SEUL LE SILENCE

 Quatrième de couverture : 

Silence 01Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes.
Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient…
Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.


Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R. J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

 

 

 

 

L'auteur : R.J. ELLORY

Silence 02Nationalité : Royaume-Uni, né à : Birmingham , le 20/06/1965
Roger Jon Ellory est un auteur anglais de romans policiers et de thrillers.
Il habite dans une maison avec sa mère, son frère d’un an son ainé et sa grand-mère. Il n’a jamais connu son père et son grand père est mort noyé en 1957. À la suite d’une épidémie, sa mère meurt d’une pneumonie foudroyante à 28 ans alors qu’il a à peine 7 ans. C’est sa grand-mère qui va l’élever seule. Mais elle a une santé fragile, et finalement décide de le placer en orphelinat avec son frère. Il y reste jusqu’à l’âge de 16 ans.
Il étudie la musique, joue de la trompette, dans le registre classique aussi bien que dans celui du jazz. Il fait des études d’arts, et étudie notamment la photographie.
À 16 ans, il abandonne ses études et retourne dans la maison familiale de Birmingham. Sa grand-mère décède et il se retrouve seul, avec son frère, jusqu’à être incarcéré à 17 ans pour un vol de poules. Une fois sa peine purgée, il se lance dans la musique. Il devient un temps guitariste du groupe de rock « The Manta Rays », avant de se tourner vers la photographie.


Il commence à écrire en 1987. Entre 1987 et 1993, R.J. Ellory écrit pas moins de vingt-deux romans, chacun lui valant des refus éditoriaux des deux côtés de l’Atlantique. Il devra attendre 2003 pour que son roman, « Candlemoth », soit publié. Et depuis, chaque année il publie un nouveau livre.
R.J. Ellory est lauréat du prix Nouvel Obs/BibliObs du roman noir 2009 pour « Seul le silence » (A Quiet Belief in Angels, 2007).
Aujourd’hui il se consacre pleinement à son écriture et à la musique avec son groupe de blues, « The Whiskey Poets ». Son œuvre, populaire et plébiscitée notamment en France, est fortement ancrée aux États-Unis malgré les origines britanniques d’Ellory.

 

Mon avis : 

Je ne suis pas sûr que ce roman étiqueté « thriller » plaise vraiment aux amateurs du genre, je dirais plutôt que c’est un roman noir sans vraiment de suspens, ni d’enquête, un récit où le côté psychologique est essentiel. Un roman dont le titre original, « A Quiet Belief In Angels » est sans doute plus approprié que le titre français qui n’a rien à voir avec l’histoire.
Le style de l’auteur est bien loin aussi du style habituel des romans policiers, un style imagé à l’extrême, parfois sans doute un peu trop mais c’est tout à fait efficace.
L’auteur sait parfaitement rendre l’atmosphère d’un village au fin fond de la Géorgie, le caractère de ses habitants, les rumeurs, le racisme, et tout autant de New york, de Brooklyn où le héros espère refaire sa vie.
Le personnage principal, parlons-en, est Joseph Vaughan, il est aussi le narrateur, un jeune adolescent de 12 ans au début du roman. Et ce jeune garçon démarre plutôt mal dans la vie, son père meurt, des petites filles sont assassinées dont la sœur d’un ami qu’il avait promis de protéger. Joseph se sent coupable de cette tragédie surtout que les assassinats continuent. La suite est à l’avenant, sa mère devenue folle est internée, sa première femme enceinte trouve la mort avec son bébé dans une chute, une longue détention en prison suite à une erreur judiciaire, et ainsi de suite, une vie de cauchemar au propre comme au figuré.
Tout cela peut sembler mélodramatique mais ça ne l’est pas du tout, l’auteur s’attache surtout au côté psychologique du jeune homme, à ses tourments, à son penchant un peu mystique et bien sûr à sa recherche pendant plus de 30 ans de l’assassin.
Un roman bien ficelé, un bon moment de lecture même si le final m’a un peu laissé sur ma faim.

 

Extraits du roman : 

« L’hiver en Géorgie était une chose à part; une énormité effrontée et arrogante, tel un parent irritable et fruste bien décidé à s’installer et s’immisçant dans les moments et les conversations intimes, les poings serrés, l’haleine chargée de whisky, doté d’autant de savoir vivre qu’un peloton d’exécution unioniste. »


« J’observai le nouveau monde à travers la vitrine. Des voitures pare-chocs contre pare-chocs, des lumières changeantes, des chauffeurs qui enfonçaient leurs klaxons, un agent de la circulation à l’œil impitoyable qui s’engageait parmi les moteurs vrombissant au péril de sa vie. Le passage du temps, des gens, le passé qui devenait le présent, puis un futur toujours plus vaste. Je souriais comme l’imbécile que j’étais. C’était là quelque chose qui valait le voyage; c’était New-York city, le cœur, ses de l’Amérique du Nord, ses rues comme des veines, ses boulevards comme des artères, ses avenues comme des synapses électriques claquant, canalisant, s’étirant; un million de voix, un million d’autres les recouvrant, tous ces gens aussi proches qu’une famille mais ne voyant qu’eux-mêmes. Ici on pouvait être quelqu’un à un carrefour, et plus personne de l’autre côté de la rue. New-York me battait de ses poings. Tout ce que je voyais était lumineux et effronté et arrogant. La coupe des costumes, les lèvres écarlates des filles aux visages tirés tout droit de magazines ou de films; les voitures tel un kilomètre de chromes étincelants, roues à rayons métalliques et calandres féroces, déflecteurs comme des yeux et des miroirs, enfants tirés à quatre épingles comme s’ils allaient à l’église. Majestueux. Imposant. Une ville tel un poing serré. Un tonnerre d’humanité.
New-York me coupa le souffle. Je ne le recouvrai que deux jours plus tard. »

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