ce plus facile ou plus difficile dans les fratries paires ou impaires ?
Les aînés vous disent fréquemment que les cadets bénéficient d’une éducation moins stricte, moins exigeante, ceux du milieu vous disent que c’est la mauvaise place, les petits derniers que ce n’est pas toujours si facile d’être chouchoutés, voire surprotégés…
Etre considéré comment le chouchou, se considérer comme le souffre-douleur…(relire Poil de Carotte, Vipère au poing, Les Noces barbares, etc.).


La place dans la fratrie et au sein de la famille est rarement anodine. Elle contribue à façonner la personnalité et laisse parfois des traces indélébiles, voire douloureuses qui bien souvent resurgissent à l’âge adulte.
La suite : http://www.en-aparte.com/2017/11/05/liens-fraternels-une-alchimie-mysterieuse/

 

ET SI NOUS DEVENIONS IMMORTELS ?

 Quatrième de couverture :

Immortels 00Comment la technomédecine va bouleverser l’humanité ?
On sait maintenant donner vie à des souris issues de deux femelles ou de deux mâles. Il devient possible de cibler dans le cerveau humain des souvenirs traumatisants pour les effacer. Au cours du XXIe siècle, l’espérance de vie est amenée au moins à doubler.


De l’homme réparé à l’homme augmenté, il n’y a qu’un pas qui sera franchi, soulevant d’inévitables questions éthiques. L’homme changera-t-il de nature ? À quelles nouvelles inégalités s’attendre ? Que deviendra notre système de retraites avec l’allongement de la vie ?
Sans prendre parti, ce livre analyse les termes du débat. Face à des évolutions inéluctables, il est encore temps de choisir entre certaines options. Voici un panorama passionnant et vertigineux des enjeux de la technomédecine, au cœur d’une révolution sans précédent, qui est déjà en marche.

 

L'auteur : Dr Laurent ALEXANDRE

Immortels 01Nationalité : France Né le : 10/06/1960

Laurent Alexandre est chirurgien, spécialisé en urologie mais aussi romancier et scénariste de bande dessinée. Après 11 ans d’études de médecine, Laurent Alexandre enchaîne sur Sciences Po et HEC, puis l’ENA. Il va étudier l’économie et l’administration poussé par une envie: comprendre le fonctionnement de la fonction publique et du système de santé, auxquels le corps médical s’intéresse trop peu selon lui.

Sa motivation? Que “les médecins participent au système au lieu d’être les jouets de la technosctructure” Si Doctissimo.fr accueille aujourd’hui près de 8 millions de visiteurs uniques par mois, c’est en partie grâce à la détermination de son fondateur, Laurent Alexandre. Au début des années 1990, ce chirurgien et urologue de formation entrevoit déjà l’importance que peut prendre Internet. Au cours des années 1990, il crée une demi-douzaine de start-up en rapport avec la santé. En 1995, Laurent Alexandre poursuit son projet en lançant Medcost, qui conçoit des services informatiques médicaux.


Avec Claude Malhuret, ex directeur de Médecins Sans Frontières et de jeunes informaticiens, ils créent un portail d’information santé tourné cette fois-ci vers le grand public. Doctissimo.fr est lancé en mai 2000. A côté des informations certifiées par des médecins sur tous types de pathologies, Laurent Alexandre voit une demande de discussion entre malades. Doctissimo et Medcost ont survécu à l’éclatement de la bulle Internet.

En 2008, Laurent Alexandre décide de passer le relais de la direction de Doctissimo. Il vend l’entreprise au groupe Lagardère. Depuis 2008, il est président et actionnaire majoritaire de DNAVision, une PME belge spécialisée dans la recherche et le développement sur les gènes..
En 2011, il a écrit « La Mort de la mort » (JC Lattès) qui deviendra « Et si nous devenions immortels ? ».

Mon avis :

« Et si nous devenions immortels ? » est un livre particulièrement intéressant, un ouvrage de vulgarisation scientifique sur des sujets très complexes et particulièrement sensibles, tels que la génétique, les nanotechnologies, le transhumanisme, la biopolitique, l’intelligence artificielle, le séquençage ADN, le clonage, l’épigénétique, etc…

Cet ouvrage ne se lit pas comme un roman, loin de là, il faut y aller par petites doses, j’avoue ne pas avoir tout compris lors de séquences un peu trop techniques. La difficulté vient aussi de la terminologie à laquelle nous ne sommes pas habitués : Biotechnolgie, Biopoltique, Transhumanisme, Posthumanisme, Thérapie génique, etc….

L’auteur nous livre un document précis, fouillé, très complet, et très dense sur la révolution technologique qui est en route et qui avance à une vitesse vertigineuse. Dans quelques décennies, l’Humanité sera considérablement différente, nos petits enfants qui vont la vivre devront y être préparés. C’est à la fois passionnant et effrayant, la mort de la mort va nous causer bien des soucis.

 

Le thème de départ : 

NBIC résume en quatre lettres les révolutions technologiques dont la conjonction va nous conduire peu à peu vers une humanité 2.0. Ces 4 lettres désignent les 4 révolutions qui vont bouleverser le rapport de l’humanité au monde et à lui même. Les progrès des Nanotechnolgies, de la Biologie, de l’Informatique et des sciences Cognitives (intelligence artificielle) vont converger, se chevaucher, et donner lieu à des avancées spectaculaires. Voilà le point de départ de cette réflexion étayée par pas mal de fait, il ne s’agit donc pas de prophéties à la Nostradamus, ni de science fiction mais bien d’un inventaire détaillé des avancées technologiques et de leurs applications.


Donner un résumé de cette mine d’informations est impossible tant la matière est riche et variée. La conclusion que l’auteur donne à la fin de son ouvrage : « Même si, comme le pensait Marx, l’Histoire a plus d’imagination que les hommes qui la font, les grandes lignes de notre avenir se dessinent progressivement. Nous allons vers une humanité élargie, plurielle, avec divers degrés d’hybridation entre le biologique et les machines. Les ordinateurs vont devenir intelligents et passer graduellement de nos bureaux à nos cerveaux. Le phénomène est d’une logique implacable. Nous avons par nature envie de tout contrôler de notre naissance à notre mort. La technologie et les sciences vont nous permettre d’assouvir de mieux en mieux ce besoin; l’Humanité, en ce sens, deviendra une « technologie de l’information » de plus, manipulable à l’envi.
Les promesses de la convergence NBIC et les changements de paradigmes incessants qui nous attendent vont générer une bien naturelle incrédulité. Pour certains, l’hybridation humain-machine et la mort de la mort qui nous attendent sont des élucubrations. Ils réagissent comme un homme de 1900 à qui l’on aurait parlé de Neil Armstrong marchant sur la lune. Il faudra pourtant se faire à l’idée : nous devenons des transhumains, et la posthumanité est une éventualité sérieuse, sauf évènement imprévu (guerre nucléaire, astéroïde, …)
Les frontières entre l’homme et la machine sont déjà floues. Elles pourraient disparaître. Le remodelage de l’homme est en cours.
L’homme a toujours utilisé les outils dont il dispose pour augmenter ses capacités. Pourquoi refuserait-il de modifier son ADN défaillant, puis de s’hybrider avec des machines, si la seule solution alternative est le respect des vieux principes qui le condamnent à demeurer mortel, fragile, indigne de sa propre technologie ? »

En marge du livre :
Acheter un test génétique sur Internet, bonne ou mauvaise idée ?


De plus en plus de sites Internet proposent de vous envoyer un kit de test d’ADN, qu’ils analysent ensuite pour découvrir vos origines ou vos prédispositions à développer certaines maladies.

Il y a encore quelques années, les tests génétique étaient pratiqués uniquement dans le cadre de la recherche ou dans le milieu hospitalier. Aujourd’hui, pour moins de 100 dollars, on peut tous faire séquencer notre ADN. 100.000 Français l’auraient déjà fait, pour affiner leur arbre généalogique, savoir d’où viennent leurs ancêtres, ou encore pour mesurer leur risque de contracter la maladie d’Alzheimer ou le cancer du sein.


Alors ces tests désormais à la portée de tous, sont-ils réellement utiles, ou bien au contraire dangereux ? Faut-il réellement tout savoir de son patrimoine génétique ? Même si c’est interdit en France, il est très simple de se procurer un kit de test génétique par ADN. Cela ne prend que quelques minutes de le commander en ligne sur des sites américains, suisses ou belges. Le prix se situe généralement autour de 80 euros. Une fois la commande effectuée, vous recevrez votre kit quatre à cinq jours plus tard. Il s’agit alors d’effectuer un simple test salivaire très facile à réaliser : avec le matériel fourni, vous prélevez un peu de votre ADN en frottant un bâtonnet contre l’intérieur de votre joue, puis vous l’isolez dans un tube stérile et protégé.
Il ne reste plus qu’à le renvoyer. Environ six semaines plus tard, les résultats vous parviennent.

Qu’est-ce que ces résultats vous apprennent ? Ces tests indiquent les zones géographiques d’où viennent vos ancêtres. Les origines apparaissent sous forme d’une carte du monde, sur laquelle certains zones sont plus colorées que les autres. Notre journaliste Mélanie Gomez a fait le test : « Ces résultats m’ont confirmé que les trois-quarts de mon patrimoine génétique sont d’origine espagnole. Et, surprise, qu’une toute petite part de mon ADN vient d’Afrique… Je l’ignorais totalement. »


Certains testeurs se découvrent même des origines qui ne correspondent pas du tout à ce qu’on leur a raconté depuis toujours. Mikis, par exemple, a toujours cru que ses origines correspondaient à son prénom grec. « Mon prénom est d’origine grec parce que je suis d’origine grecque. Enfin j’étais… parce que depuis que j’ai fait le test, je suis passé de 60% de grec à 2% », s’étonne-t-il. « C’était la légende familiale. Ma grand-mère a été enterrée sous le culte orthodoxe. On a tout fait à la grecque. On va tous en vacances en Grèce. Et en fait, je me retrouve avec 2% grecs. » Finalement, Mikis est essentiellement d’origine française.


Avec ces tests ADN, on peut aussi avoir accès à ses données médicales. Pourtant, si l’on commande le test depuis un ordinateur en France, cette démarche est interdite. Mais beaucoup contournent le système, soit en faisant transiter le test par un pays où c’est légal – les Pays-Bas par exemple -, soit en transférant les données brutes de son séquençage ADN à des sites Internet qui proposent ce service médical moyennant une poignée d’euros.

C’est ce qu’a fait Paul, 36 ans. Il est en bonne santé, il l’a donc fait uniquement par curiosité. Mais il a quand même appris quelques informations qui l’ont inquiété. « Ce que je lis là, c’est ‘une dépendance à l’héroïne plus élevée chez les personnes de votre génotype’. En-dessous, il est écrit : ‘envie plus forte pour l’alcool’. Maintenant que j’ai cette information, je ne regarde pas un verre d’alcool de la même façon », raconte-t-il.
Malgré tout, Paul tente de garder la tête froide. « Pour moi, c’est juste un terrain préexistant qu’il faut prendre en compte. Ce n’est pas parce que j’ai 72% de risques en plus par rapport à la moyenne de devenir schizophrène, que je vais le devenir. Pour tout ce qui est en-dessous de 50% de risques en plus, je ne vais pas interroger mon médecin, parce qu’il y a à peu près une trentaine de maladies détectées. En revanche, sur certaines choses qui peuvent m’inquiéter, je vais aller lui en parler. Mais peut-être qu’il va me rire au nez… »


Qu’en pensent les médecins français ?
Dans le milieu médical, on regarde l’arrivée de ces tests en France avec scepticisme. D’abord parce que les spécialistes confirment ce que disait Paul dans son témoignage : avoir 60 ou même 90% de risques d’avoir la maladie de Parkinson ne veut pas dire du tout que vous aurez forcément la maladie. C’est un risque relatif, car tout dépend de votre environnement, de votre hygiène de vie…
Avec l’engouement actuel pour ces tests génétiques, le nombre de patients angoissés qui débarquent dans les consultations de génétique augmente. « Nous voyons très régulièrement venir ou revenir en consultation des personnes avec des liasses de papier, parce qu’il n’avait pas idée de ce dans quoi il mettait le nez. Ils s’étaient engagés dans un test qu’ils considéraient comme léger, mais reçoivent en fait des informations capitales et parfois scientifiquement solides », souligne le professeur Stanislas Lyonnet, directeur de l’Institut des maladies génétique Imagine.

Il illustre : « Je suis porteur de la mucoviscidose, j’ai un risque d’avoir la maladie d’Huntington, j’ai un risque de cancer du sein ou de l’ovaire… Ce sont des informations non déclarées, non informées, non accompagnées. Alors trouver ça sous un sapin de Noël, c’est vraiment ridicule ! »


Aux États-Unis notamment, ces tests sont en train de devenir le best-seller des cadeaux de cette fin d’année. Ils faisaient même partie des produits phares vendus lors du Black friday ».

 

Chine : naissance des premiers bébés génétiquement modifiés

Des documents médicaux montrent qu’une équipe de la Southern University of Science and Technology, à Shenzhen, a recruté des couples pour créer les premiers bébés génétiquement modifiés.

L’objectif est d’éliminer un gène appelé CCR5 à l’aide de l’outil d’édition de gène CRISPR, dans l’espoir de rendre la progéniture résistante au VIH, à la variole et au choléra. Le scientifique, He Jiankui, a refusé de commenter.

Selon Associated Press, un couple aurait donné naissance à des jumelles ce mois-ci, bien qu’il n’ait pas été en mesure de vérifier sa demande de façon indépendante. Les parents concernés ne souhaitent pas être identifiés ni interrogés.
La naissance des premiers humains génétiquement modifiés constituerait un exploit médical remarquable, mais elle suscitera également la controverse. Là où certains voient une nouvelle forme de médecine qui élimine les maladies génétiques, d’autres voient une pente glissante vers les améliorations, les bébés sur mesure et une nouvelle forme d’eugénisme.

La technologie est chargée sur le plan éthique car les modifications apportées à un embryon seraient héritées pour les générations futures et pourraient éventuellement affecter l’ensemble du pool génétique. C’est actuellement illégal dans une grande partie de l’Europe, aux États-Unis et en Chine. On ne sait pas s’il a obtenu une permission spéciale ou ignoré son statut légal.

Un sondage d’opinion réalisé récemment par l’Université Sun Yat-Sen a révélé que 60% des 4 700 Chinois interrogés seraient favorables à la légalisation des enfants édités si l’objectif était de traiter ou de prévenir la maladie. Les sondages ont trouvé des niveaux de soutien similaires aux États-Unis pour l’édition de gènes. Mais il y a très peu de soutien pour les « bébés sur mesure » dont l’apparence physique ou la personnalité a été modifiée.

 

L’IA et le potentiel de développement

L’IA est un domaine de l’informatique consacrée à la création de logiciels auxquels on peut enseigner des procédures complexes. Ce qui rend l’intelligence artificielle « intelligente », c’est qu’elle peut apprendre de nouveaux comportements, améliorer ses performances à mesure qu’elle acquiert de l’expérience, prendre des décisions et faire des prédictions en fonction des données disponibles. Les algorithmes au coeur de certains systèmes d’IA sont entraînés à l’aide des grands ensembles de données désormais disponibles grâce à la révolution des « grandes bases de données ». Ce sont les capacités intelligentes des systèmes d’IA qui permettent l’automatisation de tâches qui, jusqu’à présent, nécessitaient une intervention humaine.

Immortels 09


Il existe un énorme potentiel quant au bienfait que peut apporter l’IA au monde en développement et à sa contribution à la réalisation des objectifs de développement durable de l’ONU :


Soins de santé : l’IA peut jouer un rôle crucial et augmenter les capacités en soins de santé en comblant les lacunes sur le plan de l’expertise humaine, en améliorant la productivité et en améliorant la surveillance des maladies.
Agriculture : Les applications de l’IA peuvent fournir des perspectives et des solutions essentielles pour améliorer l’efficience et la qualité des activités agricoles. L’IA est déjà utilisée pour soutenir la gestion de l’eau au Moyen-Orient et la surveillance de la sécheresse en Afrique. En Ouganda, les agriculteurs ont accès à des outils téléphoniques mobiles pour l’identification et le suivi automatisés des infestations de cultures.
Développement économique : L’intelligence artificielle a le potentiel de stimuler la croissance par l’innovation, l’augmentation de la productivité et l’optimisation des processus administratifs. De jeunes entreprises dans plusieurs pays africains créent toutes sortes d’activités innovantes basées sur des systèmes d’IA. D’autres entreprises utilisent des plates-formes de téléphonie mobile à intelligence artificielle pour fournir un accès aux services financiers à des centaines de millions d’Africains qui n’ont pas ou ne peuvent pas accéder à ces services par l’intermédiaire des banques traditionnelles.
Éducation et formation : Les techniques d’IA peuvent être utilisées pour soutenir les rôles des enseignants, des tuteurs et des administrateurs en offrant des possibilités d’apprentissage personnalisé à grande échelle, comme les systèmes de tutorat intelligent en cours de développement en Inde.
Amélioration de l’efficacité et de la transparence du gouvernement : La prestation des services et de l’information du gouvernement pourrait également être améliorée à l’aide des systèmes d’IA — idéalement pour maximiser le rendement social tout en minimisant les coûts financiers. Les systèmes d’IA peuvent fournir un accès automatisé dans plusieurs langues et dialectes, et on pourrait améliorer la prise de décision de haut niveau en automatisant des évaluations complexes qui intègrent toute une gamme de facteurs techniques, organisationnels et sociaux.

Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle ?


« Je ne comprends pas que les gens ne soient pas inquiets par l’intelligence artificielle. » (Bill Gates)
« Si je devais deviner la plus grande menace pour notre existence, je dirais l’intelligence artificielle. » (Elon Musk )
« Réussir à créer une intelligence artificielle serait le plus grand événement de l’histoire de l’Homme, mais ce serait certainement le dernier. » (Stephen Hawking )
Aujourd’hui, les robots ne sont que des robots. Contrôlés par l’homme. Programmés pour accomplir des tâches diverses. Ils sont de simples avatars. Ils ne disposent d’aucune intelligence, ne peuvent pas prendre de décisions. Mais demain ?
http://www.robots-et-compagnie.com/peur-intelligence-artificielle/

 

LE JOUR OÙ JE ME SUIS AIMÉ POUR DE VRAI

 Quatrième de couverture : 

Ego 00 » Et vous, avez-vous commencé à vivre ?  » Charlot, 9 ans


Maryse est une éminente neuropédiatre, une femme belle et intelligente, affreusement narcissique et persuadée d’avoir toujours raison. Elle est aussi la mère de Charlot, fils singulier, qui l’émerveille et l’exaspère à la fois. C’est que Charlot, Petit Prince désarmant de vérité, la confronte à des questions philosophiques. Quel sens donner à sa vie lorsqu’on traverse des épreuves ? Où se cache l’amour lorsqu’on fait face à l’intimidation, la bêtise, la peur de l’autre ?

Et surtout, qu’est-ce que l’égo, cette chose dont tout le monde semble souffrir ?Animé d’un courage fou, d’une humanité à fleur de peau, Charlot va apprendre à sa mère, et à beaucoup d’autres, qu’en se dépouillant de ses certitudes, en cessant de se regarder le nombril, on peut enfin accéder à la vraie joie, celle du lâcher prise et de l’intelligence du cœur. Et surtout : apprendre à s’aimer pour de vrai.

 

l'auteur : Serge MARQUIS

Ego 01Nationalité : Canada, né le : 29/08/1953
Le psychiatre Serge Marquis détient un doctorat en médecine (Université Laval) et une maîtrise en médecine du travail (London School of Hygiene and Tropical Medicine à Londres).

Il a développé un intérêt tout particulier pour le stress, l’épuisement professionnel et la détresse psychologique dans l’espace de travail.Il s’est également intéressé à la difficulté de maintenir un équilibre entre la vie au travail et à l’extérieur de celui-ci. Il a soigné un grand nombre de personnes devenues dysfonctionnelles au travail.

Consultant dans le domaine de la santé mentale au travail (T.O.R.T.U.E.), il est l’auteur avec Eugène Houde d’un livre intitulé Bienvenue parmi les humains et de Pensouillard le hamster, petit traité de décroissance personnelle paru en octobre 2011 aux Éditions Transcontinental, qui a reçu la mention Coup de cœur de Renaud-Bray.

 

Mon avis : 

Dire que ce roman m’a passionné serait travestir la vérité, par contre dire qu’il m’a intéressé et interpellé, oui. L’auteur est psychiatre, il aborde un thème assez difficile au travers d’une histoire parfois un peu trop mélo dramatique à mon goût, l’égo. Les personnages m’ont paru un peu trop caricaturaux, Maryse la maman narcissique et égocentrique à souhait, le fils prodige, très intelligent, plus psychiatre que l’auteur, la fillette muette qui retrouve la voix grâce au psychiatre, etc…


Qu’est ce que l’égo ? Comment influe t-il négativement sur notre vie ? Pourquoi nous empêche t-il de vivre sereinement notre vie ? Pourquoi avons-nous tant besoin de reconnaissance ? Comment s’en dépêtrer ?
Un récit qui incite à la réflexion, à la remise en question, un récit qui par moment est extrêmement touchant et qui aborde d’autres thèmes comme le harcèlement à l’école, la différence, la présence, l’amitié, la maladie, la sagesse, l’absence du père et bien sûr l’amour.
Je retiendrai de ce roman qu’une des manières d’aller contre les réactions néfastes de l’égo, c’est de profiter simplement du moment présent.
Un livre qui dérange notre égo et ma foi cela ne fait pas de tort.

 

En marge du livre : 3 clés pour se libérer de son égo


Il apparaît aujourd’hui que l’égo est la partie centrale de notre personnalité chargée de trouver un équilibre entre les forces enfouies, comme les pulsions, les interdits familiaux et sociaux (le fameux « surmoi » freudien) et les réalités extérieures. Y parvenir semble difficile, mais c’est la condition de la sérénité. Comme le remarquait le poète Nicolas de Chamfort, « on trouve rarement le bonheur en soi, mais jamais ailleurs ».


Cela nous interroge sur notre soif, au demeurant naturelle, de reconnaissance. La philosophie bouddhiste insiste sur l’aspect illusoire d’un égo qui nous pousse à nous croire au centre du monde. Toutefois, une confiance en soi excessive est tout aussi dangereuse qu’une dévalorisation intérieure, génératrice d’anxiété et de culpabilité.


L’objectif serait de nous débarrasser d’une obsession handicapante pour le regard que les autres sont censés porter sur nous. Cette obsession est en effet un obstacle sur le chemin de notre liberté, car elle nous empêche d’être nous-mêmes, délivré des apparences. Paradoxalement, l’égo peut donc représenter un frein à l’épanouissement de… notre égo ou si l’on préfère, de notre personnalité authentique.
Par ailleurs, il provoque parfois une fierté exacerbée qui conduit à refuser d’avouer toute faiblesse et, ce faisant, d’accepter l’aide de quiconque. Or, ce soutien n’est pas inutile dans une société régie par l’interaction des individus. Sans lui, la probabilité de l’échec est plus grande.


Parmi les manifestations de la mégalomanie ordinaire, l’une des plus marquantes est l’esprit permanent de compétition. Vouloir la « victoire » à tout prix, c’est encore et toujours se comparer aux autres au lieu de vivre en fonction de nos propres aspirations profondes. C’est entrer dans un processus infini de frustrations, puisqu’il y a forcément, chez les autres… meilleur que nous.
Pour beaucoup d’entre nous, l’égo ressemble à un tyran ayant une opinion sur tout, un démon toujours insatisfait qui nous oriente vers des tentations et des risques déraisonnables, dans le but d’atteindre une perfection inatteignable. Quand l’égo désire l’impossible, les conséquences peuvent se révéler désastreuses: échecs à répétition, relations conflictuelles, dépression et surtout absence de satisfactions pourtant à notre portée. Comment corriger cet excès si répandu dans notre société moderne?


Pratiquer le lâcher prise, c’est aussi accorder plus de valeur à nos proches et déclencher une spirale affective positive. A l’inverse, l’envie du « toujours mieux et toujours plus » mène trop souvent aux pires tourments, comme le note la tradition zen japonaise.
En ce sens, l’égo serait un moteur d’essoufflement et d’incapacité à jouir du moment présent.
De surcroît, il serait nuisible pour l’individu en le poussant à refuser toute autocritique, à vivre dans un univers imaginaire dominé par la « pensée magique » et finalement à l’obstination aveugle dans sa conduite quotidienne. Si l’on suit cette logique négative, l’égo interdit à l’être humain d’évoluer en tirant profit de ses erreurs. Il induit un comportement paranoïde: on ne reconnaît ni ses torts envers soi-même, ni ceux qu’on inflige à autrui. Le risque, c’est aussi le repli sur soi-même.


En revanche, la prise de conscience de notre propre personnalité permet à l’égo d’accepter ce que nous sommes et d’accepter nos semblables avec leurs différences. En s’abstenant de nous comparer sans cesse à ceux que nous côtoyons, nous renforçons notre capacité à nous aimer et partant à aimer nos proches.
C’est ainsi que l’égo aurait intérêt à se positionner s’il souhaite se mettre au service de notre épanouissement, à tous les âges de la vie.

Maxime Coignard  – Coach professionnel et fondateur de Diadem Coaching

 

LE JOUR D’AVANT

 Quatrième de couverture : 

Mine 00« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.


Suite au décès de son frère Joseph, mineur, à cause du grisou dans la fosse Saint-Amé à Liévin en décembre 1974, Michel Flavent se promet de le venger un jour et quitte le nord de la France. Quarante ans après, veuf et sans attache, il rentre au pays pour punir le dernier survivant, un vieux contremaître, et enfin tourner la page.

 

 

 

 

L'auteur : Sorj CHALANDON 

Quatrième roman que je lis de Sorj Chalandon et le plaisir de lecture est toujours aussi présent. Vous retrouverez mes publications en cliquant ici : « Une Promesse » et « Profession du Père ».

Laissons l’auteur présenter son roman :

 

Mon avis : 

L’auteur nous livre un roman bouleversant, le contexte est historique, c’est la catastrophe de la mine de Liévin, dans la fosse 3 de Saint-Amé, accident qui a causé la mort de 42 mineurs, c’était en décembre 1974. Une catastrophe qui n’est pas due à la fatalité mais au profit à tout prix, les mesures de sécurité n’ont pas été respectées, le coup de grisou était prévisible. C’est la colère de l’auteur qui est à la base de ce livre.

Et comme à chaque fois Sorj Chalandon nous donne un récit au ton juste, il donne une image hyper réaliste de la vie des corons, la vie dure et impitoyable des mineurs, leur fierté.
Un texte très émouvant, un véritable hommage aux mineurs et à la région du Nord. C’est le drame d’un homme perdu dans sa douleur.
C’est très bien écrit, un récit très humain, une intrigue étonnante, riche en rebondissements, un roman qui parle de vengeance, de culpabilité, de colère et de souffrance.
Un livre qu’on lâche difficilement, à ne pas rater.

 

En marge du livre : Le 27 décembre 1974, la catastrophe (évitable) de Liévin


Il y a quarante ans, au fond d’une galerie de la fosse 3, dite Saint-Amé du siège 19 du groupe de Lens-Liévin,42 mineurs ont trouvé la mort. Un drame qui n’était pas dû à la fatalité.
« Les organisations syndicales ont décidé l’arrêt de travail pour le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. En ce qui concerne notre fédération nationale du sous-sol CGT hier nous avons appelé les mineurs de France à rendre le jour des obsèques un dernier hommage aux victimes et à exiger plus d’hygiène et de sécurité dans les mines… Nous ne croyons pas à la fatalité. Quand il y a une catastrophe comme celle que nous avons connue hier, une véritable tragédie, il y a incontestablement des causes. Nous voulons qu’elles soient décelées, recherchées afin que pareille tragédie ne se reproduise plus. Mardi prochain, lors des funérailles des victimes, les mineurs du Nord-Pas-de-Calais et de nombreux mineurs d’autres bassins vont rendre, par une grève de vingt-quatre heures, hommage aux victimes. » Achille Blondeau, secrétaire de la fédération des travailleurs du sous-sol CGT, a le ton grave. La veille, le 27 décembre 1974, à 6 h 30 du matin, un violent souffle dévasta à 710 m de profondeur une part de la fosse 3, dite Saint-Amé de Lens-Liévin, à Liévin. Une cinquantaine d’hommes se trouvaient au fond, exécutant des travaux préparatoires pour l’exploitation future de ce chantier. Quarante-deux gueules noires y laissèrent leur vie, le plus jeune avait vingt-cinq ans, le plus âgé cinquante-quatre : à cet instant, cent quarante enfants devinrent orphelins ! L’émotion fut considérable. La catastrophe de Liévin en ce Noël 1974 était la plus grande tragédie que connaissait le bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais depuis les 1 099 victimes de la tragédie de Courrières en mars 1906. Tout d’abord les responsables évoquèrent un coup de poussier. L’utilisation du marteau-piqueur et plus encore des haveuves mécaniques augmentait considérablement la présence de fines particulières de carbone dans les mines.

Hautement inflammables, elles favorisaient les explosions dévastatrices. Mais, très vite, les experts acquirent une autre conviction. Les 42 corps remontés du fond avaient été autopsiés : les autopsies révélèrent la présence de grisou. L’accident était donc lié à un coup de grisou. Composé de 90 % de méthane, inodore et invisible, le grisou était le gaz redouté des mineurs. Bien sûr, comme d’habitude, les responsables des Charbonnages de France évoquèrent la fatalité…suite : https://www.humanite.fr/le-27-decembre-1974-la-catastrophe-evitable-de-lievin-561270

LA VOLEUSE DE LIVRES

 Quatrième de couverture :

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenu.

Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée.

Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret…Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : La voleuse de livres

 

 


L'auteur : Markus ZUSAK


Nationalité : Australie né à  Sydney , le 23/06/1975;
Markus Zusak est un auteur australien de romans jeunesse. Il est le plus jeune des quatre enfants d’un père autrichien et d’une mère allemande. En 1998 paraît son premier livre et son premier succès « The Underdog », acclamé en Australie, publié en Europe, aux États-Unis et traduit dans de nombreuses langues.

En 2002, a paru de « The Messenger » (Le Messager) qui remporte le 2003 CBC Book Of the Year Award et le 2003 NSW Premier’s Literary Award.


« La voleuse de livres » (The Book Thief) a été publié en septembre 2005 en Australie. Il figure depuis son lancement sur les listes des meilleures ventes en France, en mars 2007, et a reçu le Prix national du livre juif de la littérature jeunesse. Son adaptation cinématographique est sorti sur les écrans en 2013, réalisé par Brian Percival avec Geoffrey Rush, Emily Watson et Sophie Nélisse. Il vit avec sa famille à Sydney où il écrit et enseigne l’anglais à l’Université de Sydney.


Mon avis :

Tout d’abord, je mettrai en évidence l’originalité du roman, en effet la narratrice est La Mort elle-même. La construction du récit est elle même atypique, il est entrecoupé de remarques, d’explications des propos de La Mort, de dessins et d’histoires.
La Mort, narratrice et humanisée, je dirai même attachante, elle se présente au début du roman : « En toute bonne foi, j’essaie d’aborder ce sujet avec entrain, même si la plupart des gens ont du mal à me croire, malgré mes protestations. Faites moi confiance. Je peux vraiment être enjouée. Je peux être aimable. Affable. Agréable. Et nous n’en sommes qu’aux « A ». Mais ne me demandez pas d’être gentille. La gentillesse n’a rien à voir avec moi. »


Une structure originale pour ce roman que je qualifierai de « tout publics », adolescents et adultes devraient y trouver leur contentement.
Une histoire émouvante, sensible et poétique, le contexte, c’est l’Allemagne nazie, ce sont les juifs pourchassés, un récit plein d’humanité, touchant. Les personnages sont très attachants, très typés, on s’y attache vraiment. La petite héroïne qui a été placée à l’abri par sa mère dans une famille allemande a vu mourir son frère pendant le trajet. Sa mère adoptive est un sacré caractère, grossière et injurieuse, son mari est un brave homme, avec Max, un juif caché dans la cave, elle va apprendre à lire et à aimer les livres qui sont introuvables. Une très bon moment de lecture.


En marge du livre : Le film


La Voleuse de livres est peut-être le premier film commenté en voix off par la Mort elle-même. Il faut dire qu’elle a de quoi faire dans cette adaptation d’un roman qui raconte, au fil d’un hiver dans l’Allemagne nazie, le parcours spirituel d’une orpheline analphabète vendue à un couple sans enfants (Geoffrey Rush et Emily Watson, très bien). Présenté de cette manière, ça peut paraître un brin sinistre, mais avec de la bonne volonté, un esprit optimiste y verra une apologie de la lecture comme source d’évasion et de connaissance dans un contexte terrible.


Distribution:

Geoffrey Rush (V. F. : Patrick Floersheim ; V. Q. : Denis Mercier) : Hans Hubermann, père adoptif de Liesel
Emily Watson (V. F. : Isabelle Gardien ; V. Q. : Lisette Dufour) : Rosa Hubermann, épouse de Hans, mère adoptive de Liesel
Sophie Nélisse (V. F. : Orphée Silard ; V. Q. : Elle-même) : Liesel « saumensch » Meminger, fille adoptive de Hans et Rosa
Ben Schnetzer (V. F. : Félicien Juttner ; V. Q. : Xavier Dolan) : Max Vandenburg, juif clandestin caché chez les Hubermann
Roger Allam (V. F. : Christian Gonon ; V. Q. : Guy Nadon) : le narrateur (la mort)
Barbara Auer (V. F. : Hélène Arié) : Ilsa Hermann, épouse du maire
Carina N. Wiese (V. F. : Natacha Muller) : Barbara Steiner, mère de Rudy

ARRÊTE AVEC TES MENSONGES

Quatrième de couverture :

Besson 00« Je découvre que l’absence a une consistance. Peut-être celle des eaux sombres d’un fleuve, on jurerait du pétrole, en tout cas un liquide gluant, qui salit, dans lequel on se débattrait, on se noierait. Ou alors une épaisseur, celle de la nuit, un espace indéfini, où l’on ne possède pas de repères, où l’on pourrait se cogner, où l’on cherche une lumière, simplement une lueur, quelque chose à quoi se raccrocher, quelque chose pour nous guider. Mais l’absence, c’est d’abord, évidemment, le silence, ce silence enveloppant, qui appuie sur les épaules, dans lequel on sursaute dès que se fait entendre un bruit imprévu, non identifiable, ou la rumeur du dehors. »

 

 

L'auteur : Philippe BESSON

FRANCE-LITERATURE-BESSON-PORTRAITNationalité : France, né à : Barbezieux-Saint-Hilaire, Charente , le 29/01/1967
Philippe Besson est écrivain, dramaturge et scénariste français, anciennement homme d’affaires. Il a été également critique littéraire et animateur de télévision.
Il est diplômé de l’École supérieure de commerce de Rouen et titulaire d’un DESS de droit. En 1989, il s’installe à Paris où il exerce une profession de juriste et enseigne le droit social. Pendant près de 6 ans, il sera le bras droit de Laurence Parisot, en tant que DRH puis secrétaire-général de l’Institut français d’opinion publique. Par la suite, il sera DRH de T-Online France – Club Internet.

En 1999, il publie « En l’absence des hommes », récompensé par le prix Emmanuel-Roblès. En 2001, il publie « Son frère » qui sera retenu pour la sélection du Prix Femina. L’adaptation cinématographique avec Bruno Todeschini et Eric Caravaca dans les rôles principaux qu’en fera Patrice Chéreau en 2003, recevra l’Ours d’argent au festival de Berlin.


« L’Arrière-saison », roman publié en 2002, est récompensé par le Grand Prix RTL-Lire 2003, année où paraît « Un garçon d’Italie » qui se voit sélectionné pour les Prix Goncourt et Médicis.
Édité en 2004, son cinquième roman, « Les Jours fragiles » (centré sur les derniers jours d’Arthur Rimbaud), retient l’attention du cinéaste François Dupeyron.

En 2006, « L’ Enfant d’octobre » suscite une polémique dès sa sortie. Ce roman raconte l’affaire Grégory sous une forme romancée, alors que les différents acteurs de ce drame sont encore vivants.
Changement de registre en 2007 avec le très mélancolique « Se résoudre aux adieux ». En 2009, il publie « Un homme accidentel », dont l’intrigue se déroule à Beverly Hills et il participe avec d’autres auteurs à « Huit », un recueil de nouvelles sur les objectifs pour le développement. La même année, il s’intéresse encore une fois aux États-Unis dans « La trahison de Thomas Spencer », qui raconte la vie de deux amis nés le même jour.


En 2011, il soutient l’action de l’association Isota qui milite pour le mariage et l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Il réalise en 2014 le documentaire « Homos, la haine » sur France 2.
« Vivre vite », consacré à James Dean, paraît en janvier 2015, année anniversaire de sa mort.


Il relate sa première histoire d’amour alors qu’il était adolescent dans son roman, « Arrête avec tes mensonges » (2017). La même année, il publie « Un personnage de roman », récit intime de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron.

Mon avis :

Philippe Besson, nous livre un témoignage sans retenue sur son adolescence, il a 17 ans, il est en terminale au lycée, homosexuel, il vit son premier amour.
Un récit tout en délicatesse, en émotion, intense, douloureux, délicat, sensible, pudique et parfois cru.
C’est écrit avec beaucoup de simplicité, un style qui fait mouche, qui fait passer les émotions.
Sans doute n’est ce pas autobiographique à 100%, mais il ne triche pas, il raconte avec franchise cet amour, le premier et sans doute le plus important de sa vie.
Un très beau texte sur non seulement l’homosexualité mais aussi sur le manque, sur la séparation et sur l’interdit.
Remarquable !

En marge du livre : Homosexualité de l’adolescent et désarroi des parents.


Besson 02La découverte de l’homosexualité est un moment difficile à traverser pour l’adolescent, mais également pour ses parents. Lorsqu’il a fait son coming out, l’homosexuel est catégorisé. Il n’est souvent plus considéré comme rien d’autre qu’un homosexuel. Quand les choses se passent bien, il devient « mon ami gay » ou « mon voisin homo ». Lorsque son coming out se passe mal, il subit les injures, les insultes, les regards de travers. L’homosexualité est encore aujourd’hui très difficile à assumer.
Ces dernières années, en matière d’homosexualité, les choses ont énormément évolué : les sociétés occidentales accordent une certaine reconnaissance sociale aux homosexuels. Mais les choses ne sont toutefois pas encore toutes roses. Malgré cette évolution positive, il est encore extrêmement difficile d’assumer et d’affirmer son homosexualité. Dans notre société, l’hétérosexualité est la norme et ceux qui ne correspondent pas à cette normalité sont encore souvent regardés de travers. Le cinéma hollywoodien ne met en scène que des couples hétérosexuels. Les Américains, très religieux, sont encore aujourd’hui persuadés que l’homosexualité est un péché. Au moment de la puberté, lorsque le jeune adolescent découvre qu’il est attiré par des personnes de son propre sexe, sa vie est totalement chamboulée. Il devient détenteur d’un secret qu’il a bien sûr envie de partager. Mais avec qui ? L’adolescent sait que s’il parle, il risque de se mettre en danger.

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