LA CONSTANCE DU PRÉDATEUR

Quatrième de couverture : 

Ils l’ont surnommé Charon, le passeur des morts. De son mode opératoire, on ignore tout, sauf sa signature, singulière : une tête d’oiseau. Il n’a jamais été arrêté, jamais identifié, malgré le nombre considérable de victimes qu’il a laissées derrière lui. Jusqu’à ce que ses crimes resurgissent du passé, dans les profondeurs d’une mine abandonnée…

Plongez avec Ludivine Vancker dans le Département des Sciences du Comportement, les profilers, jusque dans l’âme d’un monstre.

« Un thriller assez gore aux multiples rebondissements qui, on en est certain, ne laissera personne indemne. » Le Journal de Quebec

 » La Constance du prédateur est un polar pur et simple. Bien que, comme souvent avec ce monsieur, l’horreur absolue n’est jamais loin (et c’est ça qu’on aime). Que ce soit à travers le prologue ou dans le ton même du roman, on flirte constamment avec l’atrocité, quand on n’y plonge pas la tête la première. » Lemagducine

 » Un excellent thriller. » Le Parisien Week-End

Éditions Albin Michel 2022

L'auteur : Maxime CHATTAM

J’avais eu l’occasion de présenter l’auteur lors de ma publication concernant « La promesse des ténèbres » un roman qui ne m’avait pas emballé. https://mesamisleslivres350309527.wordpress.com/2015/09/30/la-promesse-des-tenebres/

Mon avis : 

Âmes sensibles s’abstenir !

Maxime Chattam nous entraîne dans la traque d’un tueur en série, un tueur psychopathe, pervers, sadique de la pire espèce. C’est l’héroïne de ses précédents romans qui a été mutée au « Département de Sciences du Comportement », Ludivine Vancker qui est en première ligne avec sa cheffe Lucie Torrens. Une équipe féminine de profileuses qui tente de comprendre pourquoi et comment ce tueur a assassiné 17 femmes et les a abandonnées dans une mine désaffectée dans une mise en scène bien particulière.

L’auteur nous livre une analyse minutieuse de la psychologie des personnages, de telle sorte qu’il nous emmène véritablement dans la peau et dans la tête de « l’ordure », du mal ainsi que dans le vécu des policières. Le contexte est effrayant, nous découvrons l’humain dans ce qu’il a de plus pourri, de plus pervers, de plus sadique, l’origine du mal est certes une des questions que se pose l’auteur.

Un roman noir, très noir, très bien maîtrisé par l’auteur qui nous livre un récit sans temps mort, sans invraisemblance, un récit aux nombreux rebondissements et qui tient en haleine jusqu’au bout. Autant j’avais été déçu de « La promesse des ténèbres » autant j’ai été emballé par ce roman très bien ficelé.

En marge du roman : Les « profileurs » de la gendarmerie, dans la tête des tueurs. Le Monde, publié le 26 février 2014 :  

Une unité de sept analystes du comportement, unique en France, travaille chaque année sur une quarantaine de crimes, des plus sordides aux plus mystérieux.

Un homme retrouvé mort, une bouteille de whisky logée dans le corps; un septuagénaire assassiné dans un village du Sud-Ouest, la langue et le cœur arrachés; un veilleur de nuit transpercé de douze coups de couteau en Haute-Vienne… Dans l’enceinte du fort de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), sept gendarmes d’un genre particulier sont en alerte. Dans les heures qui suivent la découverte d’une affaire hors normes, trois d’entre eux se transportent aussitôt sur la scène de crime. Ils travaillent en silence, et le plus rapidement possible, afin d’éviter d’être influencés par les enquêteurs. Leur mission : se mettre dans la tête du tueur. On les appelle les «profileurs».

L’analyse comportementale, communément appelée «profiling» ou «profilage criminel», est née dans les années 1960 aux Etats-Unis. Longtemps méconnue des procédures françaises, elle a depuis 2002 sa propre unité au sein de la gendarmerie: le département des sciences du comportement (DSC). Il est composé de sept officiers de police judiciaire: quatre analystes du comportement – toutes des femmes – ayant suivi un double cursus de droit et de psychologie, et trois référents police judiciaire, des enquêteurs qui intègrent le département par roulement.

Cette unité d’experts, unique en France, est saisie chaque année d’une quarantaine d’affaires, des plus sordides aux plus mystérieuses, qui répondent à une liste de «critères d’urgence» évocateurs: «introduction d’objets», «inscriptions sur le corps», «ablation de membres ou d’organes», «scarifications», «indices de présomption de sérialité», «minorité de la victime»… Toutes ont un point commun: «Auteur inconnu». «On nous appelle rarement quand il y a un bel ADN», résume le capitaine Marie-Laure Brunel-Dupin, 37 ans, fondatrice et responsable du DSC.

Sur la scène de crime, la différence d’approche entre enquêteurs traditionnels et analystes comportementaux tient dans l’objet de leur quête. Là où les enquêteurs chercheront indices, empreintes et autres tickets de pressing susceptibles de les mener à un suspect, les profileurs tenteront de déceler l’expression d’un comportement et l’esquisse d’une personnalité.

«Nous aidons les enquêteurs à trouver le comportement non criminel qui correspond à cette expression criminelle, explique le capitaine Brunel-Dupin. On a besoin de marcher où l’auteur a marché, pour tenter de comprendre la dynamique de la scène de crime. On refait les observations des enquêteurs, mais en se mettant dans la tête du criminel. Les enquêteurs font naturellement de l’analyse comportementale, mais sans protocole. Nous, on arrive avec un autre regard, d’autres questionnements.»

SEUL CONTRE TOUS

Quatrième de couverture : 

Il suffit parfois de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment pour voir basculer le cours de sa vie… Si Danny Cartwright avait demandé Beth Wilson en mariage un jour plus tôt, ou un jour plus tard, il n’aurait ainsi jamais pu être accusé du meurtre de son meilleur ami. Mais quand les quatre témoins de l’accusation sont un avocat, un acteur à succès, un aristocrate et le plus jeune associé d’une prestigieuse agence immobilière, qui pourrait bien croire à la version des faits d’un garagiste de l’East End ?

Danny est donc condamné à vingt-deux années d’emprisonnement dans le quartier de Haute sécurité de la prison de Belmarsh, duquel personne ne s’est jamais échappé. Seulement, ses adversaires ont tous sous-estimé le désir de revanche du jeune homme et la farouche détermination de sa fiancée à faire entendre justice…

« Par l’auteur aux 270 millions de fans ».

Collection Le Livre de Poche (n° 31761) Parution : 03-2008 – traduit de l’anglais par Marianne Thirioux

L'auteur : Jeffrey ARCHER

Nationalité : Royaume-Uni, né à : Londres , le 15/04/1940

Jeffrey Howard Archer, le baron Archer de Weston-super-Mare est un écrivain, romancier et nouvelliste, dramaturge et ancien homme politique britannique.

En 1951 il décroche une bourse d’étude au Wellington School de Somerset. Plus tard, il travaille comme professeur d’éducation physique au Dover College dans le Kent. De 1963 à 1966, il fait ses études au Brasenose College à l’Université d’Oxford, où il a été président du Oxford University Athletics Club, et commence une carrière en politique en tant que conseiller pour le Parti conservateur au Greater London Council (1967-1970).

En 1969, à l’âge de 29 ans, Archer est élu député de la circonscription de Louth dans le Lincolnshire. En 1974, victime d’un stratagème d’investissement frauduleux impliquant une compagnie canadienne, il démissionne. Ruiné et endetté, il écrit son premier livre, « La main dans le sac » (« Not a Penny More, Not a Penny Less », 1974), inspiré de ses mésaventures d’actionnaire floué, qui se vend dans le monde entier. Il sera suivi de bien d’autres best-sellers tels que « Seul contre tous » (« A Prisoner of Birth », 2008), prix Polar international de Cognac, « Le Sentier de la gloire » (« Paths of Glory », 2009), prix Relay du roman d’évasion 2010, ou encore la trilogie « Kane et Abel » (1979, 1982, 1986) et la série « Chronique des Clifton » (« Clifton Chronicles », 2011-2016).

Traduits dans le monde entier, ses livres se sont écoulés à plus de 270 millions d’exemplaires (en 2016) dans le monde et figurent régulièrement en tête des meilleures ventes dans différents domaines (fiction, nouvelles et non-fiction). La carrière politique d’Archer s’est rétablie dans les années 1980. Il a été nommé vice-président du Parti conservateur par Margaret Thatcher en septembre 1985. Mais sa carrière est parsemée de plusieurs scandales et controverses. Elle prend fin quand, en 2001, il est reconnu coupable de parjure dans une de ces affaires (1987), condamné à quatre ans d’emprisonnement et emprisonné. Il a été libéré en 2003. En prison, il a écrit ses mémoires en trois volumes, « A Prison Diary » (2002-2004). Il est membre du Parlement britannique pour le Parti conservateur et devint pair à vie en 1992.

Mon avis : 

Ce roman a obtenu le « Prix Polar international » en 2008 et pourtant il ne s’agit pas vraiment d’un polar, il n’y est pas question ou si peu d’une enquête policière, serait-ce un thriller ?, pas vraiment non plus, même si le suspens est constant, ce n’est pas trop angoissant, personnellement je trouve que c’est un vrai roman d’amour dans un cadre mêlant injustice et vengeance.

Jeffrey Archer sait raconter de longues histoires, je m’en étais déjà rendu compte dans « Kate et Abel », une saga dont j’ai parlé en 2015 et que je dois dire j’avais un peu oublié. Ce romancier a l’art d’entretenir le suspens, chapitre après chapitre on a envie de lire la suite, de découvrir la finalité de l’intrigue même si on s’en doute un peu.

Soyons réaliste, c’est assez invraisemblable, c’est assez gros mais ça fonctionne à la perfection. Danny, mécanicien de garage analphabète, est accusé de l’assassinat de son meilleur ami; les véritables coupables, 4 amis de longue date, les mousquetaires, se parjurent lors du procès et se couvrent l’un l’autre. Notre pauvre ami est condamné à 22 ans de prison au grand dam de sa fiancée enceinte et de son avocat qui n’auront de cesse de défendre son honneur.

En prison, Danny apprend à lire et à écrire en 2 temps 3 mouvements avec l’aide d’un codétenu avec qui il partage sa cellule. Il ira même jusqu’à réussir son bac et une licence universitaire, excusez du peu ! Emprisonné à Belmarsh une prison d’où l’on ne s’évade jamais, notre héros va pourtant réussir à s’en échapper de manière assez rocambolesque. Vous l’aurez deviné, c’est le roman populaire par excellence, idéal pour les longues soirées hivernales au coin du feu ou pour les vacances. Un roman où on ne se prend pas la tête mais qu’il n’est pas évident de laisser sur le côté tant l’auteur est maître de son sujet, de sa construction et de son art d’entretenir le suspens. Un roman peuplé d’avocats brillants, de personnalités intelligentes et fragiles, d’aristocrates avides, de banquiers suisses, de philatélistes collectionneurs, de bons, de mauvais, d’amitié, de haine, de vengeance et surtout d’amour.

Un roman très british dans un style qui m’a fait penser à Ken Follett. Un grand plaisir de lecture.

LE JOURNAL DE MA DISPARITION

Quatrième de couverture : 

Il y a huit ans, Malin, alors adolescente, a découvert une fillette enterrée dans la forêt de Ormberg, une ville suédoise isolée. On n’a jamais pu identifier la petite victime. Devenue une jeune flic ambitieuse, Malin est affectée auprès de Hanne, la célèbre profileuse, et de l’inspecteur Peter Lindgren qui reprennent l’affaire.

Mais Peter disparaît du jour au lendemain, et Hanne est retrouvée blessée et hagarde dans la forêt. L’unique témoin est un adolescent qui erre dans les bois. Sans le dire à personne, celui-ci récupère le journal que Hanne a laissé tomber et se met à le lire, fasciné… Désormais seule dans son enquête, Malin est appelée sur les lieux du tout premier crime : une nouvelle victime a été découverte. Et si tous ces faits étaient tragiquement liés ?

Collection Le Livre de Poche (n° 35270) Parution : 03-2022 – traduit du suédois par Anna Postel

« Une intrigue de haute volée, bourrée de rebondissements. Même à quelques pages de la fin… » Janik Le Caïnec, Ouest France.

L'auteur : Camilla GREBE

Nationalité : Suède, née à : Älvsjö , le 20/03/1968

Camilla Grebe est une romancière suédoise.

Titulaire d’un master en administration des affaires (MBA) de Handelshögskolan i Stockholm, une école de commerce, elle fonde la maison d’éditions Storyside, spécialisée dans le livre audio. Elle y cumule les fonctions de directrice du marketing et de directrice générale, puis dirige une société de conseil.

En 2009, elle écrit, en collaboration avec sa sœur Åsa Träff (1970), psychiatre spécialisée dans les troubles neuropsychiatriques et de l’anxiété, « Ça aurait pu être le paradis » (« Någon sorts frid »), un roman policier qui se déroule dans le milieu des cliniques psychiatriques. Avec ce roman elles sont saluées comme les nouvelles voix du polar scandinave. En 2015, elle a publié « Un cri sous la glace » (« Älskaren från huvudkontoret »), son premier roman en solo. Elle enchaînera avec « Le Journal de ma disparition » (« Husdjuret », 2017), « L’Ombre de la baleine » (« Dvalan », 2018) puis « L’Archipel des larmes » (« Skuggjägaren », 2019).

Elle a obtenu deux fois le Prix du meilleur roman policier suédois, remis annuellement par la « Svenska Deckarakademin » (Académie suédoise du roman policier) depuis 1982 : en 2017 pour « Le Journal de ma disparition » et en 2019 pour « L’Archipel des larmes » ! Elle a écrit cinq polars avec sa sœur (2009-2015) et trois autres (2013-2016) avec l’un de ses amis, le financier Paul Leander-Engström (1966), dont « Dirigenten från Sankt Petersburg » (2013), adapté en série télévisée en 2018.

Mon avis : 

La qualité des auteurs suédois de polars et autres thrillers est reconnue, la liste est longue, la réputation des Åsa Larsson, Camilla Läckberg, Henning Mankell, Åke Edwardson, Stieg Larsson, etc. n’est plus à faire. A cette ébauche de liste vous pouvez franchement ajouter Camilla Grebe.

L’auteure situe son intrigue dans une petite ville isolée appelée Ormberg, une ville en pleine décrépitude, les industries ont disparu, la scierie a fermé ses portes, l’usine métallurgique ainsi que l’industrie textile ne sont plus que des friches industrielles. C’est dans un climat de désœuvrement complet que l’enquête se déroule, le ton est donné. De plus la mairie a ouvert un centre d’accueil pour migrants très mal vu de la population, il n’y a évidemment qu’un pas pour mettre sur le dos de ces réfugiés tous les crimes non élucidés.

Camilla Grebe a le don de ménager le suspens, elle nous propose un scénario aux rebondissements multiples, les personnages sont bien décrits, certains en proie au doute, d’autres à la souffrance, soit incompris. Elle parvient aussi à traiter des sujets délicats tels que la crise sociale, l’immigration, la xénophobie ou encore la transsexualité sans alourdir son récit qui reste passionnant du début à la fin. Petit bémol, à la moitié du livre en fonction des indices distillés à gauche ou à droite, et du peu de suspects possibles, on se doute de l’identité de l’assassin mais ses mobiles qui restent à découvrir ainsi que le mode opératoire feront que le suspens demeure entier jusqu’au dénouement final. Un roman bien construit, sans invraisemblance, un bon moment de lecture. Merci Arlette !!

En marge du roman : : " En Suède, la méfiance vis-à-vis des migrants s'intensifie" 

Euronews par Isabel Marques da Silva & Yolaine de Kerchove (traduction) • Mise à jour: 12/01/2023

Apprendre la langue, obtenir des informations sur les services sociaux, le logement et l’emploi, voilà ce que recherchent les migrants et les réfugiés au centre d’accueil de Caritas à Stockholm. Le pays nordique a une longue tradition d’accueil des étrangers, mais quelque chose a changé.

« La plupart des enquêtes montrent qu’environ 60% de la population était positive à l’égard de la migration jusqu’à il y a quelques années. Et puis tout a changé. Et cela est dû en partie au discours négatif des dirigeants politiques. Il s’agit de relier la migration à la criminalité et à ce qui ne va pas dans la société et de rendre les migrants et les migrations responsables de tout », explique George Joseph, Directeur général de Caritas Suède. En Suède, deux millions de personnes sont nées à l’étranger, soit environ 20 % de la population. Environ 600 000 d’entre eux ont leur propre entreprise et contribuent à l’économie, selon Caritas, mais ils sont aujourd’hui confrontés à de plus en plus de méfiance.

Julius Ntobuah travaille chez Caritas Suède pour aider les personnes handicapées : il est arrivé du Cameroun il y a 8 ans et a vu comment le pays a fermé ses portes. « Je pense que nous savons tous qu’avec le nouveau gouvernement en place, c’est comme : « Au revoir ! » La Suède est pleine, nous ne voulons pas plus de monde. Ce qui est malheureux car nous étions un pays très accueillant et généreux. Mais au fur et à mesure que le temps passe, les lois sur l’immigration deviennent de plus en plus dures. Et, oui, c’est malheureux. Je vous conseille de ne pas venir, parce que ce n’est pas plus accueillant d’être ici ». Le nouveau gouvernement suédois de droite a signé un accord de coopération parlementaire avec le parti d’extrême droite, les Démocrates de Suède. Cela implique une position dure sur la migration : Stockholm n’a pas l’intention de promouvoir, au cours de son semestre de présidence de l’UE, le Pacte européen sur les migrations et l’asile, qui vise à renforcer la gestion commune et la solidarité.

Un trop grand nombre de migrants pourrait également faire baisser les salaires, avertit Johan Pehrson, le ministre suédois de l’Emploi et de l’Intégration. « Il faut rester à un niveau socialement acceptable, avec des salaires décents, conformément aux réformes que nous avons introduites en Suède pour être sûrs que les gens travaillent pour un salaire décent. » « Malgré le fait qu’il y aura des pressions du Parlement européen et de certains États membres, notamment l’Italie, le gouvernement suédois ne fera pas de la migration une priorité. Il en discutera déjà lors du prochain sommet européen, mais les décisions devraient être prises pendant la présidence espagnole, au second semestre. « , signale la journaliste Isabel Marques da Silva.

LA GRANDE ÉPREUVE

Quatrième de couverture : 

Dans une ville de la province française, la tragédie attire comme un aimant cinq destins qui auraient pu ne jamais se croiser. Vétéran de la guerre d’Algérie, le père Georges s’arc-boute à sa foi au sein d’une Église qui s’étiole. La belle Agnès, elle, a choisi d’entrer dans les ordres, au grand dam de ses parents. Flic à la BRI, Frédéric est résolu à l’action et au silence pour préserver sa vie privée. David, adopté dans son enfance par un couple sans histoires, s’interroge sur ses origines. Quant au jeune Hicham, le goût du risque et de la frime finit par le conduire en prison. Des remarques blessantes, de mauvaises rencontres. Une emprise croissante de l’islamisme et une colère de plus en plus radicale. Et tout se précipite.

Collection Folio (n° 7083) Parution : 26-05-2022

« Le récit d’Etienne de Montety ne condamne pas, mais cherche à remonter aux sources de la révolte suicidaire de gamins déracinés. » Bibliobs

« La grande épreuve : un titre un peu terne pour un roman d’une admirable humanité. Un très beau roman d’Etienne de Montety décrit chemins spirituels et infiltration islamiste. » La Libre

L'auteur : Étienne de MONTETY

Nationalité : France, né à : Paris , le 02/05/1965

Étienne de Montety est un écrivain et journaliste français. Il a fait ses études à l’université Paris X-Nanterre, où il a obtenu une maîtrise de droit et sciences politiques et un DESS de sciences politiques. Directeur adjoint de la rédaction du Figaro et directeur du Figaro littéraire (supplément paraissant le jeudi) depuis 2006, il a dirigé les pages « Débats Opinions » du quotidien entre 2008 et 2012.

Il anime une chronique quotidienne sur le vocabulaire intitulée « Un Dernier mot ». Étienne de Montety est l’auteur de plusieurs biographies, dont celles de Thierry Maulnier (1994) et de Kléber Haedens (1996). Son roman « La route du salut » (2013) a obtenu le Prix des Deux Magots 2014. « L’Amant noir » a obtenu le Prix Jean-Freustié en 2017. Étienne de Montety a remporté le grand prix du roman de l’Académie française 2020 avec son livre « La grande épreuve » publié chez Stock.

Mon avis : 

Pour ce roman, l’auteur s’est inspiré d’un fait divers dramatique, l’assassinat en 2016 du père Hamel dans l’église de Saint Etienne du Rouvray, égorgé lors d’une attaque djihadiste par deux jeunes hommes.

Dans son récit romancé, il donne la parole aux différents protagonistes du drame, le prêtre Georges Tellier qui a fait la guerre d’Algérie et qui a assisté à des tortures infligées par les français aux fellaghas, le capitaine de la BRI, d’origine vietnamienne, qui commandait l’assaut, soeur Agnès qui a passé beaucoup de temps en Afrique du sud et qui incarne une des soeurs présentes lors de l’attaque dans l’église et bien sûr les deux jeunes que rien ne prédestinait à un tel acte.

Le style est fluide, le roman se lit facilement, l’auteur prend soin de ne pas verser dans le sensationnalisme et il ne prend pas position, il s’attache à comprendre les causes du drame et la radicalisation des 2 jeunes gens. Il aborde la question de la foi dans la société, qu’elle soit musulmane ou chrétienne, il laisse de côté les réactions partisanes ou émotionnelles, propos qui déchaînent tellement les passions dans la société actuelle. Un roman sérieux sans doute trop superficiel, qui pose des questions sans vraiment chercher les réponses, un roman qui manque de profondeur, de passion et de chaleur

En marge du roman : " Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray. Ce qu’il faut retenir du procès" (Ouest France 03-2022)  

Quatre semaines de procès, trois accusés condamnés de huit à treize ans de prison et des moments rares entre familles des victimes et des accusés. Bilan du procès de l’attaque de l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray devant la cour d’assises spéciale de Paris.

Les mots et les gestes des parties civiles vers les accusés. C’est Guy Coponet, 92 ans, grièvement blessé dans l’attentat, qui fait la morale aux accusés qui leur demandent pardon : « Faut pas se laisser embrigader comme ça. On est libre de ses choix. » C’est sa fille, Anne, qui tend un mouchoir à l’un des accusés en larmes. Ce sont ces fils Coponet, présents tout le procès, qui félicitent les avocats de… la défense pour leur belle plaidoirie. C’est sœur Danielle, l’une des religieuses dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray le jour de l’attentat, qui adresse le message « Lève toi ! Sois un homme ! » aux accusés ; lu au procès par la fille de Guy Coponet. C’est Roseline Hamel, sœur du prêtre assassiné qui, après avoir rencontré la mère d’Adel Kermiche, l’un des terroristes morts dans l’attentat, réconforte une de ses sœurs. C’est l’archevêque de Rouen, Dominique Lebrun qui, sitôt le verdict tombé, s’entretient avec chacun des trois accusés : « Je voulais leur dire au revoir. Pour le reste, c’est entre eux et moi. »

Pas d’animosité. Et en face, deux des trois accusés remercient les parties civiles « qui n’ont pas eu d’animosité pour nous, ne nous sont pas insultés, agressés » et même les deux avocates générales « pour vos paroles. Tout ce que l’on m’a dit durant ces jours (de procès), je vais le mettre à profit » , promet Jean-Philippe Steven Jean-Louis. Jamais on n’avait vu dans une cour d’assises de tels échanges, rapprochement entre accusés et partie civiles. Certes, ce n’étaient pas les terroristes tués dans l’attentat qui étaient dans le box, mais trois accusés d’association de malfaiteurs terroriste criminelle. « Des lampistes », pour un avocat de la défense. [Yassine Sebaihia, Farid Khelil et Jean-Philippe Steven Jean-Louis, les trois accusés, lors de leur procès à la cour d’assises spéciale de Paris.] Yassine Sebaihia, Farid Khelil et Jean-Philippe Steven Jean-Louis, les trois accusés, lors de leur procès . https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/attentat/attentat-saint-etienne-du-rouvray/attentat-de-saint-etienne-du-rouvray-ce-qu-il-faut-retenir-du-proces-95a641de-a083-11ec-b494-7a5e63fed517

MISS ISLANDE

Quatrième de couverture : 

Islande, 1963. Hekla, vingt et un ans, quitte la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavík. Il est temps d’accomplir son destin : elle sera écrivain. Sauf qu’à la capitale, on la verrait plutôt briguer le titre de Miss Islande.

Avec son prénom de volcan, Hekla bouillonne d’énergie créatrice, entraînant avec elle Ísey, l’amie d’enfance qui s’évade par les mots – ceux qu’on dit et ceux qu’on ne dit pas –, et son cher Jón John, qui rêve de stylisme entre deux campagnes de pêche… Miss Islande est le roman, féministe et insolent, de ces pionniers qui ne tiennent pas dans les cases. Un magnifique roman sur la liberté, la création et l’accomplissement.

« Page après page, Auður Ava Ólafsdóttir distille une musique poétique et subtile. L’auteure […] parvient à être tout à la fois délicate, mélancolique et forte quand elle brosse ce portrait lumineux d’une jeune femme éprise de liberté et d’absolu. » Alexandre Fillon, Lire

« Un nouveau roman d’Auður Ava Ólafsdóttir, c’est comme avoir rendez-vous avec une amie, de ces amies merveilleuses que l’on retrouve à chaque fois comme si l’on l’avait quittée la veille. […] Auður nous offre une délicate quête sur l’art de vivre, de créer et d’aimer. » Madame Figaro

« D’une plume sobre et tendre, Auður Ava Ólafsdóttir suit des êtres qui veulent s’affranchir de tout, sauf de leurs rêves. » Kerenn Elkaim, Livres Hebdo

L'auteur : Auður Ava ÓLAFSDÓTTIR

Nationalité : Islande,née à : Reykjavik , 1958 Auður Ava Ólafsdóttir est une écrivaine islandaise.

Elle fait ses études en histoire de l’art à la Sorbonne à Paris et a longtemps été maître-assistante d’histoire de l’art à l’Université d’Islande. Directrice du Musée de l’Université d’Islande, elle est très active dans la promotion de l’art. À ce titre, elle a donné de nombreuses conférences et organisé plusieurs expositions d’artistes.

« Rosa candida » (« Afleggjarinn », 2007) est son troisième roman après « Le rouge vif de la rhubarbe » (« Upphækkuð jörð », 1998) et « L’Embellie » (« Rigning í nóvember », 2004) qui a été couronné par le Prix de Littérature de la Ville de Reykjavík. « Rosa candida » a reçu deux prix littéraires: le Prix culturel DV de littérature 2008 et le Prix littéraire des femmes (Fjöruverðlaun). Ce roman a été traduit en anglais, danois, allemand, néerlandais, espagnol. Il a également obtenu le Prix des libraires du Québec 2011.

Le Théâtre national islandais a produit sa première pièce de théâtre « Les enfants d’Adam » à l’automne 2011. Elle reçoit en 2016 le Prix littéraire des jeunes Européens pour son roman « L’exception » (« Undantekningin », 2012) et en 2019, le Prix Médicis étranger pour son roman « Miss Islande ».

Mon avis : 

Miss Islande est un roman qui a reçu beaucoup de louanges, tant de la presse que des lecteurs, de plus il a reçu le prix Médicis étranger en 2019.

 » Avec ce beau roman, plus profond qu’il n’en a l’air, l’auteure rend hommage au travail des écrivains et poètes, à la force de la pulsion d’écriture. Sans doute pour cela que j’ai été assez stupéfaite des dernières pages. »

 » Hommage à l’écriture, protestation contre les préjugés sexistes et immersion dans la société islandaise, ce roman exprime en douceur, et avec beaucoup de tendresse pour ses personnages, un engagement féministe résultant, on s’en doute, des propres et injustes difficultés de l’auteur à trouver sa place dans le monde littéraire masculin islandais. »

« C’est simple, c’est direct et c’est efficace . Et même si tous les poètes islandais ayant existé doivent être cités dans ce roman , on ne s’ennuie jamais , à regarder Hekla mener sa barque dans un monde où la femme est toujours plus proche de l’objet que de l’égal de l’homme . Ce livre dénonce de façon très pudique le sort des femmes mais aussi des homosexuels dans un pays qui est aujourd’hui l’un des plus ouverts de la planète sur ces questions , qui ne devraient pas être. »

Alors pourquoi n’ai je pas su apprécier ce roman, sans doute le style de l’auteure n’est pas celui que je préfère, un style minimaliste que j’ai trouvé sec et froid et qui ne laisse pas la part belle aux émotions. Une succession de scènes de vie pas du tout captivantes, la lassitude m’a suivi tout au long de ce récit. Un roman sans véritable intrigue, des sujets, féminisme et homosexualité, qui ne m’interpellent pas vraiment, voilà sans doute qui explique le peu d’enthousiasme que j’ai eu pour ce roman. Manifestement cette auteure n’est pas pour moi.

Extrait :  

S’ADAPTER

Quatrième de couverture : 

C’est l’histoire d’un enfant différent, toujours allongé, aux yeux noirs qui flottent. C’est l’histoire de sa place dans la maison cévenole où il naît, au milieu de la nature puissante ; de sa place dans la fratrie et dans les enfances bouleversées. Celle de l’aîné, qui, dans sa relation fusionnelle avec l’enfant, s’abandonne et se perd. Celle de la cadette, dans la colère et le dégoût de celui qui a détruit l’équilibre. Celle du petit dernier qui a la charge de réparer, tout en vivant escorté d’un frère fantôme. Comme dans les contes, les pierres de la cour témoignent. La naissance d’un enfant handicapé racontée par sa fratrie.

«C’est bouleversant de justesse. Avec ce roman aussi délicat que personnel Clara Dupont-Monod fait sauter les digues. Sa plume balaye les tabous, bons sentiments poisseux et leçons de morale. Elle met en lumière, sans romantisme ni pathos, l’extraordinaire capacité d’adaptation de l’être humain. La lumière qui en résulte mais aussi ce qu’il en coûte. On est ébloui par la noblesse de son écriture. Emu aux larmes par ce texte aussi magistral que les paysages qu’il convoque. En bref, une merveille.» l’Express

L'auteur : Clara DUPONT-MONOD

Nationalité : France, née à : Paris , le 07/10/1973

Clara Dupont-Monod possède une formation littéraire. Elle a fait khâgne au lycée Fénelon et a obtenu une licence de lettres modernes à la Sorbonne où elle découvre le vieux français, matière dans laquelle elle décroche une maîtrise. Elle débute sa carrière de journaliste au magazine Cosmopolitan puis entre comme grand reporter à Marianne à seulement 24 ans.

Par ailleurs, elle intervient régulièrement à la radio dans l’émission « On refait le monde » diffusée sur RTL et présentée par Nicolas Poincaré. Elle anime depuis septembre 2014 une chronique littéraire dans l’émission d’actualité « Si tu écoutes, j’annule tout » devenue « Par Jupiter ! » sur France Inter.

Elle écrit « Eova Luciole », publié en 1998. Ses ouvrages mettent en scène des personnages maltraités autant par leurs contemporains que par la postérité. Son roman, « La passion selon Juette » (B. Grasset, Paris, 2007), décrit le combat d’une femme du XIIe siècle qui refuse les diktats d’un monde où les femmes n’ont pas leur mot à dire face à une église toute-puissante. Ce roman a obtenu le prix Laurent Bonelli qui était décerné pour la première fois et fut retenu dans la dernière liste du Prix Goncourt 2007.

En 2011, elle publie « Nestor rend les armes », un texte sur un homme obèse. Ce roman est retenu sur la première liste du prix Fémina 2011. Dans son roman « Le roi disait que j’étais diable », prix du magazine Point de vue 2014, Clara Dupont-Monod raconte l’union de la sulfureuse souveraine et du pieux Louis VII. Et surtout comment, dépossédée de pouvoir par son second époux, Henri Plantagenet, elle lui déclare la guerre, grâce à l’appui de ses fils, dont Richard Cœur de lion. En 2018, « La révolte » fait partie des quinze romans sélectionnés pour le prix Goncourt et de la première sélection pour le prix Femina. En 2021, elle reçoit le prix Femina et le prix Goncourt des lycéens pour son roman « S’adapter ».

Mon avis : 

Un tout petit roman de moins de 150 pages sur un sujet délicat, la naissance d’un enfant lourdement handicapé dans une famille. L’auteure a choisi de ne pas donner de nom à ses personnages, c’est le père, la mère, l’aîné, la cadette et l’enfant. Est-ce pour montrer que cela peut arriver à n’importe qui ?

Étonnement cette histoire est racontée par les pierres du hameau !! Tour à tour, elles expriment le point de vue de l’aîné qui voue un véritable amour à cet enfant jusqu’à en gâcher sa vie, de la cadette qui a une véritable répulsion pour ce frère pour lequel elle n’a aucune empathie et enfin le petit dernier, né après la mort de son frère handicapé, qui essaie de comprendre comment ça s’est passé et qui aura un rôle déterminant dans le climat familial, le père et la mère sont pratiquement absent du récit.

Je reste un peu sur ma faim avec ce roman, le style fait de courtes phrases n’est pas celui que je préfère et les émotions ne passent pas vraiment, est ce volontaire, est ce dû au fait que ce sont les pierres qui parlent ? Bref ce prix Goncourt des lycéens et ce prix Femina n’est pas un grand cru.

Extrait :  

Un jour, dans une famille, est né un enfant inadapté. Malgré sa laideur un peu dégradante, ce mot dirait pourtant la réalité d’un corps mou, d’un regard mobile et vide. « Abîmé » serait déplacé, « inachevé » également, tant ces catégories évoquent un objet hors d’usage, bon pour la casse. « Inadapté » suppose précisément que l’enfant existait hors du cadre fonctionnel (une main sert à saisir, des jambes à avancer) et qu’il se tenait, néanmoins, au bord des autres vies, pas complètement intégré à elles mais y prenant part malgré tout, telle l’ombre au coin d’un tableau, à la fois intruse et pourtant volonté du peintre.

Au départ, la famille ne discerna pas le problème. Le bébé était même très beau. La mère recevait des invités venus du village ou des bourgs environnants. Les portières des voitures claquaient, les corps se dépliaient, risquaient quelques pas chaloupés. Pour arriver jusqu’au hameau, il avait fallu rouler sur des routes minuscules et sinueuses. Les estomacs étaient retournés. Certains amis venaient d’une montagne toute proche, mais ici, « proche » ne voulait rien dire. Pour passer d’un endroit à un autre, on devait monter puis redescendre. La montagne imposait son roulis. Dans la cour du hameau, on se sentait parfois cerné par des vagues énormes, immobiles, mousseuses d’une écume verte. Lorsque le vent se levait et qu’il secouait les arbres, c’était un grondement d’océan. Alors la cour ressemblait à une île protégée des tempêtes.

Elle s’ouvrait par une épaisse porte en bois, rectangulaire, plantée de clous noirs. Une porte médiévale, disaient les connaisseurs, probablement fabriquée par les ancêtres qui s’étaient installés en Cévennes depuis des siècles. On avait bâti ces deux maisons, puis l’auvent, le four à pain, la bûcherie et le moulin, de part et d’autre d’une rivière, et l’on pouvait entendre les soupirs de soulagement dans les voitures lorsque la route étroite devenait petit pont et qu’apparaissait la terrasse de la première maison qui donnait sur l’eau. Derrière elle, en enfilade, se tenait l’autre maison, où était né l’enfant, nantie de la porte médiévale dont la mère avait ouvert les deux battants afin d’accueillir les amis et la famille. Elle proposait du vin de châtaignes que la petite assemblée buvait, extatique, dans l’ombre de la cour. On parlait doux pour ne pas brusquer l’enfant si sage dans son transat. Il sentait bon la fleur d’oranger. Il semblait attentif et tranquille. Il avait les joues rondes et pâles, des cheveux bruns, de grands yeux noirs. Un bébé de la région, qui lui appartenait. Les montagnes ressemblaient à des matrones veillant sur le transat, les pieds dans les rivières et le corps nappé de vent. L’enfant était accepté, semblable aux autres. Ici les bébés avaient les yeux noirs, les vieux étaient minces et secs. Tout était dans l’ordre.

LABYRINTHES

Quatrième de couverture : 

Une scène de pure folie dans un chalet. Une victime au visage réduit en bouillie à coups de tisonnier. Et une suspecte atteinte d’une étrange amnésie. Camille Nijinski, en charge de l’enquête, a besoin de comprendre cette subite perte de mémoire, mais le psychiatre avec lequel elle s’entretient a bien plus à lui apprendre. Car avant de tout oublier, sa patiente lui a confié son histoire. Une histoire longue et complexe. Sans doute la plus extraordinaire que Camille entendra de toute sa carrière…

« Tout d’abord, mademoiselle Nijinski, vous devez savoir qu’il y a cinq protagonistes. Toutes des femmes. Écrivez, c’est important : « la kidnappée », « la journaliste », « la romancière », « la psychiatre »… Et concentrez-vous, parce que cette histoire est un vrai labyrinthe où tout s’entremêle. La cinquième personne sera d’ailleurs le fil dans ce dédale et, j’en suis sûr, apportera les réponses à toutes vos questions. »

« Manipulateur littéraire comme à son accoutumé, Franck Thilliez va, dès la couverture, nous faire accepter d’entrer dans une situation labyrinthique et de subir une multitude de micro-échecs avant d’accéder à la sortie. » Actuallite

«  »Franck Tilliez dissèque avec une acuité exceptionnelle les noirceurs de l’âme humaine. Labyrinthes est tous simplement magistral » Maison de la presse La Touquettoise

L'auteur : Franck THILLIEZ

Franck Thilliez est l’auteur d’une vingtaine de romans, dont Pandemia, Le Manuscrit inachevé, Luca, Il était deux fois et 1991. Comptant parmi les trois auteurs les plus lus en France, il s’affirme comme la référence du thriller français et continue d’alterner one shots et enquêtes menées par son couple phare Lucie Henebelle/Franck Sharko. Ses livres sont traduits dans le monde entier. Le Syndrome E, roman déjà repris en bande dessinée, est aujourd’hui en cours d’adaptation pour une mini-série sur TF1. Franck Thilliez est aussi scénariste. Il a créé, avec Niko Tackian, la série Alex Hugo.

Mon avis : 

Une édition « Collector » de Franck Thilliez en cadeau, merci Jérôme !

Comme toujours avec les romans de Franck Thilliez, on peine à déposer le livre tant la lecture est addictive. Et c’est encore le cas pour ce roman au scénario complètement tortueux voire tordu, l’imagination de ce maître du thriller a encore une fois bien fonctionné, peut-être même un peu trop.

Ce volume fait partie d’une trilogie dont je n’ai pas lu les 2 précédents tomes ce qui n’a pas guère d’importance pour la compréhension du récit. En fait ce dernier volume, d’après ce que j’ai lu, apporte des éclaircissements par rapport à des situations énigmatiques des deux précédents : « Le manuscrit inachevé » et « Il était deux fois ».

« Labyrinthes » porte effectivement bien son nom, l’auteur nous entraîne dans différentes directions qui en font autant de récits qui n’ont au début rien en commun jusqu’au final déstabilisant au possible. Il y a l’histoire de Julie, la jeune fille kidnappée, à l’âge de 17 ans, par un écrivain maître de littérature horrifique et qui sera séquestrée pendant de longues années, Il y a Véra, une jeune psychiatre hypersensible aux ondes électro-magnétiques qui s’est réfugiée dans un hameau en plein bois dans les Vosges pour échapper à sa torture, Il y a Sophie une romancière perturbée qui apparaît et disparaît un peu à son gré dans l’univers de Sophie et il y a Lysine une journaliste dont on a usurpé l’identité et qui a reçu un montagne vidéo particulièrement sordide et répugnant.

Au travers de ces 4 destins l’auteur nous emmène dans les méandres de la mémoire humaine, il y est question d’amnésie, de schizophrénie paranoïde, et de paramnésie de culture, rien moins que cela. Un parcours vraiment tortueux et compliqué, sans repères temporels, un voyage dans la folie, une histoire complètement invraisemblable.

En fin de volume, Franck Thilliez nous propose un labyrinthe qui, en trouvant le chemin donnera un code d’accès à un texte sur les secrets de l’auteur. Dans ce texte, l’auteur révèle que cette histoire a été , dans sa structure, la plus alambiquée qu’il ait eu à imaginer jusqu’à présent. Je dois avouer que j’ai été complètement bluffé par l’histoire avec un final qui m’a laissé groggy.

En marge du roman : Radical à l'extrême, l'Actionnisme viennois a de "vilains" restes. (Le Point 2015) 

Ceux qui ont lu ou qui liront « Labyrinthes » comprendront la référence de ce paragraphe par rapport au roman.Et il paraît que c’est de l’art !!

Ils ont été jusqu’à la limite du supportable, baignant littéralement dans le sang, la boue et l’urine: deux expositions en Autriche ressuscitent l’aventure des Actionnistes viennois, sans doute la plus radicale de l’art contemporain. Les Nouveaux réalistes et Yves Klein avaient utilisé le corps humain comme outil artistique, réalisant des empreintes de femmes nues. Au début des années 1960, les Actionnistes décident, eux, de l’employer comme matériau. « Ils recherchaient une confrontation directe avec la réalité, tant physique que psychique, jusque dans les dimensions les plus difficilement supportables et les plus refoulées », souligne Eva Badura-Triska, commissaire de l’exposition « Mon corps est l’événement », au Musée d’art moderne (Mumok) de Vienne.

Au cours de performances sans équivalent, et qui parfois leur valurent des peines de prison, Otto Muehl, Hermann Nitsch, Günter Brus et Rudolf Schwarzkogler écorchent des cadavres d’animaux, ficèlent des corps humains, les mélangent à des viscères ou à de la boue. Muehl, en particulier, embauche des modèles pour composer des « natures mortes », mettant ainsi en scène de véritables membres humains passés au travers de planches, qui créent l’illusion de corps démembrés. Déambulant à travers Vienne, Günter Brus s’affiche entièrement peint en blanc, le corps comme tranché par une ligne noire, avant de se faire arrêter par la police. D’autres actions relèvent de la scatologie ou frisent la pornographie. « L’Actionnisme transgresse les valeurs traditionnelles. Mais il reste de l’art. Il est réfléchi, il a une forme précise, des références. C’est une extension du domaine de la peinture, même si c’est l’une des plus radicales », précise Mme Badura-Triska. « C’est un bouleversement des règles qui consiste à considérer comme esthétique ce qui auparavant était jugé laid par les normes sociales », relève-t-elle, reconnaissant qu’une telle exposition reste « difficilement montrable » dans certains pays.

Si beaucoup d’autres artistes ont pratiqué des formes d’art corporel et des performances, comme Yoko Ono, Chris Burden, Marina Abramovic ou le groupe Fluxus, l’avènement à Vienne d’un mouvement si radical ne doit rien au hasard. Ville de Freud et du philosophe Wittgenstein, la capitale autrichienne a déjà transgressé les tabous au début du 20e siècle avec les peintres Klimt, Kokoschka et surtout Schiele, qui choque avec des représentations explicitement sexuelles.

Mais les Actionnistes sont aussi et avant tout des enfants de la guerre, « dans un pays où, contrairement à l’Allemagne, le passé nazi est refoulé, littéralement enfoui dans une normalité petite-bourgeoise, ce qui contribue à expliquer cette réaction extrême », rappelle Mme Badura-Triska. « L’Actionnisme, à cet égard, a un effet cathartique. Il permet d’évacuer des pulsions refoulées, de façon contrôlée et dans le cadre d’une expérience artistique », estime-t-elle. Les artistes ne s’épargnent pas. Lors d’une performance filmée aux côtés de son mari, Ana Brus, ligotée nue et traînée par terre, fait une crise de nerf.

Günter Brus lui-même met fin aux « actions » en 1970, après une ultime performance soigneusement chorégraphiée dans laquelle, également nu, il boit sa propre urine et finit par s’automutiler jusqu’au sang. « Il avait alors reconnu que l’étape suivante aurait été le suicide », note Mme Badura-Triska. Ironie de l’histoire: lors d’un procès pour « outrage aux bonnes moeurs » intenté aux Actionnistes à la fin des années 1960, l’expert psychiatre est un ancien médecin nazi soupçonné d’avoir durant la guerre assassiné des enfants handicapés mentaux pour en disséquer le cerveau…

Peu reconnu en son temps en raison de sa radicalité et de la quasi-clandestinité à laquelle il est contraint, le mouvement ne sera réhabilité qu’à partir de la fin des années 1980, avec des expositions à Cologne, Vienne, Paris et Los Angeles. Artiste toujours actif et désormais célébré, Hermann Nitsch, 76 ans décédé en avril 2012), compte aujourd’hui pas moins de trois musées dédiés à son oeuvre, en Autriche et à Naples (Italie). Une exposition particulière lui est consacrée au Theatermuseum de Vienne. Quant à Otto Muehl, il est décédé en 2013 à l’âge de 87 ans, après avoir purgé une peine de sept ans de prison pour sévices sexuels sur mineurs et viols au sein d’une communauté qu’il avait fondée. Une exposition de son oeuvre fut encore interdite en 1998 à Vienne en raison de son côté provocateur et sacrilège.

31/03/2015 12:36:55 – Vienne (AFP) – Par Philippe SCHWAB

FILS DE PERSONNE

Quatrième de couverture : 

Un numéro de téléphone, un exemplaire de La Peau de chagrin d’Honoré de Balzac et un briquet de la Légion étrangère. C’est tout ce qui est retrouvé sur le cadavre d’un homme abandonné dans un bassin du jardin des Tuileries. Alors qu’il piétine déjà dans une enquête sur la disparition de trois jeunes femmes, le commandant Julien Delestran est chargé de l’affaire.

Le numéro de téléphone est sa première piste : c’est celui du CNAOP, l’organisme permettant aux enfants nés « sous X » de retrouver leurs parents biologiques. Mais tandis que le commandant essaie d’avancer sur cette nouvelle enquête, la précédente se rappelle à lui quand sa hiérarchie lui adjoint l’aide d’une psychologue. Tout d’abord sceptique face à cette « ingérence », Delestran est bien obligé de reconnaître que Claire Ribot sait mettre au jour la vérité aussi bien que le plus fin des limiers. Et qu’elle ne sera pas de trop pour sonder, avec son groupe, les tréfonds de l’âme humaine…

Créé en 1946, le prix du Quai des Orfèvres, qui récompense chaque année un roman policier, est décerné par un jury composé de 22 policiers, magistrats et journalistes. Il se prononce sur une sélection de manuscrits anonymes en ne considérant que la qualité du texte soumis à leur appréciation, dans le respect des procédures et des vraisemblances policières, scientifiques ou judiciaires.

« Fils de personne, de Jean-François Pasques, capitaine de police, ancien de la section criminelle de la 1re DPJ désormais en poste à Nantes, est une jolie réussite. Il prouve en tout cas qu’il n’est pas obligatoire de joncher une intrigue de cadavres, de jouer la carte de l’ultraviolence, pour captiver le lecteur. » Le Figaro

L'auteur : Jean-François PASQUES

Chimiste de formation, Jean-François Pasques est capitaine de police. Après une quinzaine d’années à Paris, notamment à la Section Criminelle de la 1ère DPJ, il travaille désormais à Nantes en Sécurité Publique. La police satisfait son appétit de curiosité humaine, et Fils de personne met en scène ces personnages hauts en couleurs auxquels il est confronté quotidiennement dans son métier.

Mon avis : 

Ce roman a reçu le prix du « Quai des orfèvres 2023 », un capitaine de police récompensé par ses semblables, il faut dire que son roman respecte parfaitement les conditions de l’octroi de ce prix.

Dans la première partie du roman, l’auteur n’a de cesse de décrire les procédures judiciaires dans les moindres détails, procédures pour l’enquête elle-même, procédures dans le cas d’une autopsie, procédures dans le cas d’une garde à vue, etc… en citant même les articles du code. C’est un peu lourd, lent et lassant, c’est très didactique je me suis senti au cours de l’école de police.

Par contre l’enquête est parfaitement crédible mais sans grande surprise. La deuxième partie est beaucoup plus dynamique, le récit devient captivant, il prend enfin un peu de relief. La course poursuite pour retrouver le suspect géolocalisé est très réaliste, on sent les accélérations, les chocs et les freinages des 3 voitures de police comme si on y était.

Qu’est-ce qui différencie ce policier d’autres ? Tout d’abord le Capitaine de l’enquête est plutôt affable bien que parfois bougon ou de mauvaise foi, il n’est ni alcoolique, ni en désaccord avec sa hiérarchie. Il informe au jour le jour son chef, le substitut et le procureur. Il est en bonne entente avec son épouse avec qui il a une belle complicité, il lui raconte tous les jours le détail de l’avancement de son enquête. Il est en symbiose avec son équipe et avec sa plus proche coéquipière, bref tout baigne. Relevons aussi qu’il n’y a ni sexe, ni violence, ni sang ce qui est rare. En résumé un policier qui se lit facilement, sans surprise malgré un scénario plutôt original, délassant, captivant par moment, un moment de lecture agréable sans plus.

En marge du roman :Accouchement sous X : comment se passe une naissance sous le secret ? (Santé Magazine 2022) 

Accoucher sous X permet à la maman d’accoucher anonymement et de confier son bébé aux services de l’Aide sociale à l’enfance en vue d’une adoption. Entre 500 et 600 enfants naissent sous le secret chaque année en France. Le point avec Nathalie Parent, ancien membre du Conseil national pour l’accès aux origines personnelles (CNAOP) et membre d’Enfance & Familles d’adoption. En France, toute femme enceinte qui ne peut pas ou bien ne souhaite pas élever son enfant a la possibilité de le mettre au monde sans laisser d’informations sur son identité. Ce dernier sera alors confié aux services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) en vue d’une adoption à l’expiration des délais légaux de rétractation.

« On appelle accouchement sous X ou plutôt accouchement sous le secret, la possibilité offerte à une femme enceinte d’accoucher sous l’anonymat et de confier son enfant aux services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) afin qu’il acquiert le statut de pupille de l’État », rappelle d’emblée Nathalie Parent. Dans ce cas, aucune pièce d’identité ne peut lui être demandée et aucune enquête ne peut être menée. L’accouchement sous le secret ne date pas d’hier.

Au XVIe siècle, à l’époque de Saint-Vincent-de-Paul, les mères pouvaient déposer leur nouveau-né dans une sorte de tourniquet placé dans le mur d’un hospice. On sonnait une cloche et une personne, de l’autre côté du mur, recueillait le nourrisson. La France est un des rares pays à disposer d’une législation encadrant l’accouchement sous le secret. L’article 326 du Code Civil précise que « lors de l’accouchement, la mère peut demander que le secret de son admission et de son identité soit préservé. » Cette loi est considérée comme une garantie contre l’accouchement clandestin, l’abandon sauvage et l’infanticide.

En 2002, sous la pression des personnes nées sous le secret, les contours de l’accouchement sous X ont été redéfinis. Si la loi du 22 janvier 2002 – portée à l’époque par Ségolène Royal alors ministre déléguée de la Famille – maintient la possibilité d’accoucher anonymement, elle a également permis la création du Conseil national pour l’accès aux origines personnelles (CNAOP), dont l’objectif est de faciliter l’accès aux origines de l’enfant né sous le secret. Celui-ci peut désormais faire une demande d’accès à ses origines auprès du CNAOP afin d’obtenir (ou pas) l’identité de sa mère de naissance.

« Lorsqu’à son admission à la maternité, la future mère émet le souhait d’accoucher sous le secret, elle rencontre un des correspondants départementaux du CNAOP ou une personne habilitée qui recueille les informations non identifiantes qu’elle souhaite donner, explique Nathalie Parent. Elle a également la possibilité de laisser son identité dans un pli fermé. L’enveloppe sera ensuite conservée dans le dossier de l’enfant. Si ce dernier demande à connaitre ses origines, le CNAOP ouvrira cette enveloppe. Ensuite, si la mère a laissé son identité, il ira l’interroger sur sa volonté de lever le secret. Et, si le pli secret est vide, le CNAOP essaiera de retrouver cette femme.

UN PARFUM DE JITTERBUG

Quatrième de couverture : 

Une serveuse de tacos qui joue les apprenties chimistes, une parfumeuse déchue qui prépare son come-back et un excentrique nez des hautes sphères de l’industrie du parfum s’interrogent : qui donc leur envoie des betteraves sans le moindre message ? La clé du mystère se trouve peut-être au cœur de l’épopée d’Alobar, un roi du VIIIe siècle qui, fuyant la mort, se retrouvera en Bohême où il découvrira le secret de l’immortalité en compagnie d’une jeune Indienne fascinée par les essences.

Un Parfum de Jitterbug est un roman épique à l’imagination débordante dans lequel tom Robbins célèbre les joies de l’existence et agite au shaker toutes les croyances de ce monde pour nous livrer les secrets d’un parfum perdu. L’auteur génial de « Même les cow-girls ont du vague à l’âme » nous entraîne une nouvelle fois dans un récit hilarant et explosif »(Ed. Gallmeister)

« Un roman drôle et profond, rythmé comme un jitterbug, cette danse jazz saccadée, dont il n’est d’ailleurs quasiment pas question dans ces 456 pages (parfaitement traduites, soit dit en passant). L’Express »

« La recette de l’immortalité en 500 pages de pur délire… Ça vous intéresse ? Excellent ! L’Astragale – Lyon

L'auteur : Tom ROBBINS

Tom Robbins est peut-être né en 1936 en Caroline du Nord, mais rien n’est moins sûr. Il passe son enfance à parcourir librement les montagnes de la région, au milieu des conteurs, des gitans et des charmeurs de serpents – autant de personnages qui nourriront son imagination d’écrivain.

Après avoir passé cinq ans dans l’armée en Corée, il est démobilisé et reprend ses études. Il travaille dans les milieux de la peinture, de la musique et de l’art dramatique, pour finalement devenir journaliste et écrivain. Considéré comme l’un des pères de la culture pop, tous ses livres sont devenus des best-sellers et ont été traduits dans une quinzaine de langues. Tom Robbins est cité comme référence incontournable par la jeune génération d’écrivains – de Rick Moody à Christopher Moore – et ses ouvrages font régulièrement l’objet de thèses universitaires. Bien qu’elle ne compte qu’une dizaine de livres en quarante ans, son œuvre compte plus de dix millions de lecteurs.

Il existe d’ailleurs aux États-Unis une véritable “Robbinsmania”, phénomène rarissime pour un écrivain : chacune de ses apparitions publiques attire des centaines – parfois des milliers – de personnes. De multiples sites internet et fans-clubs lui sont consacrés ; des groupes de rock ont choisi comme nom des titres ou extraits de ses livres ; les illustrations de ses romans servent de modèles pour des tatouages ; on peut se procurer des T-shirts, tasses, casquettes à son effigie ou qui reprennent des citations de ses œuvres… Véritable ”people” en Amérique, il a fait des apparitions en “guest-star” dans plusieurs films. Adulé par ses fans, estimé par la critique, Tom Robbins a véritablement acquis un statut d’icône.

Mon avis : 

J’ai déjà lu des romans bizarres mais celui-ci les dépasse tous, une histoire loufoque, burlesque, délirante dans un style « lyrique » plein de métaphores et d’envolées philosophiques pour le moins originales. Tom Robbins, que je découvre, a une imagination débordante complètement folle, un humour déjanté plein d’ironie, accrochez-vous !

L’histoire se déroule de nos jours. A Seattle, Priscilla, chimiste, est serveuse dans un restaurant, il faut bien vivre. Elle recherche la mise au point d’un parfum unique qui ferait sa renommée et sa richesse. A la Nouvelle Orléans, Madame Devalier, parfumeuse, et son assistante veulent prendre un nouveau départ et créer un parfum extraordinaire que tout le monde leur enviera. A Paris, la famille LeFever, parfumeurs renommés depuis plusieurs générations veulent mettre au point le parfum idéal, le parfum qui enchantera tout le monde. Vous l’avez compris le point commun entre tous ces personnages c’est le parfum, mais pas que ! Il se fait qu’ils reçoivent aussi, tous les jours une betterave rouge, qui posée devant la porte, qui jetée par la fenêtre !!

Mais le personnage principal de cette histoire est Alobar dont le plat préféré est la betterave, nous sommes au VIIIè siécle, il est le roi d’une communauté dans laquelle il ne faut montrer aucun signe de vieillissement sinon c’est la mort assurée. Alobar fait preuve de sa virilité tous les jours dans son harem jusqu’au jour où il se découvre un cheveux gris. IL s’empresse de l’arracher mais c’est peine perdue. Tenant plus que tout à la vie, il s’enfuit et est accueilli dans une autre communauté où il n’est plus qu’un vassal néanmoins apprécié. Lors de la fête de la fève où il est invité, c’est lui qui a le morceau de gâteau qui contient la fève avec comme conséquence que pendant 12 jours, tout lui est permis, il peut manger partout, il peut prendre les femmes de tout le monde, etc.

Ce qu’il ne sait pas encore c’est que après ce 12ème jour, il sera mis à mort. Le voilà de nouveau en fuite et dans son épopée il rencontre la belle indienne Kudra qui cherche la note de fond d’un parfum enchanteur et qui lui enseignera toutes les pratiques du Kamasutra. Ils rencontrent des moines Bandaloop qui vont les initier à l’immortalité. S’ensuit une épopée pour le moins extraordinaire à travers les siècles, ils doivent fuir quand on découvre leur immortalité. Parmi toutes ses péripéties Alobar deviendra l’ami du dieu PAN, cet espèce de bouc puant et invisible, un parfum puissant est nécessaire pour qu’il passe inaperçu, il faut qu’il gagne le nouveau monde où est arrivée Kudra en se dématérialisant. Arrivé lui aussi dans le nouveau monde, il arrive à se faire engager dans une université, particulièrement pour faire le ménage dans le bureau de Einstein qu’il soupçonne de travailler sur l’immortalité ! Voilà un petit aperçu de cette histoire délirante qui ravira les amateurs de littérature fantastique, un roman jubilatoire complètement fou. Amateurs de délire, foncez !

Extrait :

La fonction secondaire d’un miroir de salle de bains est de mesurer l’intensité des murmures dans le bourbier mental. Priscilla jeta un coup d’oeil à son « sismographe »; l’indication qu’elle put y lire ne lui plut guère. Elle était aussi blafarde qu’un Coton-tige et tout aussi prête à se défaire. Laissant tomber le savon dans le lavabo, elle imposa un sourire à son reflet . D’un doigt couvert de mousse, elle poussa sur l’extrémité triangulaire du corn chip bien ferme qui lui servait de nez. Elle cligna d’un oeil, puis de l’autre. Ses deux yeux étaient aussi énormes l’un que l’autre et tout aussi violets, mais tandis que le gauche clignait en douceur, le droit l’obligeait à faire un effort et à contracter ses muscles. Elle tira sur ses cheveux mouillés couleur d’automne comme si elle tirait sur le cordon pour demander l’arrêt du tramway.

-Tu es toujours jolie comme un coeur, se dit-elle. Bon c’est vrai je n’ai jamais vu de coeur joli, mais je ne vais tout de même pas remettre en cause la sagesse ancestrale. Elle plissa sa bouche chewing-gum, lui donnant une sensualité qui détourna son attention des croissants bleu sang qu’elle avait sous les yeux.

-J’ai peut-être des valises, mais je n’ai pas encore fait mes adieux. rien d’étonnant à ce que Ricki me trouve irrésistible. Ce n’est qu’un être humain. Posant le front sur le fond crasseux du lavabo, Priscilla se mit tout à coup à sangloter. Elle sanglota ainsi jusqu’à ce que la chaleur de ses larmes, la vélocité même de leur flot, finisse par obscurcir complètement les circonstances déjà vagues de leur origine. Et puis, tandis que l’un après l’autre les souvenirs abandonnaient toute forme de netteté et que même l’épuisement et la solitude s’avéraient solubles dans l’eau, elle ferma ses canaux lacrymaux avec une détermination presque audible. Elle se moucha dans un gant de toilette (cela faisait une semaine qu’elle était à court de mouchoirs en papier) secoua ses cheveux tout collants, enfila une blouse blanche par dessus ses sous-vêtements et retourna dans la salle de séjour-chambre-laboratoire où, penchée sur un assortiment de brûleurs, de petits vases à bec et de tubes en verre glougloutants, elle allait se forcer à travailler avec une méticulosité peu commune jusqu’à l’aube.

Dans la vie de Priscilla , la géniale serveuse, cette nuit fut plutôt fidèle à sa routine habituelle. Elle ne différa vraiment de toutes les nuits de l’année que sur un seul point : vers cinq heures du matin, estima Priscilla (son réveil s’était arrêter et elle n’avait pas trouvé le temps de le remonter) elle entendit frapper doucement à sa porte. Comme Capitol Hill, son quartier se distinguait par un taux de criminalité particulièrement élevé et comme elle n’avait aucune envie d’être dérangée par Ricki où par un type quelconque avec lequel, par nécessité, il lui était arrivé de coucher avant de bien vite l’oublier, elle préféra ne pas répondre. Toutefois, au lever du jour, juste avant de se retirer pour prendre ses six heures de repos quotidiennes et insuffisantes, elle entrebâilla la porte pour voir si son visiteur avait laissé un mot. Elle fut fort intriguée de trouver sur le pas de la porte une masse informe et solitaire qu’elle identifia, après un minutieux examen, comme une betterave.

LE FEU SUR LA MONTAGNE

Quatrième de couverture : 

Toute sa vie, John Vogelin a vécu sur son ranch, une étendue de terre desséchée par le soleil éclatant du Nouveau-Mexique et miraculeusement épargnée par la civilisation. Un pays ingrat mais somptueux, qui pour lui signifie bien davantage qu’une exploitation agricole.

Comme chaque été, son petit-fils Billy, douze ans, traverse les États-Unis pour venir le rejoindre. Cette année-là, Billy découvre le ranch au bord de l’insurrection : l’US Air Force s’apprête à réquisitionner la propriété afin d’installer un champ de tir de missiles. Mais le vieil homme ne l’entend pas ainsi. Et Billy compte bien se battre à ses côtés.

« Poursuivant l’excellente initiative qui consiste à faire redécouvrir l’œuvre d’Edward Abbey (1927-1989), les éditions Gallmeister proposent ici une fable émouvante, dans le genre du Vieil Homme et la Mer, où la pêche au gros serait remplacée par un bras de fer avec l’armée. » Gérard Meudal, Le monde des livres

« Edward Abbey est une grande figure de la littérature américaine contestataire des années 1970. Le Feu sur la montagne ne décevra pas les amateurs : une guerre organisée entre un paysan solitaire et l’armée. Larzac ? » Daniel Martin, La montagne

L'auteur : Edward ABBEY

Nationalité : États-Unis né à : Indiana, Pennsylvanie , le 29/01/1927, décédé à : Tucson, Arizona , le 14/03/1989 Edward Paul Abbey était un écrivain et essayiste américain, doublé d’un activiste écologiste radical.

Mon avis : 

J’avais eu beaucoup de mal pour finir le premier roman que j’ai lu de cet auteur américain bien coté, « Le gang de la clé à molette » n’est pas dans mes meilleurs souvenirs de lecture, loin de là.

Accordons à l’auteur une deuxième chance pour l’apprécier, ce sera avec « Le feu sur la montagne » un décor qui devrait convenir à ce romancier féru du far-west et des grands espaces. Caramba, encore raté, ce roman ne restera pas gravé dans ma mémoire, ni à mon avis dans les annales de la littérature américaine. Une petite histoire sympathique, qui se lit facilement, que dire de plus.

Pendant les 90 premières pages, nous chevauchons avec Billy, son grand père et un ami dans les plaines et les collines d’une région désertique du Nouveau-mexique. Et il faut dire que l’auteur décrit très bien la région et son environnement, à tel point qu’on a l’impression d’avaler la poussière; la faune, la flore, le climat ne sont plus non plus un secret pour nous. La suite c’est le combat acharné et sans surprise de l’irascible et têtu John Vogelin pour conserver son ranch malgré une expulsion du gouvernement fédéral. Notons au passage que le traducteur, Jacques Mailhos, use et abuse du passé simple.

En marge du roman : Le Nouveau-Mexique donne une nouvelle définition au ranch

Demandez à n’importe quel éleveur, ces jours-ci, le désespoir est beaucoup plus important que l’herbe sur les terres de l’Ouest. Assailli par un marché du bœuf médiocre et des coûts croissants, il est pratiquement impossible de rentabiliser un élevage de bétail. Jim Winder le sait très bien. C’est pourquoi cet éleveur du Nouveau-Mexique de quatrième génération s’est diversifié dans l’observation des oiseaux, la construction de maisons avec des matériaux à faible impact comme les bottes de paille et la restauration des zones humides. Ces activités sont payantes, si coûteuses que l’exploitation de M. Winder se développe alors que de nombreux éleveurs s’accrochent à peine. Il répartit ses 900 têtes de bétail entre deux ranchs, et a la capacité d’en accueillir 600 de plus sur un troisième.

La plupart des ranchs ne sont pas à l’abri d’une crise

“ Nous essayons d’utiliser une petite quantité de développement immobilier pour maintenir les opérations d’élevage, ” explique l’homme de 38 ans, qui vit avec sa femme et ses deux enfants sur le ranch familial près de Hillsboro. » Ensuite, nous enlevons la valeur de développement [des terres non développées] et nous les mettons en servitude de conservation pour que le développement ne soit plus une pression. » Winder, qui a déjà été président local du Sierra Club, a toujours été soucieux de la conservation. Il a restauré une zone riveraine sur son ranch, et en quatorze ans d’élevage, il n’a tué au total que deux coyotes. Dernièrement, il est devenu de plus en plus préoccupé par les pressions croissantes du développement sur les espaces ouverts du Nouveau-Mexique. Il y a quelques années, le Lake Valley Ranch, qui englobe 52 000 acres juste au sud-ouest de la Gila National Forest, était lorgné par des promoteurs immobiliers. » Par ici, nous ne parlons pas de maisons de ville « , dit Winder, » Nous parlons de maisons mobiles. » C’était un beau terrain. Deux ruisseaux, le Berrenda (qui signifie antilope) et le Jaralosa (qui signifie saule suintant), serpentaient dans ses canyons, alimentant un réseau de zones humides qui accueillent 150 espèces d’oiseaux. Winder a acheté le ranch et, avec l’aide du Rocky Mountain Institute de Snowmass (Colorado) et des responsables de la faune de l’État et de l’administration fédérale, a élaboré un plan visant à limiter le développement à quinze lotissements cachés dans les collines sur une petite partie du terrain et à garder le reste ouvert à l’élevage et aux loisirs des propriétaires. Winder a également construit une maison d’hôtes sur le ranch qui accueille des ornithologues de passage venus observer des créatures telles que les coucous à bec jaune et les moucherolles vermillon rouge vif. Les quinze parcelles ont été achetées par des préretraités soucieux de la conservation. » C’est une bonne chose pour les acheteurs, car ils peuvent utiliser l’ensemble du ranch « , explique M. Winder. » C’est bon pour moi, parce que je peux faire du ranch. » Le bétail élevé dans le ranch est souvent commercialisé comme étant » favorable aux prédateurs « . Au Lake Valley Ranch, comme dans l’exploitation familiale, Winder évite les prédateurs plutôt que de les tuer. » Nous avons déplacé les vaches pour les rendre moins sensibles aux coyotes, et nous les avons tenues à l’écart des zones connues pour les coyotes pendant le vêlage. Nous essayons de nous plier à la nature « . Il a réintroduit un poisson en voie de disparition, le Rio Grande Chub, dans les ruisseaux de Lake Valley et s’efforce de restaurer les zones humides qui avaient historiquement été drainées pour l’irrigation.

Plus récemment, l’exploitation de la ferme a été réorganisée

Plus récemment, le Corona Ranch, 30 000 acres de forêt vallonnée de pin et de genévrier sur une mesa éloignée dans les Cougar Mountains entre Albuquerque et Ruidoso, a été mis en vente. Il allait être transformé en 500 sites résidentiels. Winder l’a acheté, a limité le développement à vingt-quatre parcelles de construction d’un acre et a ainsi stabilisé financièrement toute l’opération.