UN ENDROIT OÙ ALLER

Quatrième de couverture : 

Plusieurs mois se sont écoulés depuis que Suances, petite ville de la côte cantabrique, a été témoin de plusieurs meurtres qui ont secoué ses habitants. Maria Oruña a conté ces événements dans Le Port secret.

Cependant, alors que tout semble revenu à la normale, le corps d’une jeune femme apparaît à La Mota de Trespalacios, un endroit peu fréquenté où se trouvent les ruines d’une exceptionnelle construction médiévale. La jeune femme, d’une grande beauté, est habillée comme une princesse médiévale, mais l’objet qu’elle tient dans ses mains est encore plus surprenant.

Quant au résultat de l’autopsie, il est carrément renversant. Lorsque même les plus sceptiques commencent à envisager un impossible voyage à travers le temps, d’autres meurtres se produisent dans la région et semblent inextricablement liés à la mort de la mystérieuse dame médiévale. Alors que, dans une course contre la montre, Valentina Redondo et son équipe mènent l’enquête, Oliver Gordon, aidé par son vieil ami d’enfance, le musicien Michael Blake, recherche inlassablement son frère William, disparu depuis deux ans. Il mettra au jour une vérité inattendue et douloureuse.

«Il y a des lieux qui, même constitués de matière morte, respirent l’enchantement des vivants. Ce ne sont que des pierres, du ciment, du bois, de petits bâtiments. Cependant, ils semblent emporter avec eux une partie des personnes qui leur ont rendu visite dans le passé. Qu’est-ce qui se trouve sur certains toits? Est-ce juste le charme de l’usure du temps? Serait-ce que quelque chose de nous-mêmes se faufile entre les mailles du filet de tout ce que nous prenons, regardons, aimons? « 

L'auteur : Maria ORUÑA

J’ai publié la biographie de l’auteur lors de ma critique de son roman « Le Port Secret ».

Mon avis :

Après la grosse déception et les invraisemblances de « La trilogie berlinoise », j’espérais trouver un bon roman policier en choisissant « Un endroit où aller » de Maria Oruña. Et le moins que je puisse dire c’est que j’ai été comblé. J’avais découvert cette auteure avec « Le port secret » que j’avais vraiment apprécié et qui demandait confirmation, c’est fait et de maîtresse façon.

Bizarrement ce roman traduit en français par Dominique Roussi ne mentionne aucun éditeur, ni de date d’édition (en Espagne en 2017) et que aucune critique n’apparaît sur Babelio. Le titre de l’ouvrage ainsi que la photo de couverture ne sont pas significatifs vis à vis du sujet du roman. Des mystères entourent cet ouvrage mystérieux.

Par ailleurs, un roman très bien construit, bien écrit, pas de grosses ficelles et d’heureux hasard, une intrigue très solide que l’auteur distille petit à petit, un suspens bien entretenu jusqu’en fin du récit. Un sujet original bien loin des sentiers battus de la littérature policière habituelle.

Voilà ce que j’appelle un roman sérieux, les lieux sont réels, les anecdotes historiques, les projets des archéologues, géologues et spéléologues tout autant, les données d’autopsie et les informations médico-légales authentiques.

Comme dans son précédent roman (Le Port Secret), Maria Oruña situe l’action en Cantabrie, qu’elle connaît très bien, et principalement dans le décor des très nombreuses grottes de la région. L’auteure bien documentée m’a fait découvrir toute une série de faits liés à la géologie, à la spéléologie ou à l’archéologie, J’en reprends quelques uns dans la rubrique suivante « En marge du livre ».

On retrouve Valentina Redondo lieutenant de la garde civile, toute son équipe ainsi que son compagnon Gordon, pour une histoire passionnante et rondement menée. Une histoire que Maria Oruña se plait à rendre mystérieuse avec des retours en arrière, évènements qui se sont passés quelques mois ou années auparavant, mystère aussi les réflexions du « Voyageur du gouffre aux hirondelles » qui apparaissent çà et là au gré du récit. Un roman que je qualifierais de sérieux et intelligent, du bel ouvrage. Comme point négatif, je dirais que le récit ressemble un peu au lieutenant Valentina Redondo qui laisse difficilement paraître ses émotions.

En marge du livre : Anecdotes, sites et faits cités dans le récit

La bibliothèque de métal : Cueva de los Tayos (en espagnol), la « Grotte des guacharo des cavernes », est une grotte naturelle située sur le versant oriental de la cordillère des Andes, dans la province de Morona-Santiago en Équateur. La grotte fut popularisée par Erich von Däniken en 1973 dans son livre L’or des dieux, dans lequel il écrit que Juan Moricz avait prétendu avoir exploré Cueva de los Tayos en 1969 et y avait découvert des tas d’or, des sculptures inhabituelles et une bibliothèque métallique. Ceci était censé se trouver dans des tunnels artificiels créés par une civilisation disparue avec l’aide d’êtres extraterrestres. Von Däniken avait déjà agité l’imagination du public en laissant entendre que les extraterrestres étaient impliqués auprès des civilisations antiques dans son livre Présence des extraterrestres

Le puits de Kola : Surnommé « puits de l’enfer », il a longtemps été abandonné, mais reste le puits de forage le plus profond du monde. Il est entouré de légendes…Comme tout lieu ou phénomène unique, le puits de forage de Kola (d’une profondeur de 12 289m et d’une largeur de 23 cm) a suscité des histoires terrifiantes : il est surnommé « puits de l’enfer ». Selon la légende, lorsque la foreuse a atteint une profondeur de 12 km, les chercheurs ont détecté une cavité présentant une température supérieure de 1 000 degrés Celsius. Ils auraient ensuite fait descendre un microphone résistant à la chaleur, qui aurait enregistré les cris de personnes tourmentées. Le forage aurait ainsi atteint la cavité où se trouvait « l’enfer ».

La grotte de Lechuguilla  : elle se trouve dans les montagnes Guadalupe, au sein du parc national de Carlsbad Caverns (Nouveau-Mexique) aux États-Unis. Fin 2019, elle développait plus de 242 kilomètres de réseau pour une dénivelée de 489 m, ce qui en fait une des plus grandes grottes du monde et une des plus profondes du continent américain.

La grotte de Lechuguilla complètement isolée du monde extérieur pendant plus de 4 millions d’années, ce qui en fait l’un des écosystèmes les plus vierges de la planète. Et pourtant, elle est pleine de bactéries qui sont résistantes aux antibiotiques modernes.

Le gène DRD4-7R : Présent dans l’ADN de chacun, le gène DRD4 est souvent considéré comme le gène de l’aventure.C’est en fait un récepteur de dopamine qui joue un rôle dans des fonctions neurologiques comme la créativité, l’innovation et la motivation. Il a également un impact direct sur le goût du mouvement, de la nouveauté et de l’aventure.

Plus concrètement, plus le gène est développé, plus les personnes auront besoin d’une grande libération de dopamine pour ressentir une sensation de plaisir équivalente à une autre personne. D’où une tendance à vouloir multiplier les expériences, à explorer l’inconnu et à prendre davantage de risques !

Le Palais royal de la Magdalena : est un palais du début du XXe siècle situé sur la presqu’île de la Magdalena dans la ville de Santander, Cantabrie en Espagne. La construction du palais a été effectuée entre 1908 et 1912 par le gouvernement local de Santander dans le but de devenir la résidence saisonnière de la famille royale d’Espagne. Le financement fut fourni par une souscription populaire de la population locale. À partir de 1932, le palais fut utilisé pour héberger les cours d’été de l’université internationale Menéndez Pelayo.

Gouffre des Hirondelles : c’est l’un des plus grands gouffres au monde s’ouvrant à la surface du sol. Il s’appelle ainsi car c’est un abri naturel pour de nombreuses espèces d’oiseaux et à l’aube, une foule impressionnante de martinets noir et d’apodidés y plonge. Le gouffre mesure 333 mètres de hauteur, depuis le point le plus bas de l’entrée jusqu’au fond. Depuis le point le plus élevé de l’entrée, il mesure jusqu’à 376 mètres.

Site funéraire de Gliwice : Des archéologues ont découvert un site funéraire en Pologne qui pourrait être celui de vampires présumés. Lorsqu’une équipe d’archéologues a découvert un ancien site funéraire sur le chantier d’une autoroute près de Gliwice en Pologne, ils sont tombés sur une scène digne d’un film d’horreur : les tombes de vampires présumés. Les squelettes humains retrouvés enterrés avaient la tête coupée et placée entre les jambes, suivant une ancienne pratique funéraire slave pour disposer des vampires présumés dans l’espoir que les individus décapités ne puissent pas quitter leur tombe. Cette découverte faite récemment en Pologne n’est pas une première. D’autres archéologues sont déjà tombés sur des sépultures d’individus soupçonnés d’être des morts-vivants.

Grottes en Cantabrie : La Cantabrie recèle la plus grande densité de grottes à peintures et gravures rupestres du monde ; plus de soixante ont leurs parois ornées d’art pariétal. Altamira et les neuf autres cavités déclarées Patrimoine de l’Humanité sont le symbole universel de cet héritage paléolithique de grande valeur qui côtoie un autre trésor souterrain tout aussi surprenant : plus de 6.500 grottes aux formes géologiques et paysages. Certaines sont très connues comme c’est le cas de la Grotte d’Altamira(Cueva de Altamira en espagnol), l’une des plus célèbres du monde avec Lascaux, et d’autres moins connues mais tout aussi importantes comme celles d’El Castillo, de Las Monedas, de La Pasiega, de Las Chimeneas, de Covalanas, d’El Pendo, d’Hornos de la Peña, de Chufín et de La Garma.

LE REQUIEM ALLEMAND

Quatrième de couverture : 

C‘est dans le Berlin de 1947 que nous retrouvons Bernie Gunther, le détective privé familier des lecteurs de L’Été de cristal (Prix du Roman d’aventures 1993). Un Berlin de cauchemar, écrasé sous les bombes, en proie au marché noir, à la prostitution, aux exactions de la soldatesque rouge…

C’est dans ce contexte que Gunther est contacté par un colonel du renseignement soviétique, dans le but de sauver de la potence un nommé Becker, accusé du meurtre d’un officier américain. Mais quel rôle jouait au juste ce Becker – que Bernie Gunther a connu quelques années plus tôt ? Trafiquant ? espion ? coupable idéal ?

A Berlin, puis à Vienne, tandis que la dénazification entraîne la valse des identités et des faux certificats, Bernie va devoir prouver que son passage sur le front de l’Est n’a pas entamé ses capacités. D’autant qu’il s’agit aussi de sauver sa peau…

« Ce n’est pas ce qu’ils ont construit. C’est ce qu’ils ont détruit Ce ne sont pas les maisons. C’est l’espace entre les maisons. Ce ne sont pas les rues existantes. Ce sont les rues qui n’existent plus. Ce ne sont pas tes souvenirs qui te hantent. Ce n’est pas ce que tu as écrit. c’est ce que tu dois oublier. Ce que tu devras continuer à oublier toute ta vie. Extrait de « A German Requiem » de James Fenton

L'auteur : Philip KERR

J’ai publié la biographie de l’auteur lors de ma critique de son roman « Une douce flamme ».

Mon avis :

Me voilà au bout de cette trilogie berlinoise avec le 3ème tome « un requiem allemand ». Nous retrouvons donc notre détective privé Bernie une dizaine d’années après les évènements du tome 2. Un Bernie bien moins fringant, vieilli, amaigri, il a passé pas mal de temps prisonnier en Russie.

Nous sommes en 1947, en pleine période de dézanification, la ville est découpée en zones sous contrôle américain, russe, français ou anglais.Bernie n’en mène pas large, il survit plutôt qu’il vit, de plus son épouse le trompe avec un militaire américain. Contacté par un militaire russe, Bernie accepte un travail d’enquête à Vienne, la trilogie berlinoise devient viennoise.

Une enquête plutôt complexe, les personnages se multiplient et mettent en scène des anciens nazis qui sont de mèches avec des américains ou des russes, des agents doubles, des combines complexes à tel point qu’on ne sait plus qui est avec qui, c’est tiré par les cheveux et plutôt invraisemblable. Les gros hasards font bien les choses. L’auteur complète son guide Michelin des rues de Berlin par celui des rues de Vienne.

En conclusion, une Trilogie encensée par beaucoup de lecteurs mais pour moi une grande déception. J’ai bien aimé le contexte historique de l’oeuvre, Philip Kerr s’est bien documenté, j’ai moins aimé les enquêtes brouillonnes et invraisemblables, l’humour et les métaphores de mauvais goût. L’auteur se sert bien d’évènements réels mais il les habille d’histoires par trop invraisemblables …… et la lassitude d’intervenir.

En marge du livre : : Heinrich Müller,  L'ancien chef de la Gestapo serait enterré dans un cimetière juif.

C’est l’une des plus grandes énigmes de l’après-guerre. Le quotidien allemand Bild croit avoir retrouvé l’ancien chef de la Gestapo, Heinrich Müller. Le criminel de guerre nazi avait disparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un historien, Johannes Tuchel, affirme avoir retrouvé sa trace dans un document d’une mairie d’arrondissement de Berlin. Selon ce dernier, Heinrich Müller a été enterré en 1945 dans un cimetière juif dans le quartier de Mitte. «Müller n’a pas survécu à la fin de la guerre. Son corps a été enterré en 1945 dans une fosse commune du cimetière juif de Berlin-Mitte», assure le journal. Le cimetière en question avait été saccagé par les nazis en 1943.

Le cimetière juif où serait enterré l’ancien chef de la Gestapo, heinrich Müller

Cette révélation intervient soixante-huit ans après la fin du régime nazi. Heinrich Müller fait partie des personnalités importantes du Troisième Reich qui ont échappé aux Alliés. Il participa à la conférence de Wannsee de janvier 1942, où fut décidée la «solution finale». Il eut sous ses ordres Adolf Eichmann, responsable de la «logistique» de l’extermination des juifs. La dernière trace du chef de la Gestapo remonte au 29 avril 1945, dans le bunker situé sous la Chancellerie. La guerre était déjà perdue. Heinrich Müller dirigeait alors l’interrogatoire du général de division SS Hermann Fegelein, le beau-frère d’Eva Braun, accusé de désertion.

L’épitaphe d’une tombe retrouvée en 1963 : Notre cher papa Heinrich Müller

Depuis cette date, la rumeur court. La CIA l’aurait capturé en 1947. Deux ans plus tard, les services secrets allemands du BND affirment que le criminel de guerre nazi se cache à Karlovy Vary, en Tchécoslovaquie. Les Israéliens, eux, le recherchent plus tard en Argentine. Lors de son procès, Adolf Eichmann affirme que son ancien supérieur est toujours en vie. La chasse est relancée. En 1963, une tombe est retrouvée dans un cimetière berlinois. Sur la pierre tombale, l’épitaphe: «Notre cher papa Heinrich Müller, né le 28/4/1900, trouvé à Berlin, mai 1945». Mais les restes ne correspondent pas à l’âge de Heinrich Müller. La même année, un ancien milicien de la Volksturm, Walter Lüders, raconte avoir retrouvé le corps à l’été 1945, enterré dans le jardin de la Chancellerie. Heinrich Müller portait une large blessure dans le dos. Il a pu l’identifier grâce aux papiers qui se trouvaient sur la dépouille. Le fossoyeur explique ensuite l’avoir lui-même déplacé dans un cimetière juif. Ses dires ne seront alors pas vérifiés, le lieu de sépulture se trouvant désormais à Berlin-Est.

Le document retrouvé par l’historien Johannes Tuchel accrédite donc le récit de Walter Lüders. Heinrich Müller aurait été retrouvé en août 1945. Sa dépouille était enterrée dans une tombe provisoire près de l’ancien ministère de l’Aviation du Reich. Il portait «un uniforme de général. Dans la poche intérieure gauche se trouvait notamment ses états de service avec une photo», ajoute l’historien dans Bild. Le président du Conseil central des juifs d’Allemagne, Dieter Graumann, se dit choqué par cette révélation. «Que l’un des sadiques nazis les plus brutaux soit enterré dans un cimetière juif, c’est une énormité de mauvais goût. On foule grossièrement du pied la mémoire des victimes», s’insurge-t-il.

LA PÂLE FIGURE

Quatrième de couverture : 

Septembre 1938. Tandis que la ville croule sous la chaleur, les Berlinois attendent avec anxiété l’issue de la conférence de Munich. Engagé par une riche veuve pour retrouver l’individu qui la fait chanter, le détective privé Bernhard Gunther se trouve plongé, lui, dans les méandres de la médecine psychiatrique moderne…

Avant de se voir contraint par Heydrich de prendre les rênes d’une enquête bien particulière : retrouver le tueur en série qui hante les rues de Berlin depuis quelques semaines, s’attaquant à des adolescentes.

Mais s’il obtient le privilège d’être nommé « Komissar, » Bernie est encore loin d’imaginer que son investigation le mènera au plus profond des coulisses du pouvoir nazi… là où même lui, le cynique que rien n’étonne, se laissera surprendre par « le criminel à la pâle figure. »

« Autrefois le doute et l’ambition personnelle étaient des crimes. Alors le malade devenait hérétique et sorcière ; comme hérétique et sorcière il souffrait et voulait faire souffrir. Mais vous ne voulez pas m’entendre : Ce serait nuisible pour ceux d’entre vous qui sont bons, dites-vous. Mais que m’importe vos hommes bons ! Chez vos hommes bons, il y a bien des choses qui me dégoûtent et ce n’est vraiment pas leur mal. Je voudrais qu’ils aient une folie dont ils périssent comme ce criminel à la pâle figure ! Vraiment, je voudrais que cette folie s’appelât vérité, ou fidélité, ou justice : mais leur vertu ne leur sert qu’à vivre longtemps et dans une aisance pitoyable.

 » Nietzsche-Ainsi parlait Zarathoustra

L'auteur : Philip KERR

J’ai publié la biographie de l’auteur lors de ma critique de son roman « Une douce flamme ».

Mon avis :

Le deuxième tome de la « Trilogie Berlinoise » est beaucoup plus convaincant que le premier tome qui m’avait laissé sur ma faim. Un récit beaucoup plus fluide, une enquête rondement menée avec toujours notre enquêteur Bernie aussi cynique et sarcastique que dans le premier volet.

Grosse différence, notre détective privé n’a pas le choix quand Heydrich lui demande (impose) d’enquêter sur les crimes de jeunes adolescentes. Voilà donc Bernie promu au grade de Kriminalkommissar aux ordres du SS-Obergruppenführer Heydrich. Et son enquête le conduit à participer à certaines réunions plutôt spéciales avec le Reichsführer-SS Himmler.

Un récit bien mené et qui tient le lecteur en haleine du début à la fin. On n’est plus surpris par le style, l’humour toujours un peu lourd, et les métaphores par toujours du meilleur goût, c’est propre à l’auteur il faut s’y faire. Le guide Michelin des rues de Berlin est complété, et correspond à la réalité vérifiée sur Google maps. Le contexte historique est lui aussi solide et conforme, avec l’intérêt de Himmler pour l’ésotérisme ainsi que les agissements de Otto Rahn et Karl Maria Weisthor. Un bon moment de lecture qui corrige l’impression du premier tome.

En marge du livre : : Karl Maria Weisthor

Karl Maria Wiligut, connu aussi sous les pseudonymes Karl Maria Weisthor et Jarl Widar1(10 décembre 1866 à Vienne – 3 janvier 1946 à Arolsen) est un intellectuel ésotériste autrichien. Colonel dans l’armée austro-hongroise, puis SS-Brigadeführer, il est surtout connu pour avoir été un chantre de l’idéologie mystique nazie.

En 1932, Wiligut quitte famille et amis pour s’installer à Munich. Dans cette ville, sous le nom de Weisthor, il y bénéficie d’une certaine notoriété notamment auprès des membres de la société de l’Edda, fondée en 1925 par Rudolf John Gorsleben. Il côtoie Frieda Dorenberg, Ernst Rüdiger Starhemberg et rencontre le Reichsführer-SS Heinrich Himmler à une conférence de la Nordische Gesellschaft, une association culturelle exaltant les valeurs germano-scandinaves. Ses théories sur les valeurs germaniques archaïques lui valent un accueil enthousiaste parmi les membres du NSDAP.

Il est présenté à Himmler durant le mois de septembre 19337, par l’un de ses proches, Richard Anders, alors officier SS ; il intègre rapidement le cercle des proches de Himmler, impressionné par ses dons. Puis, en 1934, promu au grade de SS-standartenführer, colonel SS, puis général, par Himmler en personne, Wiligut rejoint alors l’ Ahnenerbe et se voit confier des recherches sur la préhistoire des peuples germaniques. Pour ce dernier, il prépare un certain nombre de textes, articles à ambition scientifique ou poèmes personnels, publiant des textes du clan Asa-Uana Ulligotis, dont il s’affirme dépositaire de la tradition orale. Non content de proposer à Himmler ses conceptions personnelles de l’antiquité germanique, il lui assure la présence d’une civilisation d’origine atlante, donc nordique, en Asie centrale. Wiligut fait ainsi parvenir à Himmler ses articles dédicacés publiés dans des revues païennes, des poèmes ou rédige des notes de lectures destinées à Himmler pour la préparation d’un ouvrage consacré au père du Reichsführer-SS.

J’avais publié des informations concernant la société de Thulé et sur la collection de livres de sorcellerie de Himmler. https://mesamisleslivres350309527.wordpress.com/2020/09/18/le-triomphe-des-tenebres/

L’ÉTÉ DE CRISTAL

Quatrième de couverture : 

Vétéran du front turc, ancien de la police, Bernie Gunther, trente-huit ans, est devenu détective privé, spécialisé dans la recherche des personnes disparues. Bernie ne se plaint pas. Les disparitions sont monnaie courante à Berlin, en 1936, et il ne manque pas de clients.

Mais aujourd’hui, Hermann Six, le puissant industriel qui engage Bernie, ne cherche pas à trouver sa fille : celle-ci a été assassinée chez elle, ainsi que son mari. Non, ce qui intéresse Herr Six, ce sont les bijoux qui ont disparu du coffre-fort.

A la veille des Jeux Olympiques, tandis que les S.A. se chargent de rendre la ville « accueillante » aux touristes attendus, Bernie se met en chasse. Et cet été-là, l’ordre nouveau qui règne sur l’Allemagne va se charger de faire voler en éclats le peu d’illusions qui lui reste Le Grand sommeil au cœur de l’Allemagne nazie par le plus novateur et le plus prometteur des jeunes romanciers britanniques couronné par le Prix du Roman d’Aventures.

Berlin 1936 Premier homme : Tu as remarqué comme les Violettes de Mars ont réussi à écarter complètement les vétérans du parti comme toi et moi ?

Second homme : Tu as raison. Peut-être que si Hitler avait lui aussi attendu un peu avant de prendre en marche le train nazi, il serait devenu Führer plus vite.

Schwarze Korps, novembre 1935

(Violettes de Mars : « Surnom donné aux personnes ayant adhéré au parti nazi après l’avènement d’Hitler au pouvoir. »)

L'auteur : Philip KERR

J’ai publié la biographie de l’auteur lors de ma critique de son roman « Une douce flamme ».

Mon avis :

J’avais beaucoup apprécié le roman « Une douce flamme », dont j’avais parlé en termes élogieux : « Et ce fut une belle découverte, c’est le genre de roman que j’apprécie, un fond historique solide, un suspens bien entretenu, pas trop de grosses ficelles, un style agréable, de l’humour (pas toujours de haut niveau !), jamais ennuyant et jamais de temps morts. »

C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis lancé dans ce premier tome de la « Trilogie berlinoise », dont on dit monts et merveilles , et qui reprend le même schéma : contexte historique intéressant, suspens et style agréable.

Pourtant je reste sur un sentiment assez mitigé, certes le contexte historique est intéressant, l’auteur nous donne un aperçu bien documenté de la vie et de l’ambiance de Berlin et de l’Allemagne en général en cette période nazie. La persécution des juifs, les arrestations arbitraires, les disparitions, l’obligation de soutenir le régime, d’écouter la propagande, les relations entre hauts dignitaires du régime, la préparation des jeux olympiques, la vie dans le camp de concentration de Dachau, tout cela est bien relaté.

Ce qui m’a moins épaté c’est l’enquête de Bernie, détective privé, cynique et ironique à souhait. L’auteur use et abuse de métaphores qui ne sont pas toujours du meilleur goût et son humour dans ce contexte dramatique m’a paru un peu déplacé. Par exemple : « La concierge était une pute en fin de carrière. Ses cheveux paraissaient aussi naturels qu’un défilé au pas de l’oie dan Wilhelmstrasse, et elle devait avoir la main enfouie dans un gant de boxe lorsqu’elle s’était appliqué son rouge à lèvres. Ses seins ressemblaient à l’arrière-train de deux chevaux de trait épuisés. Peut-être avait-elle encore des clients, mais j’en aurais été plus étonné que de voir un juif acheter du porc dans une boucherie de Nuremberg Debout sur le seuil de sa loge, nue sous un peignoir crasseux aux pans ouverts, elle ralluma un mégot éteint. -Je cherche Neumann, dis-je en m’efforçant d’ignorer les deux gants de toilette et la barbe de boyard qu’on exhibait à mon intention : la queue me grattait rien que d’y penser. Je suis un de ses amis. »

Comme dans le précédent roman un humour pas vraiment de bon goût. Par moment aussi j’ai eu l’impression de lire le guide Michelin des rues de Berlin, tant l’auteur s’évertue à montrer ses connaissances de la ville. Une intrigue par moment assez floue, par moment assez invraisemblable, un récit qui fait penser à Indiana Jones ou à James Bond, Bernie seul contre tous et qui s’en sort miraculeusement de toutes les situations. Indépendamment de ces bémols, la lecture reste agréable, je passerai au second tome en espérant être plus convaincu par cette trilogie.

En marge du livre : J.O. 1936, un champion noir défie Hitler (Le Point - 2016)

Ces Jeux de la XIe Olympiade resteront marqués par les quatre médailles d’or du légendaire athlète Jesse Owens, dans le stade monumental construit à Berlin par l’Allemagne nazie, et par la colère d’Hitler quittant les lieux pour ne pas saluer le champion noir américain. Depuis 1933, Hitler impose le nazisme et les premières discriminations. En 1935, la nationalité allemande est retirée aux Juifs. Les premiers à prendre conscience du danger sont les Américains qui proposent le boycottage dès 1933. Les JO seront pourtant maintenus après les assurances d’Adolf Hitler au comte Baillet-Latour, président du CIO, et à Avery Brundage, président du comité olympique américain (et futur président du CIO), qu’aucune discrimination n’aurait lieu durant ces Jeux. L’Allemagne construit un magnifique stade de 100.000 places, une immense piscine (20.000 places) et un superbe village olympique qui deviendra plus tard une école d’officiers. Toute la ville revêt ses habits d’apparat avec une multitude de drapeaux olympiques qui côtoient ceux frappés de la croix gammée.

La cérémonie d’ouverture est grandiose avec l’arrivée de la flamme olympique, allumée pour la première fois à Olympie avant d’être conduite à Berlin par plus de 3000 relayeurs. La tribune officielle est pleine lorsque apparaît Hitler. Cent mille bras se dressent alors pour le salut nazi. Le président du CIO doit intervenir auprès d’Hitler pour s’assurer qu’il se contentera de proclamer uniquement l’ouverture des Jeux. Hitler pense avoir tout prévu pour servir sa propagande. Mais il n’a pas imaginé qu’un Américain de couleur, Jesse Owens, lui ravirait la vedette en s’adjugeant quatre médailles d’or.

Owens remporte d’abord le 100 m (10.3). Puis il bat l’Allemand Lutz Long au saut en longueur avec un bond de 8,06 m, à l’issue d’un concours étonnant qui fera naître une véritable amitié entre les deux hommes. C’en est trop pour Hitler qui quitte le stade. Owens remportera deux autres médailles d’or: le 200 m avec une facilité déconcertante (20.7 et nouveau record du monde) et le relais 4×100 m, assorti d’un nouveau record du monde. L’Allemagne ne fera pourtant pas de la figuration. Elle terminera première avec un total de 89 médailles dont 33 d’or. Mais les exploits d’Owens relègueront au second plan toutes les autres performances de ces Jeux qui bénéficient d’un immense succès populaire (plus de trois millions de spectateurs) et coïncident avec une grande première: la naissance de la télévision.

Plus de 160.000 personnes suivront sur le petit écran en circuit fermé les grands moments de ces Jeux, avec déjà une organisation télévisuelle très au point. Pour conserver une trace de cette colossale manifestation de propagande, le régime confie à Leni Riefenstahl, cinéaste officielle du Reich, le soin de tourner un film officiel. Ce documentaire, « les Dieux du stade », demeure encore aujourd’hui un témoignage historique de ces Jeux.

JE SAIS POURQUOI CHANTE L’OISEAU EN CAGE

Quatrième de couverture : 

Dans ce récit, considéré aujourd’hui comme un classique de la littérature américaine, Maya Angelou relate son parcours hors du commun, ses débuts d’écrivain et de militante dans l’Amérique des années 1960 marquée par le racisme anti-Noir, ses combats, ses amours. Son témoignage, dénué de la moindre complaisance, révèle une personnalité exemplaire. à la lire, on mesure – mieux encore – le chemin parcouru par la société américaine en moins d’un demi-siècle…

« Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage  » libère le lecteur simplement parce que Maya Angelou met en scène sa ie avec une maîtrise émouvante et une lumineuse dignité. Les mots me manquent pour décrire un tel exploit, mais je sais que jamais depuis les jours lointains de mon enfance, lorsque les personnages de roman étaient plus réels que les gens que je voyais tous les jours, je ne me suis senti à ce point ému. James BALDWIN

Maya Angelou : A Stamps, la ségrégation était si totale que la plupart des enfants noirs ne savaient pas, en vérité, à quoi ressemblaient exactement les blancs. Excepté qu’ils étaient différents, et qu’il fallait avoir peur d’eux, et cette peur traduisait aussi l’hostilité des faibles contre les puissants, des pauvres contre les riches, des travailleurs contre les patrons et des mal habillés contre les bien vêtus. Je me rappelle n’avoir jamais cru que les blancs fussent vraiment réels.

L'auteur : Maya ANGELOU

Nationalité : États-Unis, née à : Saint-Louis, Missouri , le 04/04/1928, décédée à : Winston-Salem , le 28/05/2014

Maya Angelou, de son vrai nom Marguerite Johnson, est une poétesse, écrivain, actrice et militante afro-américaine. Elle est une figure importante du mouvement américain pour les droits civiques. Elle est devenue une figure emblématique de la vie artistique et politique outre-Atlantique où ses livres sont au programme des écoles. Maya Angelou est connue pour ses œuvres autobiographiques I Know Why the Caged Bird Sings (1969) et All God’s Children Need Traveling Shoes (1986).

Son recueil de poèmes Just Give Me a Cool Drink of Water Fore I Die (1971) a été proposé pour le prix Pulitzer. En 1993, Maya Angelou a lu son poème On the Pulse of Morning à la demande de Bill Clinton lors de son discours inaugural. De plus, en 2008, comme de nombreux leaders afro-américains historiques elle a apporté son soutien à Hillary Clinton lors des primaires du Parti démocrate pour l’élection présidentielle américaine avant de se ranger du côté de Barack Obama.

Elle a influencé de nombreuses personnalités noires américaines dont la journaliste Oprah Winfrey qui fait souvent référence à elle. Ses premiers ouvrages traduits en français ont été publiés en 2008 par l’éditeur canadien « Les Allusifs » avec « Tant que je serai noire » (2008) et « Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage » ( 2008). En 2013, elle reçoit le National Book Award pour « service exceptionnel rendu à la communauté littéraire américaine ». Le 28 mai 2014, Maya meurt des suites d’une longue maladie, après avoir été trouvée inconsciente dans sa maison de Wintson-Salem en Caroline du Nord, quelques jours après avoir annulé une apparition au Beacon Awards de Houston où elle devait être honorée. Elle avait 86 ans.

Mon avis :

Dans ce roman autobiographique, le premier d’une série de 7 volumes, Maya retrace son enfance et sa jeunesse chez sa grand-mère paternelle, une forte femme qui tient, avec son Oncle Willie, l’unique magasin noir de Stamps (Arkansas). Elle élève ses petits enfants dans le respect de Dieu, de la loi et des autres et elle fait preuve d’une grande dignité face aux humiliations journalières. A 13 ans, Maya va vivre avec sa mère (un fameux numéro bien loin de la droiture de sa grand mère) à San Francisco et le récit se termine lorsqu’elle devient fille-mère à 17 ans.

La petite Maya est victime d’un premier gros traumatisme à l’âge de 8 ans, violée par son beau père. Dans ce contexte de ségrégation raciale, elle entretient un complexe d’infériorité et de culpabilité mais petit à petit elle prend conscience de sa couleur de peau et de son appartenance à la « race noire ». Offusquée à la fête de fin d’études, quand on prédit aux petits blancs de leur offrir l’occasion de devenir des Galilée, des Mme Curie, des Edison ou des Gauguin tandis que les jeune noirs essaieraient d’être des Jesse Owens ou des Joe Louis, cette déception marque sans doute le début de sa révolte, de sa prise de conscience du racisme.

Maya férue de littérature et de poésie se transforme petit à petit en une femme digne, sûre d’elle, capable d’affronter le racisme, elle met en avant l’importance de la famille, la quête de l’indépendance et de la dignité de la personne. Un récit qui n’est pas d’une grande fluidité, un roman profond et d’une grande densité qui incite à la réflexion. Maya Angelou est assurément une grande dame de la littérature américaine et c’est avec plaisir que je continuerai la découverte de cette auteure que je ne connaissais pas. .

En marge du livre : Les neuf de Little Rock

(Vendredi 29 Septembre 2017 – Michel Muller)

Le mercredi 4 septembre 1957 à Little Rock, dans l’Arkansas, neuf adolescents afro-américains se voient interdits d’entrer dans leur lycée par une foule de plusieurs centaines d’adultes vociférant des insultes racistes. Ce mercredi 4 septembre 1957 à Little Rock devait être un grand jour pour Elizabeth Eckford. Elle et huit autres adolescent-e-s (Ernest Green, Jefferson Thomas, Terrence Roberts, Carlotta Walls Lanier, Minnijean Brown-Trickey, Gloria Ray Karlmark, Thelma Mothershed et Melba Pattilo Beals, soit six filles et trois garçons) avaient été admis au lycée Central de la capitale de l’Arkansas – Central High School. Ce devait être le début d’une révolution dans les États du Sud où la ségrégation – un apartheid états-unien fondé sur le principe absurde « séparés mais égaux » – sévissait. Tous étaient Africains-Américains, la plus jeune avait 14 ans, et la plus âgée 16. Tout devait se passer pour le mieux : la direction du lycée avait approuvé les neuf admissions et le maire de la ville, le démocrate Woodrow Wilson Mann, était très favorable à un processus de déségrégation des établissements scolaires. Des membres de l’Association pour l’avancement des gens de couleur (NAACP), qui avaient activement participé au choix des « meilleurs » adolescents devant bénéficier d’une scolarité en lycée réservé jusque-là aux Blancs, avaient dans les jours précédents bien « formé » les neuf en leur inculquant la « non-violence ».

Ce matin-là, Elizabeth était partie seule, à la différence de ses huit camarades qui étaient accompagnés. Arrivée aux abords du lycée, elle découvre une foule de plusieurs centaines d’adultes, mais surtout des jeunes femmes comme elle, vociférant des insultes racistes. Face à elle, une rangée de gardes nationaux : ils viendraient à son secours, croyait-elle. Ils ont croisé leurs armes pour l’empêcher d’aller plus loin. Elle a dû se réfugier, sous les hurlements et les premiers coups, sur un banc, jusqu’à ce qu’une jeune femme blanche, courageuse, l’accompagne à un bus.

Tout était pourtant prêt pour écrire l’une de ces histoires de bons sentiments, où les méchants sont convaincus de leurs erreurs par les bons et tout rentre dans l’ordre. Un récit national où miraculeusement le racisme aurait été dissous par les valeurs américaines. Des États du Sud, où les lois Jim Crow institutionnalisaient le racisme, l’Arkansas était considéré comme le plus modéré. Il était donc possible d’y mettre en œuvre l’arrêt de la Cour suprême Brown v. Board of Education, du 17 mai 1954, proclamant l’inconstitutionnalité de la ségrégation scolaire. Le surintendant des écoles, Virgil Blossom, avait fait voter, le 24 mai 1955, à l’unanimité du conseil des écoles, un « plan » à long terme d’intégration scolaire « limitée ». Ce plan prévoyait certes une nouvelle carte scolaire « intégrée », mais accompagnée par « un système autorisant les élèves à se dégager de la zone scolaire à laquelle ils étaient assignés ».

« Il y avait un risque de violence et d’effusion de sang » Dans une atmosphère caractérisée par le sentiment dominant – « Je ne suis pas raciste, mais… » –, tout mouvement vers la déségrégation était perçu comme une déstabilisation. Le gouverneur Orval Faubus – un démocrate dit modéré –, pourtant favorable en un premier temps au plan Blossom, avait décrété le 2 septembre qu’il ferait appel à la garde nationale pour interdire l’accès du lycée Central aux élèves afro-américains afin de les « protéger », car « il y avait un risque de violence et d’effusion de sang ».

En revanche, le même jour, le juge fédéral Ronald Davies avait promulgué un règlement confirmant la déségrégation du lycée. Inquiété par la dimension nationale prise par l’affaire, le président Dwight D. Eisenhower a demandé au gouverneur Faubus de retirer la garde nationale. Ce qui fut fait le 22 septembre. Aussi ce fut la seule police municipale qui devait assurer la sécurité de l’entrée des neuf dans le lycée. Une première tentative échoua le 23, devant les menaces d’une foule – « Ils sont venus de partout dans le pays », raconte un témoin – prête à l’émeute. Le lendemain, Eisenhower envoie sur place 1 200 parachutistes de la 101e division et place sous l’autorité fédérale 10 000 gardes nationaux. Le 25 septembre fut le premier jour de classe des neuf. Tout au long de cette première année scolaire, malgré la présence des militaires, ils ont été victimes de harcèlement et de violences physiques.

À la rentrée 1958, le gouverneur, s’appuyant sur un vote public favorable de 19 470 votants contre 7 561, a fermé les lycées de la ville pour empêcher leur intégration. Sur injonction d’un tribunal fédéral, ils sont rouverts en août 1959. Les neuf de Little Rock étaient invités d’honneur lors de la cérémonie de prise de fonction du président Obama, le 20 janvier 2009.

LA SALLE DE BAL

Quatrième de couverture : 

Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. Si elle espère d’abord être rapidement libérée, elle finit par s’habituer à la routine de l’institution.

Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l’intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal.

Ella y retrouvera John, un « mélancolique irlandais ». Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris. À la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John.

Note de l’auteur : Quiconque connaît le West Riding, dans le Yorkshire, aura certainement reconnu l’asile où se passe La salle de bal : il se situe en périphérie du village de Menston et est connu localement sous le nom d’asile de Menston. Ce bâtiment ouvert en 1888 fut baptisé à l’origine West Riding Pauper LunaticAsylum (asile pour aliénés indigents du West Riding), puis plus tard West Riding Mental Hospital (hôpital psychiatrique du West Riding), avant de devenir en 1963 le High Royds Hospital, pour finir par fermer ses portes en 2003. Mon arrière-arrière-grand-père, John Mullarkey, un Irlandais, a été patient là-bas à partir de 1909,date à laquelle il a été transféré de l’hospice à l’asile. La découverte de son histoire m’a émue presque à la limite du supportable. Son dossier décrit un homme « déprimé » qui « a dû travailler très dur et s’est fait du souci pour son travail ». À l’époque de son admission, il était « très émacié et mal nourri ». Il ne s’est jamais remis, et est mort à l’âge de cinquante-six ans, en 1918, alors que son fils se battait sur le front de l’Ouest. Ce roman est dédié à sa mémoire.

L'auteur : Anna HOPE

Nationalité : Royaume-Uni, née à : Manchester , le 02/12/1974

Anna Hope est une actrice et écrivaine.

Elle a fait ses études à la Royal Academy of Dramatic Art à Londres, au Wadham College de l’Université d’Oxford, et est titulaire d’un MA en écriture créative de Birkbeck College à Londres en 2001. Elle commence à jouer dans de petites pièces qu’elle joue ensuite avec ses sœurs, avant de rejoindre le Octagon Youth Theatre à Bolton, à l’âge de 10 ans.

Elle est apparue dans plusieurs séries télévisée notamment « Doctor Who » (2006-2007), « Coronation Street » (2011-2012), « Meurtres en sommeil » (« Waking the Dead », 2011). « Le chagrin des vivants » (« Wake », 2014), son premier roman, est suivi de « La salle de bal » (« The Ballroom », 2016), récompensé par le grand prix des lectrices de ELLE, catégorie roman, en 2018. Après « La salle de bal », Anna Hope signe « Nos espérances » (« Expectation », 2019), un roman contemporain, une fresque générationnelle.

Mon avis :

J’étais entré dans le monde des aliénés avec le très bon roman historique de Marie Didier : « Dans la nuit du bicêtre », roman qui évoquait la vie de Jean Baptiste PUSSIN et de son rôle sur les conditions de vie des aliénés, fous furieux, insensés, etc., le début de la psychiatrie moderne.

Anna Hope nous entraîne, dans un roman également à base historique, dans un asile anglais du début du XXème siècle. Le roman est construit autour de 3 personnages principaux : Ella Fay, une jeune fille, enfermée de force pour avoir brisé une fenêtre sur son lieu de travail, John Mulligan, un Irlandais, mélancolique après la mort de sa fille et la séparation de sa femme et Charles Fuller, le médecin de l’asile, diplômé de l’École de médecine pour faire plaisir à son père, sa grande passion est la musique.

Un asile qui abrite quelques 2000 patients, indigents ou aliénés, en tout cas considérés comme tels. Quand on y entre , on y creuse sa tombe, les chances de libération sont pratiquement nulles. Les hommes sont dédiés aux travaux de la terre, les femmes exécutent des tâches à l’intérieur. Tous les vendredi à la grande joie des internés un bal est organisé. Les participants sont choisis par le Dr Fuller qui croit aux vertus de la musique pour soigner les patients jusqu’à ce qu’il adhère au principe de la stérilisation des aliénés.

Ce roman est à la fois un grand roman d’amour mais aussi un horrible portrait des conditions de vie des aliénés et du peu de considération pour ceux-ci. Une époque qui est l’objet de recherches scientifiques sur l’eugénisme, notamment défendues par Churchill qui est alors ministre de l’intérieur, et la stérilisation des aliénés pour obtenir un monde meilleur (une race supérieure !).

Un roman émouvant très bien écrit (sans doute très bien traduit), d’une écriture sensible sur un sujet dérangeant à plus d’un titre.

En marge du livre : Bals à l’asile de Sharston

Une histoire familiale et des documents trouvés sur internet ont fourni à Anna Hope le sujet de son dernier roman. En effet l’arrière-arrière-grand-père irlandais de l’écrivaine fut enfermé dans l’asile de West Riding dans le Yorkshire et c’est en consultant certaines des archives en ligne de l’institution qu’Anna Hope est tombée, entre autres images fascinantes, sur la photographie de la magnifique salle de bal qui y avait été construite pour les pensionnaires.

La salle de bal, dont l’intrigue principale est une histoire d’amour entre deux patients, est ainsi un roman qui met en scène la question des « faibles d’esprit » et des pauvres (car les deux choses sont très liées) telle qu’elle se posait au début du XXe siècle en Angleterre. À cette époque, un Winston Churchill ministre de l’intérieur s’intéressait à la meilleure manière de protéger la « race » britannique des risques de dégénérescence que faisaient peser sur elle certains secteurs de la société. Il se montrait sensible aux solutions proposées par la Société d’Eugénisme attachée à l’enfermement des « déficients mentaux » et à leur stérilisation. Le jeune politicien (il avait trente cinq ans) fut l’un des rédacteurs de la Loi sur la Déficience Mentale (Mental Deficiency Law) de 1913.

LES LIEUX SOMBRES

Quatrième de couverture : 

Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans leur ferme familiale.

Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de 15 ans. Ce fait divers émeut tout le pays, et la jeune Libby devient un symbole de l’innocence bafouée.

Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s’est jamais remise du drame, souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d’un type très particulier, elle accepte pour la première fois de revisiter les lieux sombres de son passé.

C’est là, dans un Middle West désolé, dévasté par la crise économique et sociale, qu’une vérité inimaginable commence à émerger.

« Croyez-moi si vous le voulez, je n’ai pas lu un thriller aussi perturbant depuis des années. Son effet dure longtemps-au moment d’éteindre les lumières, il est là dans votre tête comme un serpent dans une cave, obsédant et effrayant. » Stephen KING

Traduit de l’anglais par Héloïse Esquié.

L'auteur : Gillian FLYNN

Nationalité : États-Unis, née à : Kansas City, Missouri , le 24/02/1971

Gillian Flynn est une scénariste et romancière américaine, spécialisée dans le roman policier. Elle fait des études supérieures à l’Université du Kansas qu’elle poursuit à l’Université Northwestern, où elle obtient une maîtrise en journalisme.

Elle a travaillé comme critique au magazine américain Entertainment Weekly durant une dizaine d’années. Sa carrière littéraire s’amorce en 2006 avec la publication d’un premier thriller intitulé « Sur ma peau » (Sharp Objects). Le roman sera adapté en série en 2018, par Marti Noxon, avec Amy Adams et Patricia Clarkson.

« Les lieux sombres » (Dark Places, 2009), son second roman, est adapté au cinéma en 2015 par Gilles Paquet-Brenner, avec Charlize Theron.

Son troisième roman, « Les Apparences » (Gone Girl, 2012), une immersion dans l’intimité d’un couple new-yorkais partis s’installer dans le Missouri, lui a valu une reconnaissance internationale. Il a été porté au grand écran par David Fincher en 2014, avec Ben Affleck et Rosamund Pike. Gillian Flynn signe elle-même le scénario et obtient le Hollywood Screenwriter Award au Festival du film de Hollywood 2014. « Nous allons mourir ce soir » (What Do You Do ?, 2014 ou The Grownup, 2015) a obtenu le Prix Edgar Allan Poe 2015 de la meilleure nouvelle.

Mon avis :

Grosse déception.

Je ne rejoins pas les nombreuses critiques positives de ce roman. Jamais je n’ai réussi à entrer dans l’intrigue, ni à m’attacher à l’héroïne, j’ai trouvé ce roman lourd et lent avec de nombreuses descriptions superflues, peu de surprises, peu de retournements de situation.

Je n’ai pas aimé le style qui manque singulièrement de fluidité et l’ennui m’a gagné rapidement. A la moitié du livre, j’ai commencé à passer des pages pour arriver tant bien que mal à la fin de ce trop long gros roman.

C’est dommage, je me suis vraiment lassé de cette histoire malgré un scénario intéressant.

En marge du livre  : Les Lieux sombres (le Film)

8 avril 2015 / 1h 53min / Thriller, Drame, de Gilles Paquet-Brenner Avec Charlize Theron, Sterling Jerins, Nicholas Hoult

Synopsis : La famille de Libby a été assassinée et c’est son grand frère Ben qui a été inculpé des meurtres. Une tragédie qu’a tenté d’oublier la survivante lors des décennies suivantes. Sur la pression d’un groupe qui espère innocenter Ben, Libby est obligée de revivre ce drame. Au fil de son enquête, elle se replonge dans ses souvenirs, revenant à cette époque où maman avait des problèmes d’argent avec la ferme et que des crimes sataniques défrayaient régulièrement la chronique. Papa était loin d’être un enfant de choeur, tout comme Ben qui frayait avec les mauvaises personnes?

Critique Presse : « Point de vues »

https://pointdevues.net/2015/08/04/sombres-racoins-maladroitement-explores/

Du côté cinématographique, la facture est d’une si piètre qualité que je ne peux m’empêcher de dire que le rendu semble été avoir fait avec un minuscule budget. Utilisation grossière des zooms, mauvaises coupes entre les plans… les erreurs ne font que s’empiler au fil du long-métrage.

J’en suis venue à me demander s’il était seulement question d’un manque de budget ou si j’étais trop portée à comparer avec le rendu impeccable qu’avait fait Fincher avec GONE GIRL à peine un an auparavant.

Quoi qu’il en soit, le style de Paquet-Brenner ne colle pas du tout avec le genre de récit qu’est DARK PLACES, et il n’a pas réussi à s’adapter convenablement pour rendre quelque chose de potentiellement acceptable.

LE PARADIS BLANC

Quatrième de couverture : 

Quand Ernt rentre du Vietnam, sa fille Leni, dix ans, ne le reconnaît pas. Poursuivi par de terribles cauchemars, il se montre violent envers sa femme Cora.

Un jour, il reçoit une lettre du père d’un de ses amis, mort dans ses bras durant cet enfer, qui lui lègue un terrain avec un chalet en Alaska. Il se dit qu’il pourra peut-être s’y reconstruire. Avant la guerre, ils étaient si heureux…

Au coeur de l’Alaska des années 1970, une poignante saga familiale qui prend racine dans la beauté d’une nature éblouissante et sauvage.

« Quelqu’un m’a dit un jour que l’Alaska ne forgeait pas le caractère, elle le révélait. La triste vérité, c’est que l’obscurité qui peut régner en Alaska a révélé le côté obscur de mon père. Il était vétéran du Vietnam, ancien prisonnier de guerre. Nous ne savions pas alors tout ce que cela signifiait. Maintenant, nous le savons. »

Traduit de l’anglais par Matthieu Farcot.

L'auteur : Kristin HANNAH

Nationalité : États-Unis, née à : Garden Grove, Californie , le 25/09/1960

Kristin Hannah a passé son enfance dans l’État de Washington. Après des études de droit, elle a travaillé dans la publicité puis s’est consacrée à l’écriture romanesque.

Son premier livre, Pépites d’or, a paru aux États-Unis en 1991 et quatre ans plus tard en France. Parmi les dizaines de romans qu’elle a écrits, près de la moitié ont été traduits en français, comme par exemple Retour à Summer Island, Entre sœurs ou La magie du bonheur, tous publiés aux Presses de la Cité.

Elle a remporté de nombreux prix dont le Golden Heart, Maggie et le National 1996 Reader’s Choice. Kristin Hannah vit aujourd’hui dans le Pacifique Nord-Ouest avec son mari et son fils.

Mon avis :

Je me suis fait avoir, tout d’abord par le titre du roman qui ne reflète nullement l’atmosphère du roman, « l’Enfer Blanc » serait plus près de la vérité, le titre original est « The Great Alone ».

Je me suis fait avoir par les critiques de lecteurs sur Babelio qui lui ont donné une moyenne de 4,43/5, je n’ai pas remarqué qu’il s’agissait essentiellement de critiques féminines.

Je me suis fait avoir car je ne savais pas que Kristin Hannah écrivait essentiellement des romans féminins. Je n’ai rien contre les romans féminins qu’on pourrait définir par des romans écrits par des femmes pour des femmes (c’est sans doute un peu plus compliqué que cela), mais ce n’est certainement pas ce que je préfère.

Et celui-ci est vraiment très féminin, sans doute un peu trop pour moi. Une vrai saga à l’américaine, tous les ingrédients sont là pour faire chavirer les coeurs, le père vétéran du Vietnam, ancien prisonnier qui a subi la torture et qui est revenu transformé, colérique, violent, ivrogne, il bat régulièrement sa femme et pourtant il l’aime à la folie. La mère, douce et bonne, qui endure toutes les séances de coups et qui pardonne, elle aime tendrement son mari. Il y a la fille, adolescente mal dans sa peau, qui va tomber amoureuse du fils du meilleur ennemi de son père, etc. je ne vais pas dévoiler tout mais il va se passer beaucoup d’évènements pour la plupart dramatiques.

Heureusement pour moi, en toile de fond il y la nature merveilleuse de l’Alaska, et la description bien détaillée de la rude vie de ses habitants surtout l’hiver. Foncez mesdames … et messieurs, si vous aimez la guimauve, l’eau de rose et une intrigue romantico-dramatique bien ficelée, je suis sûr que ce roman vous plaira, personnellement je l’ai lu sans passion même si le destin de ses personnages est assez attachant. Devinez, « happy end » ou pas ?

: En marge du livre :Les Francais d’Alaska brisent la glace

Avec ses grands espaces, l’Alaska attire les Français aventuriers. Ils seraient une centaine à vivre dans le Grand Nord américain, principalement engagés dans le tourisme et la restauration.

Les Français en quête d’indépendance se disent souvent piqués par « le virus alaskain ». « On vient pour le tourisme ou pour une conférence, et on y reste, saisis par la beauté du paysage, la sensation extraordinaire d’espace et de liberté et la chaleur des gens, qui compense largement les basses températures », témoigne Natalie Novik, la consule honoraire installée depuis 1990 sur ces terres froides. « Il y a au moins une centaine de Français sur le territoire. Peut-être plus. C’est difficile à évaluer, parce qu’ils ont souvent la double nationalité ou ne sont pas inscrits au registre des Français de l’étranger », ajoute Natalie. C’est d’ailleurs une caractéristique des habitants de l’Alaska en général : « ils sont ici pour avoir la paix ».

Camaraderie et indépendance sont les premiers mots qui viennent à l’esprit d’Odille Bastille. Cette enseignante de mathématiques et de français à l’université de Fairbanks est arrivée ici comme bénévole sur un chantier international à l’été 1990. Elle n’est plus repartie. « Les habitants d’ici se sentent en général Alaskains avant d’être citoyens américains ou autre. Cela s’applique aussi à la communauté française. »

A Fairbanks, Odille Bastille a rallié un groupe de femmes françaises mariées à des Américains, qui se retrouvent chaque semaine. Certaines ont rencontré leur mari pendant leurs vacances en Alaska, d’autres quand ils étaient basés en France, pendant ou peu après la Deuxième Guerre mondiale. « Pour la plupart d’entre nous, ces réunions sont l’unique opportunité de parler français, notre langue maternelle, et de partager des tomates farcies, des crêpes ou d’autres plats qui n’ont aucune valeur affective pour nos conjoints anglophones. »

Pascale Burnet participe parfois à ces rencontres. Un an après des vacances « formidables », cette Française de 49 ans en quête d’espace s’est installée dans le Grand Nord en 1998. Originaire de La Plagne, dans les Alpes, cette ancienne esthéticienne a vendu son institut de beauté pour acheter un bed & breakfast à 45 kilomètres de Fairbanks, en 1998. « Quand j’ai acheté la maison, il n’y avait ni eau ni électricité, elles sont arrivées respectivement en 1999 et 2004 », se souvient-elle. Venue avec ses chiens de traîneau depuis la France, Pascale s’est lancée seule grâce à son visa investisseur. « Je suis arrivée avec ma pince à épiler, maintenant, je peux couper un arbre avec ma tronçonneuse. » Certains Français ne parviendront jamais à s’adapter. « Beaucoup arrivent directement de Houston, mutés par leur compagnie pétrolière. Pour eux, l’Alaska n’est pas un choix et ils cherchent en général à en partir le plus vite possible », raconte Natalie Novik, à qui l’on fait souvent appel en cas de cafard ou de grosse panique.

LE GRAND CAHIER

Quatrième de couverture : 

Dans la Grande Ville qu’occupent les Armées étrangères, la disette menace. Une mère conduit donc ses enfants à la campagne, chez leur grand-mère. Analphabète, avare, méchante et même meurtrière, celle-ci mène la vie dure aux jumeaux. Loin de se laisser abattre, ceux-ci apprennent seuls les lois de la vie, de l’écriture et de la cruauté.

Abandonnés à eux-mêmes, dénués du moindre sens moral, ils s’appliquent à dresser, chaque jour, dans un grand cahier, le bilan de leurs progrès et la liste de leurs forfaits.

Le Grand Cahier nous livre une fable incisive sur les malheurs de la guerre et du totalitarisme, mais aussi un véritable roman d’apprentissage dominé par l’humour noir.

« Nous ne voulons plus rougir ni trembler, nous voulons nous habituer aux injures, aux mots qui blessent »

« Un roman magnifique sur le déracinement, la séparation, l’identité perdue et les destins brisés dans l’étau totalitaire – L’Express »

L'auteur : Agota KRISTOF
Agota KRISTOF

Nationalité : Hongrie, née à : Csikvánd (Hongrie) , le 30/10/1935, décédée à : Neuchâtel (Suisse) , le 27/07/2011

Agota Kristof (en hongrois Kristóf Ágota) est une écrivaine hongroise d’expression francophone. Elle vit en Suisse. À l’âge de 21 ans, Agota Kristof quitte son pays, la Hongrie, alors que la révolution des Conseils ouvriers de 1956 est écrasée par l’armée soviétique. Elle, son mari et leur fille âgée de 4 mois s’enfuient et s’installent à Neuchâtel en Suisse. Son œuvre est marquée par cette migration forcée.

Elle travaille tout d’abord dans une usine, avant de devenir écrivain dans sa langue d’adoption, le français. Dramaturge à ses débuts, elle va connaître un grand succès avec sa trilogie, parue au Seuil, racontant l’histoire de jumeaux, traduite dans de nombreuses langues. Elle a reçu le Prix du Livre européen pour le premier tome, Le Grand Cahier, en 1987 et le Prix du Livre Inter, pour le troisième, Le Troisième Mensonge, en 1992. Le deuxième tome a pour titre : La Preuve.

En 1995, paraît son dernier roman : Hier, aux éditions du Seuil. En 1997 et en 2007, toujours aux éditions du Seuil, sont publiés deux recueils de pièces de théâtre, respectivement : L’Heure grise et Le Monstre et autres pièces. Elle a publié en 2004 aux éditions ZOÉ un récit autobiographique : L’Analphabète et aux éditons du Seuil un recueil de textes anciens inédits : C’est égal.

Lauréate de maintes récompenses, elle a notamment obtenu: – Le prix Schiller, en 2005. – Le prix autrichien pour la littérature européenne pour l’ensemble de son œuvre, en 2008. – Un des prix Kossuth, le plus important de l’État hongrois pour les arts et la science, en 2011. Mère de trois enfants et deux fois divorcée, elle s’éteint à 75 ans dans la ville où elle avait trouvé exil. Ses cendres ont été transférées dans son pays d’origine, la Hongrie, dans la ville de Kőszeg, où elle a vécu une partie de sa jeunesse. Le fonds d’archives d’Agota Kristof se trouve aux Archives littéraires suisses à Berne.

Mon avis :

« Le Grand Cahier » est le premier tome de « La Trilogie des jumeaux ». Voilà un roman à nul autre pareil, à la fois attachant, dérangeant et bouleversant. Un roman dans lequel les personnages n’ont pas de nom, c’est la mère, la grand mère, les jumeaux, le cordonnier, le curé, la servante du curé, la voisine, l’officier, l’ordonnance, etc. non plus les lieux, c’est la petite ville, la grande ville, la frontière. Le pays non plus n’est pas nommé, on peut imaginer que c’est la Hongrie qui est envahie par un pays étranger, » les envahisseurs », on peut penser que c’est l’Allemagne et qui est libérée par « les libérateurs », sans doute la Russie.

C’est la guerre, une maman mère de deux garçons jumeaux d’un dizaine d’années les conduit chez leur grand mère avec qui elle n’a plus de contact depuis une dizaine d’années, l’accueil est plus que glacial. La grand mère surnommée la sorcière dans le village est sale, acariâtre, méchante et avare, elle finit par accepter les jumeaux mais ils devront mériter leur nourriture par des travaux. Ces « fils de chienne » ne sont pas les bienvenus.

Les narrateurs du récit sont les jumeaux qui écrivent dans un grand cahier tous leurs faits et gestes. Ce sont des garçons extrêmement intelligents, de véritables complices, tout le récit est à la première personne du pluriel, Nous, qui reflète parfaitement leur entente. Ils vont prendre en charge eux-mêmes leur éducation, lecture, écriture, étude mais aussi se forger un caractère exceptionnel, ils s’imposent des exercices d’endurcissement du corps, d’endurcissement de l’esprit, de la faim, de la souffrance, des émotions, etc. Ces jeunes garçons deviennent véritablement inhumains, monstrueux, plus aucune émotion, plus aucun scrupule, même la mort ou tuer les laisse de marbre.

Comme ce sont eux les narrateurs, le style est simple, aucune fioriture, aucune émotion ne transpire du récit, de courtes phrases mais plutôt cinglantes, de courts chapitres n’excédant pas 3 pages, un roman coup de poing. Une enfance marquée par la guerre, par la misère, par la cruauté, par la famine, une série de personnages qui sont loin d’être des exemples, la voisine zoophile, le curé pédophile, l’officier masochiste, la servante urophile, pas étonnant que ces deux garçons ont perdu tous les repères de la vie « humaine ». Un roman glaçant, un final inattendu et l’envie malgré tout de découvrir les tomes 2 et 3, que vont devenir ces petits monstres.

Extrait : Exercice d’endurcissement de l’esprit.

Grand-mère nous dit : – Fils de chienne ! Les gens nous disent : – Fils de Sorcière ! Fils de pute !

D’autres disent : – Imbéciles ! Voyous ! Morveux ! Ânes ! Gorets ! Pourceaux ! Canailles ! Charognes ! Petits merdeux ! Gibier de potence ! Graines d’assassin !

Quand nous entendons ces mots, notre visage devient rouge, nos oreilles bourdonnent, nos yeux piquent, nos genoux tremblent. Nous ne voulons plus rougir ni trembler, nous voulons nous habituer aux injures, aux mots qui blessent. Nous nous installons à la table de la cuisine l’un en face de l’autre et, en nous regardant dans les yeux, nous disons des mots de plus en plus atroces. L’un : – Fumier ! Trou du cul ! L’autre : – Enculé ! Salopard ! Nous continuons ainsi jusqu’à ce que les mots n’entrent plus dans notre cerveau, n’entrent même plus dans nos oreilles. Nous nous exerçons de cette façon une demi-heure environ par jour, puis nous allons nous promener dans les rues.Nous nous arrangeons pour que les gens nous insultent, et nous constatons qu’enfin nous réussissons à rester indifférents.

Mais il y a les mots anciens. Notre Mère nous disait : -Mes chéris ! Mes amours ! Mon bonheur ! Mes petits bébés adorés ! Quand nous nous rappelons ces mots, nos yeux se remplissent de larmes. Ces mots, nous devons les oublier, parce que, à présent, personne ne nous dit des mots semblables et parce que le souvenir que nous en avons est une charge trop lourde à porter. Alors, nous recommençons notre exercice d’une autre façon. Nous disons : – Mes chéris ! Mes amours ! Je vous aime… Je ne vous quitterai jamais… Je n’aimerai que vous… Toujours… Vous êtes toute ma vie… À force d’être répétés, les mots perdent peu à peu leur signification et la douleur qu’ils portent en eux s’atténue.

: En marge du livre : Le film "Le Grand Cahier"

Le Grand Cahier (en hongrois : A nagy füzet) est un film dramatique franco-germano-austro-hongrois coécrit et réalisé par János Szász et sorti en 2013.

Synopsis

Les Nazis sont entrés en Hongrie et la guerre fait rage dans les grandes villes. Pour l’éviter, une femme dépose ses jumeaux de 13 ans chez leur grand-mère, qu’ils ne connaissent pas, à la campagne. Celle-ci, vieille femme méchante, sale et avare, les admet tout juste chez elle. Les deux enfants, livrés à eux-mêmes, vont apprendre à surmonter le froid, la faim et les cruautés quotidiennes dans un pays dévasté.

Afin de se protéger, les jumeaux vont rejeter toute morale voire toute valeur et, bien malgré eux, se construire les leurs pour tenter de survivre…Le « Grand Cahier » est celui dans lequel les deux enfants s’astreignent à rédiger avec la plus grande objectivité possible leurs découvertes et leurs apprentissages. D’après le roman d’Agota Kristof

Critiques

Première par Bernard Achour : L’âpre et superbe roman d’Agota Kristof avait tout pour tomber dans le piège de l’adaptation « grand public ». Miracle : le chemin de croix de ces petits jumeaux confrontés à l’abandon, la guerre, la survie et l’horreur du monde percute le regard et l’esprit avec une radicalité qui ne pâtit d’aucune concession. De la douloureuse magie de l’enfance (splendide attaque aérienne tout en ombres projetées) à la mort regardée en face, de la malédiction presque mythologique qui poursuit les héros à la glaçante échappée finale, le choc est redoutable.

Pariscope par Arno Gaillard : Avec une mise en scène maîtrisée, une intelligente utilisation des effets spéciaux et une très belle lumière, Janos Szasz, en adaptant le roman d’Agota Kristof, nous entraîne dans le cauchemar et la brutalité de la guerre. Pour se protéger de la bête immonde et de sa barbarie, ces deux enfants vont devenir eux aussi des monstres. Et c’est bien là le plus grand carnage de cette histoire, faire de l’innocence une sauvagerie.

HUNTER

Quatrième de couverture : 

Si vous croisez sa route, ne vous arrêtez surtout pas. Plus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son oeuvre ?

Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim’s Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues. Pilgrim’s Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c’est qu’il n’est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.

L'auteur : Roy BRAVERMAN
Roy BRAVERMAN

Nationalité : France, né à : Meudon , le 13/08/1949 Roy Braverman est le pseudonyme de Ian Manook, sous lequel l’auteur a écrit Hunter, son roman publié en 2018 aux éditions Hugo Thriller.

Patrick Manoukian est un journaliste, éditeur et écrivain. Il a écrit sous les pseudonymes de Manook, Paul Eyghar, Ian Manook et Roy Braverman. Grand voyageur, dès l’âge de 16 ans, il parcourt les États-Unis et le Canada, pendant 2 ans, sur 40 000 km en autostop. Après des études en droit européen et en sciences politiques à la Sorbonne, puis de journalisme à l’Institut Français de Presse, il entreprend un grand voyage en Islande et au Belize, pendant quatorze mois, puis au Brésil où il séjournera treize mois de plus. De retour en France au milieu des années 1970, il devient journaliste indépendant et collabore à Vacances Magazine et Partir, ainsi qu’à la rubrique tourisme du Figaro.

Journaliste à Télémagazine et Top Télé, il anime également des rubriques « voyage » auprès de Patrice Laffont sur Antenne 2 et de Gérard Klein sur Europe 1. Il devient ensuite rédacteur en chef des éditions Télé Guide pour lesquelles il édite, en plus de leur hebdomadaire, tous les titres jeunesse dérivés des programmes télévisés : Goldorak, Candy, Ulysse 31. Patrick Manoukian écrit en 1978 pour les éditions Beauval deux récits de voyage : « D’Islande en Belize » et « Pantanal ».

En 1987, il crée deux sociétés : Manook, agence d’édition spécialisée dans la communication autour du voyage, et les Éditions de Tournon qui prolongent son activité d’éditeur pour la jeunesse (Denver, Tortues Ninja, Beverly Hill, X-Files…). De 2003 à 2011, sous le pseudonyme de Manook, il signe les scenarios de plusieurs bandes dessinées humoristiques aux éditions Semic et Hugo & Cie. Son roman pour la jeunesse « Les Bertignac : L’homme à l’œil de diamant » (2011), signé sous le nom de Paul Eyghar, obtient le Prix Gulli 2012. En 2013, il signe du pseudonyme de Ian Manook un roman policier intitulé « Yeruldelgger ». Les aventures du commissaire mongol éponyme lui ont valu pas moins de seize prix dont le Prix SNCF du polar 2014. Lesdites aventures se poursuivent dans « Les Temps sauvages », paru en 2015 et récompensé par un nouveau prix et « La Mort nomade » (2016).

Mon avis :

J’avais envie de lire un bon thriller, pas trop conventionnel, et le choix ne manque vraiment pas. Après divers recoupement, j’ai choisi Hunter dont la cote est de 4 sur babelio ce qui normalement est un gage de qualité. Le roman commence un peu méli mélo, qui est qui, qui poursuit qui, pourquoi mais rapidement les questions sont levées et ça démarre à cent à l’heure.

Le récit est surprenant, rapide, pas le temps de s’ennuyer sauf qu’à la moitié du livre on connaît l’identité du tueur en série, le suspens a disparu, il reste à voir comment il sera découvert et comment ça va finir. Ensuite le récit devient incohérent, truffé d’invraisemblance, de grosses ficelles, de hasards qui tombent à point, d’incohérences, …. de qui se moque t-on ?

Tout n’est pas à jeter, ceux qui aiment les romans noirs habités de personnages « typiques » seront comblés, le vieux flic black, le shérif et son frère simplet, la droguée obsédée sexuelle, le sang-mêlé, etc. J’ai terminé ce roman sans passion avec une amère déception, je ne suivrai pas Hunter dans la suite de ses aventures.

: En marge du livre : Les plus célèbres cas de séquestration de femmes ces dernières années

La découverte dans une maison de Cleveland (Etats-Unis) de trois jeunes femmes enlevées et maintenues en captivité par 3 frères depuis une dizaine d’années, rappelle d’autres cas célèbres de femmes séquestrées pendant plusieurs années.

ETATS-UNIS: Le 26 août 2009, Jaycee Dugard, 29 ans, est retrouvée « en bonne santé » dans le jardin d’une maison de la région de San Francisco, après avoir été séquestrée par un couple pendant 18 ans et avoir eu deux enfants en captivité avec son ravisseur. Elle avait été enlevée le 10 juin 1991, à l’âge de 11 ans, sous l’oeil de son beau-père, alors qu’elle attendait le bus, par Phillip Garrido qui circulait en voiture. Phillip et Nancy Garrido ont été condamnés à la prison à perpétuité. L’affaire avait jeté un discrédit sur l’appareil judiciaire californien car pendant la séquestration, Garrido était sous contrôle judiciaire pour une précédente affaire de viol. L’Etat californien a accordé à la victime 20 millions de dollars de dommages et intérêts.

En juin 2002, à Salt Lake City (Utah, ouest), Elizabeth Smart, 14 ans est enlevée en pleine nuit par un homme armé dans la chambre qu’elle partageait avec sa petite soeur. L’adolescente, séquestrée et violée de façon répétée pendant neuf mois, a été retrouvée en mars 2003 à une vingtaine de km de sa maison.

Son ravisseur, Brian David Mitchell, a été condamné en mai 2011 à la prison à perpétuité.

AUTRICHE : Le 23 août 2006, Natascha Kampusch, âgée de 18 ans, est retrouvée, errant dans les rues des environs de Vienne, après s’être échappée du réduit souterrain où son ravisseur l’avait séquestrée pendant huit ans. La jeune Autrichienne avait été enlevée le 2 mars 1998 sur le chemin de l’école, dans la banlieue de Vienne, alors qu’elle avait dix ans, par un déséquilibré de 35 ans, Wolfgang Priklopil. Son geôlier s’est suicidé le jour même de sa réapparition, en se jetant sous un train.

Toujours en Autriche, Elisabeth Fritzl a été séquestrée et violée pendant 24 ans par son père, Josef Fritzl, dans la cave de la maison familiale à Amstetten, à 150 km à l’ouest de Vienne. L’affaire a éclaté en avril 2008, avec l’hospitalisation de l’un des sept enfants de la relation incestueuse qu’il a eue avec sa fille. Josef Fritzl a été condamné à la prison à vie et placé en internement psychiatrique pour la séquestration et le viol de sa fille, ainsi que pour le meurtre d’un bébé né de l’inceste.

ITALIE, juin 2008, dans une bourgade proche de Caserte, dans la région de Naples, Maria Monaco, 47 ans, séquestrée pendant 18 ans dans une chambre par sa famille en guise de punition pour avoir eu un enfant hors mariage, est libérée par les carabiniers, suite à un appel anonyme. Elle avait été séquestrée par sa mère, sa soeur et son frère depuis 1990, après qu’ils eurent appris qu’elle était enceinte d’un homme dont elle a toujours tu le nom. Le fils illégitime, âgé de 17 ans et demi, vivait normalement et était scolarisé au moment de la découverte de sa mère, qui, elle, vivait dans des conditions sanitaires épouvantables et souffrait de troubles psychiques.

JAPON, en janvier 2000, une jeune fille a été retrouvée par hasard, après plus de neuf ans de séquestration. Elle avait été enlevée en novembre 1990, à l’âge de neuf ans, sur le chemin de l’école, puis séquestrée dans une chambre au second étage de la maison de son ravisseur, dans la région de Niigata (nord-ouest). La jeune recluse, dont l’identité n’a pas été révélée, fut découverte par des ambulanciers venus chercher son ravisseur pour le placer en milieu hospitalier à la demande de la mère de ce dernier, qui trouvait son comportement « étrange ». Il a été condamné en 2003 à 14 ans de prison.