LA FIN DE LA SOLITUDE

 Quatrième de couverture :

solitude 00« Je suis entré dans le jardin et j’ai fait un signe de tête à mon frère. J’ai pensé : une enfance difficile est comme un ennemi invisible. On ne sait jamais quand il se retournera contre vous. »


Liz, Marty et Jules sont inséparables. Jusqu’au jour où ils perdent leurs parents dans un tragique accident de voiture dans le sud de la France. Placés dans le même pensionnat, ils deviennent vite des étrangers les uns pour les autres, s’enfermant chacun dans une forme de solitude. Jules est le plus solitaire des trois lorsqu’il rencontre Alva, qui devient sa seule amie. Son obsession. Vingt ans plus tard, Jules se réveille d’un coma de quelques jours. À la lisière de l’inconscient, il se souvient.

 

 

 

 

L'auteur : Benedict WELLS

solitude 01Nationalité : Allemagne, né à Munich en 1984.

A l’âge de 6 ans il commença son parcours dans trois internats bavarois. Après son diplôme en 2003, il emménagea à Berlin. C’est là qu’il décida de se consacrer à l’écriture plutôt qu’à des études universitaires.

A 24 ans, Benedict Wells publie le premier roman qu’il a commencé d’écrire à 16 ans, « Becks, l’été dernier ». La presse est unanime, il reçoit le prestigieux Prix des Arts et de la Culture. Son troisième roman Fast genial a acquis une grande notoriété et s’est retrouvé au classement des meilleures ventes pendant plusieurs mois.
Son quatrième roman, La Fin de la solitude, a été couronné par le « Prix de Littérature de l’Union Européenne » et par le « Prix littéraire des lycéens de l’Euregio », il est resté en tête du palmarès des ventes du Spiegel pendant de nombreuses semaines.

 

Mon avis :

 

Un roman qui se lit facilement et qui se dépose difficilement. Ce jeune auteur fait preuve d’une grande maturité, il nous donne un récit d’une grande sensibilité, un récit qui tient bien la route, où tout est parfaitement contrôlé.

Une histoire touchante écrite dans un style simple mais efficace, des personnages bien développés, et des thèmes sérieux tels que la mort, la maladie, le souvenir, la solitude, la recherche de soi, l’importance des liens familiaux, la double personnalité et l’amour. Sans jamais tomber dans le mélo, l’auteur livre un récit touchant, émouvant et mélancolique qui arrachera quelques larmes aux plus sensibles.
Un bon moment de lecture.

En marge du livre : Liens fraternels : une alchimie mystérieuse

 


Comment se nouent ou se dénouent des liens au sein d’une fratrie ?

Comment trouver sa place au sein d’une fratrie ?

Comment se développer en tant qu’individu au sein du « groupe » familial ?

Comment affirmer sa singularité dans cet ensemble ?
Pas toujours simple comme en témoignent de nombreux contes, mythes, romans, témoignages, films… Je pense par exemple au film Les garçons et Guillaume, à table !
Les essais sur l’importance de la place au sein de la fratrie sont nombreux : être l’aîné, être le petit dernier, être celui du milieu…Etre la seule fille au milieu d’une fratrie de garçons, ou l’inverse. Avoir un frère ou une soeur jumelle. Les avantages et les inconvénients de chacune de ces situations ont été souvent analysées, discutées, débattues.


Ou encore, est-ce plus facile ou plus difficile dans les fratries paires ou impaires ?
Les aînés vous disent fréquemment que les cadets bénéficient d’une éducation moins stricte, moins exigeante, ceux du milieu vous disent que c’est la mauvaise place, les petits derniers que ce n’est pas toujours si facile d’être chouchoutés, voire surprotégés…
Etre considéré comment le chouchou, se considérer comme le souffre-douleur…(relire Poil de Carotte, Vipère au poing, Les Noces barbares, etc.).


La place dans la fratrie et au sein de la famille est rarement anodine. Elle contribue à façonner la personnalité et laisse parfois des traces indélébiles, voire douloureuses qui bien souvent resurgissent à l’âge adulte.
La suite : http://www.en-aparte.com/2017/11/05/liens-fraternels-une-alchimie-mysterieuse/

 

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LE JOUR OÙ JE ME SUIS AIMÉ POUR DE VRAI

 Quatrième de couverture : 

Ego 00 » Et vous, avez-vous commencé à vivre ?  » Charlot, 9 ans


Maryse est une éminente neuropédiatre, une femme belle et intelligente, affreusement narcissique et persuadée d’avoir toujours raison. Elle est aussi la mère de Charlot, fils singulier, qui l’émerveille et l’exaspère à la fois. C’est que Charlot, Petit Prince désarmant de vérité, la confronte à des questions philosophiques. Quel sens donner à sa vie lorsqu’on traverse des épreuves ? Où se cache l’amour lorsqu’on fait face à l’intimidation, la bêtise, la peur de l’autre ?

Et surtout, qu’est-ce que l’égo, cette chose dont tout le monde semble souffrir ?Animé d’un courage fou, d’une humanité à fleur de peau, Charlot va apprendre à sa mère, et à beaucoup d’autres, qu’en se dépouillant de ses certitudes, en cessant de se regarder le nombril, on peut enfin accéder à la vraie joie, celle du lâcher prise et de l’intelligence du cœur. Et surtout : apprendre à s’aimer pour de vrai.

 

l'auteur : Serge MARQUIS

Ego 01Nationalité : Canada, né le : 29/08/1953
Le psychiatre Serge Marquis détient un doctorat en médecine (Université Laval) et une maîtrise en médecine du travail (London School of Hygiene and Tropical Medicine à Londres).

Il a développé un intérêt tout particulier pour le stress, l’épuisement professionnel et la détresse psychologique dans l’espace de travail.Il s’est également intéressé à la difficulté de maintenir un équilibre entre la vie au travail et à l’extérieur de celui-ci. Il a soigné un grand nombre de personnes devenues dysfonctionnelles au travail.

Consultant dans le domaine de la santé mentale au travail (T.O.R.T.U.E.), il est l’auteur avec Eugène Houde d’un livre intitulé Bienvenue parmi les humains et de Pensouillard le hamster, petit traité de décroissance personnelle paru en octobre 2011 aux Éditions Transcontinental, qui a reçu la mention Coup de cœur de Renaud-Bray.

 

Mon avis : 

Dire que ce roman m’a passionné serait travestir la vérité, par contre dire qu’il m’a intéressé et interpellé, oui. L’auteur est psychiatre, il aborde un thème assez difficile au travers d’une histoire parfois un peu trop mélo dramatique à mon goût, l’égo. Les personnages m’ont paru un peu trop caricaturaux, Maryse la maman narcissique et égocentrique à souhait, le fils prodige, très intelligent, plus psychiatre que l’auteur, la fillette muette qui retrouve la voix grâce au psychiatre, etc…


Qu’est ce que l’égo ? Comment influe t-il négativement sur notre vie ? Pourquoi nous empêche t-il de vivre sereinement notre vie ? Pourquoi avons-nous tant besoin de reconnaissance ? Comment s’en dépêtrer ?
Un récit qui incite à la réflexion, à la remise en question, un récit qui par moment est extrêmement touchant et qui aborde d’autres thèmes comme le harcèlement à l’école, la différence, la présence, l’amitié, la maladie, la sagesse, l’absence du père et bien sûr l’amour.
Je retiendrai de ce roman qu’une des manières d’aller contre les réactions néfastes de l’égo, c’est de profiter simplement du moment présent.
Un livre qui dérange notre égo et ma foi cela ne fait pas de tort.

 

En marge du livre : 3 clés pour se libérer de son égo


Il apparaît aujourd’hui que l’égo est la partie centrale de notre personnalité chargée de trouver un équilibre entre les forces enfouies, comme les pulsions, les interdits familiaux et sociaux (le fameux « surmoi » freudien) et les réalités extérieures. Y parvenir semble difficile, mais c’est la condition de la sérénité. Comme le remarquait le poète Nicolas de Chamfort, « on trouve rarement le bonheur en soi, mais jamais ailleurs ».


Cela nous interroge sur notre soif, au demeurant naturelle, de reconnaissance. La philosophie bouddhiste insiste sur l’aspect illusoire d’un égo qui nous pousse à nous croire au centre du monde. Toutefois, une confiance en soi excessive est tout aussi dangereuse qu’une dévalorisation intérieure, génératrice d’anxiété et de culpabilité.


L’objectif serait de nous débarrasser d’une obsession handicapante pour le regard que les autres sont censés porter sur nous. Cette obsession est en effet un obstacle sur le chemin de notre liberté, car elle nous empêche d’être nous-mêmes, délivré des apparences. Paradoxalement, l’égo peut donc représenter un frein à l’épanouissement de… notre égo ou si l’on préfère, de notre personnalité authentique.
Par ailleurs, il provoque parfois une fierté exacerbée qui conduit à refuser d’avouer toute faiblesse et, ce faisant, d’accepter l’aide de quiconque. Or, ce soutien n’est pas inutile dans une société régie par l’interaction des individus. Sans lui, la probabilité de l’échec est plus grande.


Parmi les manifestations de la mégalomanie ordinaire, l’une des plus marquantes est l’esprit permanent de compétition. Vouloir la « victoire » à tout prix, c’est encore et toujours se comparer aux autres au lieu de vivre en fonction de nos propres aspirations profondes. C’est entrer dans un processus infini de frustrations, puisqu’il y a forcément, chez les autres… meilleur que nous.
Pour beaucoup d’entre nous, l’égo ressemble à un tyran ayant une opinion sur tout, un démon toujours insatisfait qui nous oriente vers des tentations et des risques déraisonnables, dans le but d’atteindre une perfection inatteignable. Quand l’égo désire l’impossible, les conséquences peuvent se révéler désastreuses: échecs à répétition, relations conflictuelles, dépression et surtout absence de satisfactions pourtant à notre portée. Comment corriger cet excès si répandu dans notre société moderne?


Pratiquer le lâcher prise, c’est aussi accorder plus de valeur à nos proches et déclencher une spirale affective positive. A l’inverse, l’envie du « toujours mieux et toujours plus » mène trop souvent aux pires tourments, comme le note la tradition zen japonaise.
En ce sens, l’égo serait un moteur d’essoufflement et d’incapacité à jouir du moment présent.
De surcroît, il serait nuisible pour l’individu en le poussant à refuser toute autocritique, à vivre dans un univers imaginaire dominé par la « pensée magique » et finalement à l’obstination aveugle dans sa conduite quotidienne. Si l’on suit cette logique négative, l’égo interdit à l’être humain d’évoluer en tirant profit de ses erreurs. Il induit un comportement paranoïde: on ne reconnaît ni ses torts envers soi-même, ni ceux qu’on inflige à autrui. Le risque, c’est aussi le repli sur soi-même.


En revanche, la prise de conscience de notre propre personnalité permet à l’égo d’accepter ce que nous sommes et d’accepter nos semblables avec leurs différences. En s’abstenant de nous comparer sans cesse à ceux que nous côtoyons, nous renforçons notre capacité à nous aimer et partant à aimer nos proches.
C’est ainsi que l’égo aurait intérêt à se positionner s’il souhaite se mettre au service de notre épanouissement, à tous les âges de la vie.

Maxime Coignard  – Coach professionnel et fondateur de Diadem Coaching

 

LA VOLEUSE DE LIVRES

 Quatrième de couverture :

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenu.

Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée.

Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret…Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : La voleuse de livres

 

 


L'auteur : Markus ZUSAK


Nationalité : Australie né à  Sydney , le 23/06/1975;
Markus Zusak est un auteur australien de romans jeunesse. Il est le plus jeune des quatre enfants d’un père autrichien et d’une mère allemande. En 1998 paraît son premier livre et son premier succès « The Underdog », acclamé en Australie, publié en Europe, aux États-Unis et traduit dans de nombreuses langues.

En 2002, a paru de « The Messenger » (Le Messager) qui remporte le 2003 CBC Book Of the Year Award et le 2003 NSW Premier’s Literary Award.


« La voleuse de livres » (The Book Thief) a été publié en septembre 2005 en Australie. Il figure depuis son lancement sur les listes des meilleures ventes en France, en mars 2007, et a reçu le Prix national du livre juif de la littérature jeunesse. Son adaptation cinématographique est sorti sur les écrans en 2013, réalisé par Brian Percival avec Geoffrey Rush, Emily Watson et Sophie Nélisse. Il vit avec sa famille à Sydney où il écrit et enseigne l’anglais à l’Université de Sydney.


Mon avis :

Tout d’abord, je mettrai en évidence l’originalité du roman, en effet la narratrice est La Mort elle-même. La construction du récit est elle même atypique, il est entrecoupé de remarques, d’explications des propos de La Mort, de dessins et d’histoires.
La Mort, narratrice et humanisée, je dirai même attachante, elle se présente au début du roman : « En toute bonne foi, j’essaie d’aborder ce sujet avec entrain, même si la plupart des gens ont du mal à me croire, malgré mes protestations. Faites moi confiance. Je peux vraiment être enjouée. Je peux être aimable. Affable. Agréable. Et nous n’en sommes qu’aux « A ». Mais ne me demandez pas d’être gentille. La gentillesse n’a rien à voir avec moi. »


Une structure originale pour ce roman que je qualifierai de « tout publics », adolescents et adultes devraient y trouver leur contentement.
Une histoire émouvante, sensible et poétique, le contexte, c’est l’Allemagne nazie, ce sont les juifs pourchassés, un récit plein d’humanité, touchant. Les personnages sont très attachants, très typés, on s’y attache vraiment. La petite héroïne qui a été placée à l’abri par sa mère dans une famille allemande a vu mourir son frère pendant le trajet. Sa mère adoptive est un sacré caractère, grossière et injurieuse, son mari est un brave homme, avec Max, un juif caché dans la cave, elle va apprendre à lire et à aimer les livres qui sont introuvables. Une très bon moment de lecture.


En marge du livre : Le film


La Voleuse de livres est peut-être le premier film commenté en voix off par la Mort elle-même. Il faut dire qu’elle a de quoi faire dans cette adaptation d’un roman qui raconte, au fil d’un hiver dans l’Allemagne nazie, le parcours spirituel d’une orpheline analphabète vendue à un couple sans enfants (Geoffrey Rush et Emily Watson, très bien). Présenté de cette manière, ça peut paraître un brin sinistre, mais avec de la bonne volonté, un esprit optimiste y verra une apologie de la lecture comme source d’évasion et de connaissance dans un contexte terrible.


Distribution:

Geoffrey Rush (V. F. : Patrick Floersheim ; V. Q. : Denis Mercier) : Hans Hubermann, père adoptif de Liesel
Emily Watson (V. F. : Isabelle Gardien ; V. Q. : Lisette Dufour) : Rosa Hubermann, épouse de Hans, mère adoptive de Liesel
Sophie Nélisse (V. F. : Orphée Silard ; V. Q. : Elle-même) : Liesel « saumensch » Meminger, fille adoptive de Hans et Rosa
Ben Schnetzer (V. F. : Félicien Juttner ; V. Q. : Xavier Dolan) : Max Vandenburg, juif clandestin caché chez les Hubermann
Roger Allam (V. F. : Christian Gonon ; V. Q. : Guy Nadon) : le narrateur (la mort)
Barbara Auer (V. F. : Hélène Arié) : Ilsa Hermann, épouse du maire
Carina N. Wiese (V. F. : Natacha Muller) : Barbara Steiner, mère de Rudy

TSUBAKI – LE POIDS DES SECRETS

 Quatrième de couverture : 

nagasaki 01Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko, une survivante de la bombe atomique, évoque les épisodes de son enfance et de son adolescence auprès de ses parents, d’abord à Tokyo puis à Nagasaki.

Elle reconstitue le puzzle d’une vie familiale marquée par les mensonges d’un père qui l’ont poussée à commettre un meurtre.

Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n’échappe à son destin.

 

 

 

L'auteur : Aki SHIMAZAKI 

 

nagasaki 00Nationalité : Canada, née à : Gifu, Japon , 1954. Venue au monde au Japon dans une famille dont le père est agriculteur.

Durant sa jeunesse, elle développe une passion pour la littérature. Cependant, elle travaille comme éducatrice dans une école maternelle où elle aime inventer des histoires aux enfants.
Elle immigre au Canada en 1981 et s’installe à Vancouver puis à Toronto avant de s’établir à Montréal où elle vit depuis 1991. En plus d’exercer sa plume, elle enseigne le japonais.

Bien que sa langue maternelle soit, bien évidemment le japonais, elle écrit tous ses livres directement en français. Ses romans sont publiés dans la collection « Un endroit où aller » chez Leméac/Actes Sud. Il s’agit d’une série de cinq titres qui racontent la même tragédie, mais chaque fois sous angle différent puisque le narrateur change d’un roman à l’autre.
Pour son roman Tsubaki (1999), elle a été finaliste du Prix Littéraire de la Ville de Montréal 1999 et du Grand Prix des lectrices Elle Québec 2000. Pour Hamaguri (2000), elle s’est méritée le prix Ringuet 2001 pour Hamaguri et a été finaliste pour le Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2001.
Son œuvre remporte le Prix du Gouverneur-Général pour Hotaru en 2005, le Prix Canada-Japon pour Wasurenagusa en 2004.

 

Mon avis : 

Un petit roman d’une centaine de pages, un roman écrit avec beaucoup de sensibilité et de pudeur, un roman vite lu car l’écriture est simple, minimaliste. Personnellement je préfère de loin des romans plus élaboré, de belles phrases, de la densité dans les descriptions, de la profondeur dans les personnages.
Malgré tout ce roman est interpellant, il revient sur la tragédie de Nagasaki, sur la décision des américains d’utiliser la bombe atomique. Il pose des questions : était-ce nécessaire ? est-ce un crime contre l’humanité ? Les américains voulaient-ils montrer leur puissance à la Russie, à la Chine et au monde ? Était-ce l’occasion de tester 2 types de bombe atomique, l’une à l’uranium, l’autre au plutonium ?
Quand le petit fils interroge sa grand-mère sur les raisons de la guerre et des bombardements :
– Grand-mère, pourquoi les Américains ont-ils envoyé deux bombes atomiques sur le Japon ?
– Parce qu’ils n’en avaient que deux à ce moment-là, dit-elle franchement.
Un cadre historique intéressant, une intrigue dramatique bien construite, seul le style m’empêche d’être enthousiaste et ne me donne aucune envie de lire les 4 romans qui constituent cette pentalogie.

 

En marge du livre : Japon : pourquoi une deuxième bombe à Nagasaki ?

 

 

La journée du 6 août 1945 est et restera unique. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, une bombe atomique fut utilisée pour tuer. Soixante-douze ans après, tout le monde connaît Hiroshima, les quelques images qui parvinrent à être conservées ont fait le tour de la planète, les artistes y ont puisé une imagination créatrice, et les commémorations solennelles chaque année sont devenues le symbole du feu nucléaire, notamment cher aux militants désireux d’accélérer une sortie de l’atome.

 


De son côté, la ville de Nagasaki, bombardée à son tour trois jours plus tard, n’apparaît que comme un événement de plus, la deuxième partie d’un épisode. Et pourtant, on peut considérer que le bombardement de Nagasaki fut encore moins justifié que celui d’Hiroshima, et apparait presque comme un acte gratuit, puisque la capitulation du Japon était certaine, ou presque, l’Empereur en ayant validé le principe. Petit rappel des journées à Tokyo entre les deux bombardements nucléaires, pour tenter de comprendre l’incompréhensible. https://asialyst.com/fr/2017/08/09/japon-pourquoi-deuxieme-bombe-a-nagasaki/

DANS LA FORÊT

 Quatrième de couverture :

forêt 00Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient.

Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

 

 

 

L'auteur : Jean HEGLAND

forêt 02Nationalité : États-Unis Née à : Pullman, État de Washington , le 11/1956

Jean Hegland est une écrivaine américaine. Elle commence ses études au Fairhaven College de Bellingham dans l’État de Washington, puis obtient un BA en arts libéraux de l’Université d’État de Washington en 1979.

Après avoir occupé divers petits boulots, dont des ménages dans une maison de retraite, elle décroche en 1984 une maîtrise en rhétorique et enseignement de la composition de l’université de Washington. Elle devient alors enseignante.
En 1991, alors qu’elle a donné naissance à son deuxième enfant, elle publie un premier ouvrage non fictionnel sur le thème de la grossesse, « The Life Within: Celebration of a Pregnancy ».

En 1996, elle termine l’écriture de son premier roman, « Dans la fôret » (Into the Forest), qui raconte la relation entre deux sœurs qui doivent apprendre à survivre seules dans une forêt. Le roman obtient un succès national puis international. En 2015, il est adapté au cinéma par Patricia Rozema avec Ellen Page et Evan Rachel Wood. En 2018, « Dans la forêt » obtient le Prix de l’Union Interalliée dans la catégorie roman étranger par Cercle de l’Union Interalliée.

Elle vit aujourd’hui au cœur des forêts de Caroline du Nord et partage son temps entre l’apiculture et l’écriture.

Mon avis : 

Je voudrais d’abord dire quelques mots de l’éditeur que je ne connaissais absolument pas : Gallmeister. Cette maison d’éditions a la particularité de ne présenter que des romans américains de qualité dont une série avec la nature en toile de fond. Pour ceux qui ont envie de découvrir la littérature américaine, le choix d’auteurs et d’ouvrages est sans pareil. Qui plus est Gallmeister met un point d’honneur à choisir pour ses publications de belles couvertures très colorées.

« Dans la forêt » est un roman, surprenant, mystérieux, envoûtant, un roman très bien écrit d’une écriture simple mais qui fait mouche. Les deux jeunes héroïnes se trouvent confrontées à une espèce d’environnement post-apocalyptique, à la fin d’un monde de consommation, il n’y a plus d’électricité, plus d’eau, plus d’essence, plus d’internet, les magasins sont vides, plus de téléphone, plus de transports en commun, les habitants on ne sait trop s’ils ont fui, s’ils se cachent ou s’ils sont morts d’une épidémie et puis il y a les rumeurs très floues sur ce qui s’est passé, sur l’avenir incertain, …
Les deux jeunes filles vivent dans un maison dans la forêt à 50km de la ville, bientôt orphelines, elles doivent apprendre à vivre ou plutôt à survivre. Après avoir consommé toutes les réserves, il faut trouver des solutions, c’est la redécouverte de la nature, de la forêt à la fois bienfaitrice et cruelle, la forêt qui devient la terre nourricière. Une forêt tellement bien décrite qu’on l’a sent, qu’on la voit.

L’ histoire, même s’il n’y a pas beaucoup d’action est passionnante, pleine de sensibilité et d’amour, à la fois triste et pleine d’espoir. Une histoire qui nous invite à réfléchir à notre façon de vivre, à notre surconsommation ……et si notre avenir était un retour à la nature.
Un magnifique roman écrit il y a plus de 20 ans mais tellement d’actualité.

En marge du livre : 

forêt 04Juana Maria : L’amérindienne qui a vécu 18 ans seule sur l’île Saint-Nicolas.

Entre 1835 et 1853, une amérindienne a vécu seule sur l’île San Nicolas. Mais comment en est-elle arrivée là ? Dans le livre de Scot O’Dell inspiré de l’histoire, L’île des dauphins bleu, la jeune femme est nommée Karana. Dans la réalité, son nom n’est pas connu mais après sa mort, elle fut baptisée Juana Maria.

Elle faisait partie de la tribu Nicoleño, l’une des plus reculées des îles anglo-normandes, au large des côtes californiennes. En 1835, des chasseurs autochtones ont envahi l’île, en tuant la plupart des membres de la tribu des Nicoleños sur leur passage. Pour leur protection, ils ont donc été évacué en Californie. Malheureusement, l’évacuation en bateau tourne au cauchemar lorsqu’une tempête se déchaîne. Une jeune est alors laissée sur l’île : c’est Juana Maria.

La jeune femme est alors restée pendant 18 années seule sur cette île isolée, survivant en mangeant des racines, de la viande de phoque et des coquillages. Personne ne s’est jamais rendu compte que Juana Maria était restée sur l’île San Nicolas, même si des rumeurs circulaient, parlant d’une femme aperçue en train de courir sur la plage. Elle a finalement été retrouvée par un trappeur alors qu’elle dépouillait un phoque, vêtue d’une jupe en plumes de cormoran.

En arrivant sur le continent, elle a alors 50 ans et personne ne parle plus sa langue puisque sa tribu s’est éteinte. Elle a tout de même raconté son histoire grâce à la langue des signes. Malheureusement, tous ces changements dans sa vie, dans son régime alimentaire et son retour à la civilisation l’ont rendu gravement malade. Elle meurt de la dysenterie, sept semaines après son arrivée sur le continent. C’est à ce moment qu’elle est baptisé Juana Maria !

L’ÉQUILIBRE DU MONDE

 Quatrième de couverture: 

Equilibre 01Voici le grand roman de l’Inde contemporaine, réaliste, foisonnant, inspiré – traversé par le souffle d’un Hugo ou d’un Dickens. L’histoire se déroule au cours des années 1970 et 1980.
Dans le même quartier vivent des personnages venus d’horizons très divers : Ishvar et Omprakash, les deux tailleurs – des «intouchables» – ; Dina, la jeune veuve, qui, pour survivre, se lance dans la confection à domicile ; Maneck, descendu de ses lointaines montagnes pour poursuivre ses études ; Shankar, le cul-de-jatte, exploité par le maître des mendiants. Bien d’autres encore…

À travers les heurs et malheurs de leurs existences, Rohinton Mistry, romancier anglophone né à Bombay, brosse une fresque qui est à la fois l’odyssée d’une nation et une parabole de la condition humaine. Un roman-fleuve qui nous emporte irrésistiblement.

 

L'auteur : Rohinton MISTRY

Equilibre 02Nationalité : Canada, né à : Bombay , le 03/07/1952

Installé au Canada, Rohinton Mistry participe du rayonnement actuel de la littérature indienne de langue anglaise.

Né en Inde, Mistry immigre au Canada en 1975. Tout en poursuivant ses études à l’Université de Toronto, il compose des nouvelles et remporte ses premiers prix littéraires (Hart House et le Contributor’s Prize 1985 du Canadian Fiction Magazine). Deux ans plus tard, Penguin Books Canada publie son recueil de nouvelles Tales from Firozsha Baag. À la parution de son premier roman, Un si long voyage, en 1991, il remporte le Governor General’s Award, le Commonwealth Writers Prize du meilleur livre, et le prix W.H. Smith du premier meilleur roman canadien. Le roman était aussi parmi les sélectionnés du Booker Prize et du Trillium Award. Traduit en de nombreuses langues, il fait l’objet d’une adaptation cinématographique (Such a Long Journey – 1998).

Le roman suivant de Rohinton Mistry, L’équilibre du monde remporte en 1995 le Giller Prize. Son livre, Une simple affaire de famille a reçu le Kiriyama Prize pour 2002 et est sélectionné pour le Booker Prize de la même année.

Mon avis : 

Avant le prologue, une citation d’Honoré de Balzac, tirée du « Père Goriot » donne le ton : « Vous qui tenez ce livre d’une main blanche, vous qui vous enfoncez dans un moelleux fauteuil en vous disant : « Peut-être ceci va-t-il m’amuser ». Après avoir lu les secrètes infortunes du père Goriot, vous dînerez avec appétit en mettant votre insensibilité sur le compte de l’auteur, en le taxant d’exagération, en l’accusant de poésie. Ah ! Sachez-le : ce drame n’est ni une fiction, ni un roman. All is true. »

Ce roman ou plutôt ce roman-témoignage nous fait découvrir au travers du destin de quelques intouchables la lutte pour la vie, la survie de ces miséreux. Le système des castes qui perdure et qui semble normal à tout le monde, les coutumes ancestrales qui régissent la vie, les injustices, la corruption qui règne en maître, la terreur omniprésente, la cruauté au quotidien, la famine, les rackets sans scrupules et tout cela toujours au détriment des plus démunis.

L’auteur aborde également la politique de Indira Ghandi, sans jamais la citer, c’est la « Première ministre » et il nous permet de la voir sous un autre angle qui n’est pas à son honneur. C’est la politique d’embellissement des villes, les bidonvilles sont éliminés sans pitié, c’est la politique de stérilisation forcée des plus pauvres, c’est la réquisition pour des travaux forcés inhumains. C’est aussi l’état d’urgence, la police peut arrêter n’importe qui sans procès, une police entièrement corrompue, les plus généreux seront protégés.

Nos pauvres héros vivent tout cela au quotidien, c’est à la fois sordide, triste, émouvant, palpitant, bouleversant, dramatique, sombre, noir, et parfois drôle. L’équilibre du monde est affaire de lutte pour la survie et se joue entre l’espoir et le désespoir. Un gros pavé de près de 900 pages absolument passionnant, un roman qui touche au plus profond la sensibilité humaine, un roman inoubliable.

En marge du livre : Dharavi, le bidonville géant de Bombay où tout est business.

Des boutiques climatisées exposent des sacs en cuir, copies de modèles à la mode. Des articles fabriqués dans des ateliers exigus à 100 mètres de là, au fond de venelles malodorantes et au milieu d’une invraisemblable fourmilière humaine. Nous sommes au coeur de Bombay, à Dharavi, dans le plus grand bidonville d’Asie : 1 million de personnes vivent sur 175 hectares, une densité rarement égalée, dans des bicoques de tôle et de carton, à la fois maison et lieu de travail. Bombay, ville de la démesure, concentre tous les superlatifs en son coeur, car Dharavi, c’est aussi la plus vaste fabrique de cuir de l’Inde, constituée de milliers d’ateliers individuels.

C’est aussi une formidable usine de recyclage où sont triés, compactés et revendus les bidons de métal ou de plastique. Tout ce qui peut se récupérer est stocké sur les toits. Ici, le mot bidonville prend tout son sens. Sous des amoncellements déroutants, c’est une ville dans la ville, où l’on fabrique de tout : vêtements, savons, bijoux… autant d’articles qui se retrouvent ensuite sur les marchés du pays. On y copie tout. https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/dharavi-le-bidonville-geant-de-bombay-ou-tout-est-business_1418403.html

"En Inde, la vie humaine n'a plus aucune valeur"

ARTE Info : Qu’est ce qui vous a incitée à faire ce film ? Lourdes Picareta : Je me suis sentie interpellée par les gros titres fréquents des médias sur les violences faites aux femmes en Inde. Et j’ai rapidement constaté que les exactions subies par les femmes ne représentaient qu’une petite partie de la violence en Inde. Certes, la femme est le maillon faible, mais la violence va bien au-delà : elle est profondément ancrée dans la société indienne. Voir l’expression de cette violence a été pour moi une véritable révélation. Je n’avais jamais été en Inde avant de faire ce film. Le contraste entre l’idée que nous avons de ce pays comme celui de Gandhi, celui où l’on va pour se ressourcer… et la réalité de l’Inde a été pour moi un choc.

Quelles ont été vos premières impressions en arrivant ? J’ai été effarée par l’archaïsme des mentalités masculines. Au départ, je pensais que ce mode de pensée n’était plus répandu que dans des contrées reculées, privées d’accès à la culture. Mais pas du tout ! Nous avons rencontré les mêmes idées à New Delhi.

Par exemple, une femme médecin nous a raconté que son mari l’avait jetée dans les escaliers parce qu’elle refusait d’avorter ses filles jumelles. Même son mari, lui aussi médecin à New Delhi, était convaincu qu’une fille apporte du malheur à la famille.

Quand la fille se marie, sa famille est obligée de payer un trousseau d’une valeur colossale à la famille de l’époux. Et souvent ce n’est pas qu’au moment du mariage, mais pendant toute la vie. S’ils ne payent pas, la fille est assassinée.

Les touristes occidentaux viennent dans ce pays passer leurs vacances dans des hôtels de luxe, tandis que d’innombrables femmes y sont victimes de violence et que les enfants y meurent dans la rue. Une autre chose qui m’a choquée, c’est l’incroyable saleté de ce pays. Dès que l’on quitte l’aéroport climatisé de New Delhi, on est assailli par une odeur d’excréments. Et ce qui est effrayant, c’est l’indifférence d’une grande partie de la population envers les faibles. Un jour, dans la rue, j’ai failli trébucher sur le cadavre d’un enfant. Ma collègue indienne, qui vient de New Delhi, m’a dit : « C’est le quotidien, ici.

La suite : https://info.arte.tv/fr/en-inde-la-vie-humaine-na-plus-aucune-valeur

 

DANISH GIRL

 Quatrième de couverture: 

Danish 01Lu et commenté par Marie-Line.

À Copenhague en 1925 Einar Wegener et Greta Wauld, son épouse, forment un couple original. Lui est petit, discret, peintre délicat et reconnu. Elle, peintre également mais de moindre talent, est une grande Américaine, blonde fortunée que l’on remarque. Tous deux mènent une vie confortable jusqu’au jour où Greta, en manque de son modèle féminin, demande à Einar de bien vouloir enfiler une paire de bas et d’escarpins pour qu’elle finisse son tableau.
De cette demande faussement innocente naîtra le double d’Einar, Lili, qui petit à petit prendra le dessus sur celui qui l’a engendrée. David Ebershoff retrace ici l’histoire vraie d’un homme en qui s’éveilla une femme et fut considéré comme le premier transsexuel. Portrait de Lili Elbe, par Gerda Wegener(La 1ère de couverture du livre est également un tableau de Gerda Wegener: « L’apéritif »).

Danish 07

L'auteur: David EBERSHOFF

Danish 02Né à Pasadena, Californie en 1969, David Ebershoff est un écrivain américain, rédacteur en chef et enseignant.
Il est diplômé de l’Université Brown, de l’University of Chicago et a étudié à l’Université de Keio à Tokyo.
Il a remporté de nombreux prix, ses livres ont été traduits en dix-huit langues et acclamés par la critique. Deux de ses romans ont été adaptés pour le cinéma et la télévision.
Ebershoff a enseigné la création littéraire à New York University et à Princeton et enseigne actuellement dans le programme d’écriture à l’Université de Columbia. Il est également éditeur et vit à New York.

Mon avis : 

L’auteur s’attaque ici à un sujet délicat: la transsexualité.

Inspiré de l’histoire vraie d’Einar Wegener/Lili Elbe, entre autres grâce au livre « Man into woman » ( regroupant les écrits personnels du peintre ), ce roman n’est pas une biographie, mais une certaine vision des faits. David Ebershoff a imaginé le ressenti d’Einar quand il a découvert qu’au fond de lui, il sentait qu’il était « une fille née dans un corps de garçon ». Et ce roman est un bijou de tendresse, de pudeur, de compréhension, d’humanité… L’auteur parvient à nous faire ressentir la souffrance d’Einar, sa lutte perpétuelle, sa dualité, mais aussi ses espoirs, ses sentiments…

Véritable hymne à la tolérance, le roman nous emmène au cœur de ce couple improbable où l’amour est plus fort que toutes les barrières, passe au-delà des préjugés (n’oublions pas que nous sommes en 1925 et qu’à l’époque, on « soigne » ce genre de « maladie » par des électrochocs). Et s’il y a bien un personnage phare dans ce roman, c’est celui de Greta! Cette femme qui, par amour, soutiendra son mari contre vents et marées, lui permettra de devenir la femme qu’il rêve d’être, le comprendra au-delà de toute attente… cette femme-là m’a vraiment touchée!

Si les 382 pages du roman vous font peur, il reste le film de Tom Hooper où Eddie Redmayne interprète avec une infinie délicatesse le personnage d’Einar/Lili.

En marge du livre :

Cinq questions à la psychologue Françoise Susset, présidente de l’Association canadienne des professionnels de la santé transsexuelle.

1. La transsexualité de quoi s’agit-il?

Les personnes transsexuelles sentent carrément qu’elles sont nées dans le mauvais corps et qu’elles doivent le modifier pour appartenir à la case qui correspond à leur identité sexuelle.Pour la majorité des gens, il n’y a aucun conflit entre le sexe biologique et l’identité sexuelle, logée dans le cerveau. On se reconnaît dans son corps d’homme ou de femme, de fille ou de garçon. Pour les personnes transsexuelles, cette identification se fait à l’opposé du corps.

2. Comment l’expliquer?

La transsexualité se déclare à un très jeune âge, à partir de 2 ou 3 ans. Mais il se peut qu’on mette 60 ans avant de définir ce malaise. Les recherches penchent vraiment dans le sens d’explications biologiques plutôt que vers des facteurs extérieurs comme l’influence parentale.

3. Peut-on y changer quelque chose?

On ne peut pas influencer la transsexualité, pas plus qu’on ne peut influencer l’homosexualité qui émergera à la puberté. Mais on peut réprimer, nier complètement cette possibilité, ce qui créera des effets problématiques. Il est important de respecter l’expression de genre de l’enfant.

4. Qu’est-ce que la dysphorie du genre?
C’est la souffrance associée à un corps qui ne correspond pas à l’identité sexuelle. Les études démontrent que les traitements médicaux sont extrêmement efficaces pour la soulager.

5. S’agit-il d’un trouble de santé mentale?
Il s’agit d’un problème médical, et non d’un problème mental. Le corps ne correspond pas à la personne. Donc, pour résoudre le problème, on modifie le corps avec des hormones et des opérations. Le traitement n’est pas une psychothérapie.
Les spécialistes remettent sérieusement en question le fait que le trouble de l’identité sexuelle a été inscrit sous la rubrique des maladies mentales dans le DSM (la «bible» des psychiatres américains).

Des problèmes anxieux et dépressifs associés à la dysphorie du genre ou à la transphobie peuvent toutefois apparaître.
Malheureusement, tant que la dysphorie du genre figure dans la rubrique des maladies mentales, les gens s’en servent pour justifier la discrimination envers les personnes transsexuelles et transgenres. Ils se disent: «Ce sont des malades mentaux.»

41% des transgenres ont fait au moins une tentative de suicide

1,6% dans la population en général(Source: National Center for Transgender Equality)